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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 23:54

Regrouper les producteurs pour peser politiquement

   

AG-Office-du-lait-Avranches-221111-027-T.jpgSylvia Daberitz (photo, au côté de Anton Sidler) est directrice de l’EMB (European Milk Board), qui rassemble de nombreuses organisations de producteurs de lait issues des différents pays européens (pour la France, l’OPL - branche laitière de la Coordination rurale - et l’Apli, qui est l’association des producteurs de lait indépendants, à l’origine de la révolte des producteurs de lait en septembre 2009).

 

Elle était intervenue lors de l’assemblée générale de l’Office du lait le 22 novembre à Avranches - voir Première Assemblée générale de l'Office du lait à Avranches (Manche) - 22 novembre 2011.

 

La stratégie, les activités et les objectifs de l’EMB

 

En duo avec Anton Sidler, producteur de lait dans l’Orne, délégué de l’Apli à l’EMB, Sylvia Daberitz avait présenté la stratégie de l’EMB, qui est de défendre les intérêts des producteurs en prenant appui sur trois piliers : être politiquement forts, regrouper les forces économiques des producteurs et développer « le lait équitable » en tant que marque (dans les magasins) et slogan politique vers les consommateurs.

 

L’EMB veut être une agence de surveillance (suivre la demande, le coût de production du lait) dans le but d’établir une fourchette de prix permettant de faire évoluer la production. Cette agence doit faire la transparence, qui intéresse tous les acteurs du marché.

 

L’EMB milite pour faire adopter des instruments de régulation (réserve stratégique, renoncement volontaire au volume contre rémunération), stockage limité dans le cadre d’une gestion souple des volumes.  

 

Les activités de l’EMB : échanges d’informations sur ce qui se passe en Europe, organisation des manifestations à Bruxelles, rencontres dans les différents pays (exemple : rencontres de jeunes en Allemagne), travaux sur les coûts de production, rencontres avec les parlementaires européens, la Commission européenne et les ministres.

 

L’objectif de l’EMB est de regrouper 30% de la production laitière européenne.

 

Anton Sidler évoque l’initiative de pétition européenne, qui pourrait être relayée par le Parlement européen, dès le début de l’année 2012. Il faudra chercher des signatures. A Bruxelles, le dialogue est possible avec les membres de la Commission européenne, du Parlement européen (Commission agricole). Les portes sont ouvertes au niveau européen, y compris le bureau du commissaire Ciolos.

 

Commentaires et explications de Michel Sorin

 

Les producteurs de lait, dans leur majorité, souhaitent une organisation de la filière laitière qui répartisse correctement la valeur ajoutée et rémunère de manière stable les producteurs (actuellement, la spéculation financière et la volonté des industriels s’imposent dans la fixation des prix). Cela passe par une nouvelle forme de régulation (les quotas seront supprimés en 2014) et une réorientation de la PAC. Or, l’Europe ne veut pas remettre en cause le modèle libéral et, de leur côté, les organisations professionnelles majoritaires (autour de la FNSEA et des coopératives) veulent continuer à piloter la filière, de connivence avec les industriels.  

La chute du prix du lait en 2009 a provoqué la révolte des producteurs (grève des livraisons de lait en septembre 2009, à l’initiative d’un nouveau mouvement, l’association des producteurs de lait indépendants (Apli), relié au niveau européen à d’autres organisations de producteurs au sein de l’EMB (European Milkboard).   

 

Cette année, les marchés ont permis une meilleure valorisation du lait au niveau des producteurs. L’Apli a cherché à mettre en place une organisation de la filière plus favorable aux producteurs. C’est le sens de l’Office du lait, nouvelle forme de l’interprofession laitière afin de remplacer celle qui a perdu sa légitimité en étant noyautée par les grands groupes industriels (le CNIEL). Les syndicats minoritaires (Coordination rurale et Confédération paysanne) ont rejoint l’Apli au sein de ce projet d’office du lait, dont l’animateur est Paul de Montvalon.  

  

Au moment où les pouvoirs publics français font le forcing pour imposer la contractualisation sous le contrôle des entreprises transformatrices, l’enjeu est que les contrats proposés par France Milkboard soient adoptés en masse par les producteurs, au détriment des contrats proposés par les industriels à leurs livreurs de lait. Actuellement, c’est l’attentisme qui prévaut. Dans certaines laiteries (par exemple, Vaubernier, fromager « le bon mayennais »), les producteurs se déterminent en faveur d’un contrat indépendant des industriels, ce qui est un premier pas. 

Cette initiative (l’office du lait) a besoin d’un débouché politique*, le ministre de l’agriculture attendant de vérifier sa représentativité pour le prendre en considération.

  

. * Voir mon article à l’issue de l’AG de l’Apli : Assemblée générale 2011 : l'Apli, après 2 ans d'existence, se structure - 18 septembre 2011. Voir aussi Office du lait : assemblée à Avranches (Sud Manche) le 22 novembre - 19 novembre 2011.

  

Les enjeux de la régulation du secteur laitier  

 

Voici la conclusion d’une analyse prospective effectuée en juillet 2009 par Marie-Sophie Dedieu et Frédéric Courleux (Service de la Prospective et de l’Evaluation, ministère de l’agriculture).  

 

Une analyse structurelle de la filière laitière met en évidence que la régulation de ce secteur ne peut reposer sur la seule coordination par le marché. Qu’il s’agisse des sources d’instabilité inhérentes aux industries lourdes et confrontées à une demande inélastique, du caractère captif du marché entre la production et la première transformation, ou de l’internalisation des externalités, l’intervention publique se justifie. Se pose alors la question des moyens et des outils pour corriger ces défaillances. Se pose aussi la question des liens entre ces outils et leur cohérence d’ensemble.

 

Les nouveaux modes de régulation à venir associeront sans doute marché, contrat et politiques publiques. Pour oeuvrer à leur conception, il s’agira, en première analyse, de tirer profit des expériences étrangères en la matière, de dresser le bilan coût/avantage des quotas laitiers dans leur configuration actuelle, et d’identifier les marges de manoeuvre autorisées dans le respect des règles de la concurrence pour pallier une situation de non atomicité.

 

Cet article est le 262ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC. 

 

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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