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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 22:15

 

Très influencé par Albert Camus, il avait « balisé » la route de Nelson Mandela

 

Né en 1935 en Afrique du SudAndré Brink est l'auteur de nombreux livres dont "Au plus noir de la nuit", "Une saison blanche et sèche" (prix Médicis 1980) et "l'Amour et l'oubli". Il a également publié ses Mémoires, chez Actes Sud, en 2010: "Mes bifurcations". Il est mort le 6 février 2015. Voir La dernière lettre d'André Brink à Nelson Mandela, Nouvel Obs, 8 février 2015, et André Brink - Wikipédia

 

Pierre Haski a rappelé ce que fut cet homme dans un article publié par l’Obs le 7 février 2015

 

Mort d'André Brink, le « Camus » sud-africain en rupture d’apartheid

 

C’était en octobre 2013, à l’hôtel de ville de Paris. L’écrivain sud-africain André Brink était assis dans un grand fauteuil, presque intimidé à côté de Catherine Camus, la fille d’Albert.

L’auteur sud-africain raconta comment, alors qu’il était étudiant à Paris à la fin des années 50, il rêvait de rencontrer Albert Camus, son héros et modèle, et avait imaginé mille stratagèmes pour l’approcher. Mais il n’avait jamais osé... Et André Brink avait ironisé que, comme il considérait Albert Camus comme son père spirituel, il était un peu le frère de Catherine Camus...

C’est un écrivain sud-africain profondément marqué par ses années françaises, y compris un séjour à Paris en mai 68, qui est décédé vendredi, à l’âge de 79 ans. Il revenait d’un voyage en Europe, après avoir été honoré à l’université catholique de Louvain, en Belgique.

Il laisse derrière lui une œuvre importante, qui a joué un grand rôle dans la dénonciation de l’apartheid dans les années 70 et 80, particulièrement auprès du public européen, et particulièrement français.

Je l’avais rencontré dans les années 70 dans la ville de Grahamstown, dans l’est de la province du Cap, où il enseignait à l’université ; un homme obsédé par la place de l’intellectuel dans une société en pleine convulsion, et désireux d’apporter sa pierre au combat contre le système inhumain de l’apartheid.

Blanc en rupture avec l’apartheid

En 1980, en plein apartheid, il avait remporté le prix Médicis étranger pour son roman « Une saison blanche et sèche », qui racontait l’histoire d’un professeur blanc parti en croisade pour connaître la vérité sur la mort d’un détenu noir en prison.

Auparavant, il avait eu un roman interdit en Afrique du Sud, « Au plus noir de la nuit », paru en 1973, qui s’attaquait au tabou absolu des relations sexuelles interraciales, formellement interdites par les lois d’apartheid. Toute l’œuvre d’André Brink est marquée par cette quête de vérité de personnages blancs plongés au cœur de l’injustice extrême que représentait l’apartheid – un thème très « camusien ».

Il appartient à cette génération, avec Nadine Gordimer, le prix Nobel de littérature décédée en juillet 2014, qui a fait de l’apartheid le thème central de leur œuvre littéraire.

Contrairement à Gordimer, qui était anglophone, André Brink était issu d’une famille afrikaner, c’est-à-dire descendante des « Boers » néerlandais qui ont pris le pouvoir en 1948 et ont imposé l’apartheid.

Il était en rupture avec sa communauté, considéré comme un « traître » au même titre qu’un Breyten Breytenbach, son ami, lui aussi passé par la France et plus tard emprisonné pour son action clandestine. Ensemble, ils avaient fondé un mouvement littéraire, les « Sestigers », ceux des années 60, rompant avec l’establishment afrikaans pro-apartheid.

L’hommage de Mandela en 1996

Dans la préface à la publication en France, en 1996, d’un recueil d’articles et d’essais d’André Brink (« Retour au jardin du Luxembourg », Stock), Nelson Mandela, alors premier président de l’Afrique du Sud post-apartheid, écrivait :

« Un trait particulier de notre situation, qui historiquement a opposé les Blancs afrikaners à la majorité noire dans sa recherche de la liberté et l’égalité, fut le nombre important d’intellectuels afrikaners qui, à travers leurs écrits, ont ajouté leur voix à celles qui dénonçaient l’injustice et réclamaient une société dont tous les membres seraient des citoyens égaux.

La longue route parcourue pour arriver là où nous sommes aujourd’hui porte de façon indélébile les traces et les empreintes de ces femmes et de ces hommes courageux qu ont osé défier les puissantes structures de leur propre groupe ethnique pour proclamer leur allégeance à l’idéal d’une Afrique du Sud plus grande. Ce recueil d’essais est un exemple de ces phares qui ont balisé la route. »

André Brink est effectivement l’un de ces hommes qui ont su rompre avec le conformisme de leur « groupe » pour épouser une cause plus grande – même s’il ne cachait pas son désenchantement avec l’Afrique du Sud post-apartheid, loin du mythe de la « nation arc-en-ciel »...

Rappel (articles parus sur le blog du MRC 53 après le décès de Nelson Mandela) :

La méthode Mandela en Afrique du sud : l'Ubuntu et la réconciliation (10 déc. 2013)

L'Ubuntu, manière de vivre des peuples bantous, a façonné Mandela (9 déc. 2013)

Mandela, l'homme du combat du peuple sud-africain pour sa libération (6 déc. 2013)

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique

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Published by Michel SORIN - dans Afrique
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