Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 21:43

Assurer la sécurité alimentaire en Afrique sub-saharienne

 

Arthur Riedacker a adressé à ses amis, le 3 janvier, non seulement ses vœux 2011, mais aussi un récapitulatif des travaux dans lesquels il est impliqué, sachant qu’il a fait valoir ses droits à la retraite (directeur de recherches INRA) après avoir été l’auteur de très nombreuses publications (voir Toutes Publications A. Riedacker).

Notre ami, que j’ai le plaisir de rencontrer lors des congrès et universités d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) - il avait commencé à militer au PSU (dans la minorité opposée à Rocard), il y a plus de quarante ans - est chargé d’organiser la conférence-atelier qui aura lieu en juin 2011 à Cotonou (Bénin).

 

Conférence atelier sur la sécurité alimentaire, le développement durable et le climat, en Juin 2011* à Cotonou. Voir les informations en Français.

 

Objectifs de la Conférence : accroître la sécurité alimentaire des pays de l’Afrique Sub-saharienne, tout en limitant, d’ici 2050, les augmentations des émissions de gaz à effet de serre et en s’adaptant aux variabilités et aux changements climatiques.

 

Ce sera une activité majeure que d’organiser cette rencontre en 2011. C’est seulement en 2009, à Copenhague, 17 ans après l’accord sur la Convention sur le changement climatique et la conférence de Rio que se tint, dans ce cadre, la première journée sur l’agriculture. Jusqu’alors les débats avaient été monopolisés, ou presque, par les spécialistes des énergies fossiles et de la maîtrise de l’énergie.

 

Les petites îles n’acceptèrent de considérer également la préservation des forêts dans la lutte contre le changement climatique qu’en 2005, et cela pour la période post 2012 ! L’Institut Oikos avait alors insisté sur le fait qu’il ne devait pas y avoir d’accord post Kyoto sur le climat sans prise en compte de la sécurité alimentaire (le deuxième objectif ultime de cette convention) donc de l’agriculture.

 

Depuis, cette approche fait son chemin, malgré les inévitables pesanteurs et interférences tentant à faire oublier, au Nord, ce problème majeur que reste la sécurité alimentaire notamment en Afrique subsaharienne où la population va passer de 1 milliard à 2 milliards d’habitants d’ici 2050. Il faut espérer qu’à Soweto, en Afrique du Sud, où se tiendra fin novembre 2011 la prochaine conférence des parties sur le climat, on puisse aboutir à un accord qui prolongera le Protocole de Kyoto (avec les Etats Unis !) tout en incluant des actions pour l’agriculture dans les pays n’ayant pas encore effectué leurs révolutions agricoles, notamment en Afrique sub-saharienne.

C’est l’un des buts de cette conférence de Cotonou. Il serait en effet criminel d’appliquer à ces pays les recommandations de modération d’utilisation des intrants parfois justifiée dans les pays industrialisés : dans ces pays c’est l’insuffisance des intrants qui limite la production sur les terres déjà cultivées, dégrade les sols et interdit une agriculture durable. Elle empêche également la réduction des jachères ce qui entraîne inévitablement des conversions des prairies et des forêts au fur et à mesure que la population croît.

 

Agir pour l’agriculture en Afrique sub-saharienne (qui ne se limite pas au Sahel !) est donc non seulement utile pour la sécurité alimentaire et les sols agricoles de ces pays, mais également pour réduire les déforestations et mises en cultures de prairies, donc pour limiter les émissions de GES (gaz à effet de serre).

 

C’est d’ailleurs la première fois dans l’histoire récente que les pays développés ont intérêt, pour eux-mêmes, s’ils veulent réellement limiter ces émissions, à s’intéresser à cette approche en Afrique. Sinon comment arrivera-t-on, comme le recommandait le G8 en 2008 à Hokkaido10, à diviser par 2 les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici le milieu du 20ème siècle ? Mais qui le dit avec suffisamment de force ?

Souvent même, croyant être écologiquement correct, on prône même l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Augmenter les rendements dans ces pays tout comme maîtriser l’énergie dans les pays industrialisés ou émergents évitera à terme d’avoir à réaliser ultérieurement des investissements beaucoup plus coûteux pour, par exemple, capter le gaz carbonique à la sortie des usines et le stocker ensuite dans la croûte terrestre !

 

C’est en Hongrie, à Szeged en mai 2010, à l’occasion de la dernière conférence sur l’agriculture et le développement durable que j’ai été chargé d’organiser cette « conférence-atelier » avec le Professeur Firmin Adjahossou (un ami de longue date) de la Faculté des Sciences Agronomiques du Bénin. Cela avec le soutien des associations scientifiques et techniques pour le développement que sont CEFORID basée à Cotonou au Bénin, l’IASDA (Association Internationale sur le Développement Durable et l’Agriculture) basée à Göttingen en Allemagne, l’Association pour l’agriculture durable de l’Université de Hisar en Inde et l’Institut Oikos (Paris France).

 

Peut-être parviendra-on à faire reconnaître et accepter de considérer, qu’après le consensus de Washington de l’après seconde guerre mondiale et le consensus de Pékin de ces dernières années, le consensus du Malawi s’impose maintenant ; c'est-à-dire le droit de subventionner raisonnablement les intrants agricoles, notamment les engrais minéraux et organiques, dans les pays pauvres… et à faire bouger le credo actuel de la banque mondiale ! Plutôt que d’acheter des droits à polluer, ne vaudrait-il pas mieux subventionner les efforts pour y réduire la jachère et augmenter les rendements agricoles. En réduisant les augmentations de surfaces cultivées on réduit les émissions de GES pour la production agricole…

D’ailleurs l’Inde et la Chine, ou l’Union européenne et les Etats Unis, ont ils demandé le droit de subventionner directement ou indirectement leur agriculture ? (…).

Pour plus de détails www.oikos-foodsecurity.org

 

* La conférence prévue du 20 au 24 Juin  à Cotonou est reportée pour permettre une meilleure préparation. Merci de continuer à nous soumettre des contributions conformément aux objectifs de cette conférence.

 

Une nouvelle résidence en Ardèche dans le village d’Olivier de Serres

 

Universite-d-ete-MRC-2010-017-T1.jpgArthur Riedacker est heureux de confier à ses amis que son domicile, désormais, est situé sur la commune où est installé le domaine historique d’Olivier de Serres, auteur du « Théâtre d’Agriculture et Mesnage des champs » (1500 pages !) écrit en 1600.

C’est le premier ouvrage d’agronomie français. Du temps des grecs l’«oikos», comme le Pradel, comprenait le plus souvent quelques arpents de terres des vignes ou des oliviers, un verger, parfois des écuries et des terres. Olivier de Serres était en quelque sorte, comme on aurait dit au temps de Xénophon, un économe, un gestionnaire de domaine. Grâce à la luzerne il put commencer à supprimer les jachères. En développant la culture du mûrier il envisageait de contribuer à la réduction des importations de soie, et ainsi de limiter ce qu’on appellerait aujourd’hui le déficit de la balance commerciale de la France d’Henri IV. Ce dernier fit planter de nombreux mûriers aux Tuileries. On reparlera de la luzerne et des mûriers. Olivier de Serres était non seulement un des premiers agronomes français, un très fin observateur, mais aussi un économiste, un environnementaliste et un humaniste. Pour plus d’information voyez le site de l’Institut Olivier de Serres, dont je suis évidemment devenu membre (voir www.olivier-de-serres.org/index.php).

 

Cet article est le 216ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article
Repost0

commentaires