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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 21:00

Le « paquet lait » européen est incomplet et insuffisant

 

Les députés au Parlement européen ont approuvé les propositions de la Commission européenne concernant le « paquet lait » dans la perspective de suppression des quotas laitiers en 2015 (voir Parlement européen : André Pflimlin, indigné par le vote du paquet lait - 19 mars 2012).

 

Paul de Montvalon, président de France Milk Board (voir Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait - 2 janvier 2012), qui regroupe l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI), l’Organisation des producteurs de lait (OPL, branche lait de la Coordination rurale) et la Confédération paysanne, a passé un accord avec des organisations de producteurs de lait de Belgique et d’Allemagne afin de former la « Commission internationale de regroupement des producteurs laitiers » dans le but de faire progresser le regroupement de l‘offre.

 

Les objectifs clé de cette commission sont les suivants :  

a. Echanges concernant les prix du lait payé aux producteurs : Les membres de la commission vont communiquer par périodes de quatre mois, le prix du lait de cinq laiteries. L’échantillon doit comporter deux laiteries de taille importante, deux laiteries de taille moyenne et une laiterie de petite taille. L’ensemble des informations recueillies sera présenté aux adhérents de chaque organisation. Le but de ces échanges est d’établir de la transparence sur les prix du lait et sur  la composition du prix du lait, surtout si ce dernier est influencé par des comparaisons internationales. Les laiteries ne doivent plus pouvoir faire référence à des prix plus bas dans les pays voisin si cela n'est pas le cas (comme c'était le cas en France où l'on s'est référé à des prix démesurément bas en Allemagne ne correspondant pas à la réalité).

 

b. Organisation régulière de réunions d’informations dans les pays membres, ainsi que l’organisation de conférences de presse : les réunions mettront l’accent sur l’évolution des organisations de producteurs de chaque pays (le regroupement de l’offre). Les médias concernés seront invités de manière systématique.

 

c. Soutien juridique et factuel aux projets de création d’OP transnationales : ceci est d'une importance considérable, parce qu'elles peuvent agir comme contrepoids aux laiteries internationales. Il est permis par ce biais l’instauration d’une concurrence efficace.

 

d. Appui à la création d’organisations de producteurs : cet appui peut également intégrer la présentation de circuits de distributions alternatifs et réalistes. Les adhérents de la commission de regroupement vont pour cela d'abord s'informer sur les possibilités de développement des circuits de distribution alternatifs dans leurs pays respectifs.

e. Appui aux projets qui visent l’indépendance des coopératives vis-à-vis de l’industrie : la France et la Belgique sont tout particulièrement concernées par ce fait. Étant donné que dans ces 2 pays la confusion entre les coopératives laitières et l’industrie laitière est particulièrement forte, tant d'un point de vue juridique que personnel, il faut qu'un moyen soit trouvé pour rendre aux membres des coopératives le contrôle illimité de leur produit, tout comme prévu à l'origine. Les sociétaires doivent avoir la possibilité de négocier le lait et ne pas seulement le livrer.

f. Transmission d’informations relatives aux négociations sur la contractualisation, telle qu'elle existe déjà en France. Les membres de l'alliance d'action soutiendront une telle évolution si les contrats incluent un certain nombre de clauses garantissant aux producteurs un prix couvrant les coûts de production, par exemple par un régime tarifaire général obligatoire.

g. Echange d’informations concernant l’instauration (ou le maintien) d’interprofessions laitières et le pouvoir qui leur sont allouées : Il est important que parmi les membres de ces interprofessions figure également des membres de la présente alliance.

Le 8 août 2012, le site d’information de la radio-télévision belge (rtfb.info) a publié le communiqué de presse de l’EMB (European Milk Board) - voir Les producteurs de lait prennent leurs responsabilités.

 

Les producteurs laitiers européens collaborent pour renforcer leur position

 

Les représentants de la Commission internationale de regroupement des producteurs laitiers ont signé un contrat de coopération mercredi matin, à Bruxelles, lors d'une conférence de presse. L'objectif est de constituer un contre poids lors des négociations du prix du lait avec les industriels.

La Commission internationale de regroupement des producteurs laitiers réunit les intérêts des producteurs allemands, français et belges. Alliance d'action du European Milk Board (EMB), elle constitue "un premier pas" pour renforcer la position des producteurs et résoudre "le grand déséquilibre du marché international", d'après Sieta van Keimpema, vice-présidente de l'EMB. Les partenaires de la Commission souhaitent ainsi élaborer conjointement un contrat-type, une base pour les négociations avec les industriels. "Car le prix du lait est trop bas", ajoute Sieta van Keimpema. "Il ne couvre pas les coûts de production."

 

La Commission utilisera les possibilités offertes par le "paquet lait", adopté en février par le Parlement européen, dans l'intérêt des producteurs. Parmi ses objectifs, une transparence du prix du lait entre les pays membres, un soutien aux producteurs pour le développement d'organisations transnationales, la création de circuits de distribution alternatifs ou encore le renforcement de leur indépendance vis-à-vis des coopératives et de l'industrie laitière.

La problématique du lait est européenne, pas nationale, estime Paul de Montvalon, de France Milkboard. "Je suis d'ailleurs persuadé que la solution à cette crise est européenne. Le nombre de producteurs est en chute libre. Le monde politique doit désormais prendre ses responsabilités."

 

Le paquet lait "incomplet et insuffisant", selon les producteurs laitiers européens

 

Le paquet lait est "incomplet et insuffisant" pour résoudre les problèmes de liquidité des producteurs, ont expliqué les membres de la Commission internationale de regroupement des producteurs laitiers, mercredi, lors d'une conférence de presse. La Commission souhaite dès lors en renégocier certaines dispositions.

Le paquet lait doit favoriser l'adaptation du secteur au terme de la politique des quotas, introduite en 1984 dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) et vouée à disparaître en 2015. Cette nouvelle politique laitière, adoptée par le Conseil, la Commission et le Parlement européens, ne nécessite pas de transposition dans le droit national. Une partie du texte est déjà entrée en vigueur au mois d'avril.

Dans ses dispositions, le paquet lait prévoit, entre autres, la communication du niveau de production de lait des pays membres, la possibilité pour les producteurs de se rassembler pour négocier leur prix de vente, ainsi que la fixation d'un contrat entre les producteurs et les industriels, pour les Etats qui le souhaitent.

Les producteurs de lait soufflent le chaud et le froid sur cette nouvelle politique laitière européenne. La Commission internationale de regroupement des producteurs laitiers, qui réunit les intérêts des producteurs allemands, français et belges, y décèle néanmoins certains avantages. Notamment la reconnaissance juridique des organisations de producteurs (OP), nationales et internationales, qui constituent "un contrepoids et une force de négociation face aux industriels privés et aux coopératives en fulgurante croissance". "Mais le paquet lait est incomplet et insuffisant pour résoudre les problèmes de liquidité des producteurs", selon Sieta van Keimpema, vice-présidente du European Milk Board (EMB).

 La Commission regrette par contre l'interdiction de négocier le lait livré aux coopératives, par l'intermédiaire des organisations de producteurs. "Cela rend difficile l'obtention d'un prix du lait juste, ce point doit absolument être revu par Bruxelles", estime-t-elle. Le paquet lait empêche également les producteurs d'adhérer simultanément à deux organisations distinctes négociant le prix pour leurs adhérents. "C'est pourtant primordial pour l'accroissement réel des capacités de négociation des producteurs", estime Paul de Montvalon, de France Milkboard.

La Commission a cependant précisé qu'elle utilisera les possibilités offertes par le paquet lait dans l'intérêt des producteurs. Elle souhaite, par exemple, élaborer un contrat-type servant de base pour les négociations avec les industriels.

 

Cet article est le 337ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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