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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 23:53
Objectif initial : ouvrir la voie à un socialisme à la française

Les Archives du CERES, à l’initiative de Gaël Brustier, ont été présentées lors d’une réunion à Paris en présence de Didier Motchane. C’était le 29 novembre, dans une salle du Conseil régional d’Ile-de-France (voir Sur votre agenda : rencontre autour de Didier Motchane et Gaël Brustier sur les "Archives du CERES").

 

Les trois premiers cahiers des "Archives du CERES" sont parus

 

Cahier numéro 1 : L’esprit d’une politique industrielle


Penser une politique industrielle qui permette d’affronter les rapports de forces internationaux, tel est l’objectif du CERES. L’ouverture de l’économie rend impératif l’établissement d’une politique industrielle qui n’évoquait, quand l’économie était protégée, que l’économie de guerre ou la pénurie.

Ce troisième « Cahier du CERES », précédant de peu le « joli mois de mai » 1968, révèle l’attention que les fondateurs du Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialistes portent à la question industrielle ainsi qu’au rôle de l’Etat dans l’Economie.

Très actuel par les questionnements qui sont les siens, ce texte permet de comprendre une grande part de la logique intellectuelle de ce courant original du socialisme français que fut et que demeure à bien des égards le CERES. Construction libérale de l’Europe déjà présente dans le traité de Rome et le Marché commun, libre-échange, effets de domination qui en découlent, développement des inégalités… Nombreux sont les enjeux soulevés par le CERES qui, quarante ans plus tard, demeurent parmi les enjeux les plus actuels qui soient en France.

 

Cahier numéro 2 : Etats-Unis d’Europe, Europe des Etats-Unis ou Indépendance


Penser les rapports de forces internationaux pour penser le socialisme, telle est l’ambition intellectuelle du Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialistes, créé en 1966 autour de jeunes militants de la SFIO. Artisan du Congrès d’Epinay, le CERES a été le moteur idéologique du Parti Socialiste des années 1970. Après 1981, ses membres se sont attachés à penser les rapports de forces internationaux pour orienter la Gauche vers une République avancée et non vers la « parenthèse libérale ».

Le CERES de 1966 à 1986, c’est une méthode autant qu’une ambition pour la Gauche et pour la France. C’est aussi une conviction : Une France forte n’est pas contradictoire avec le progrès de l’Europe mais, en revanche, la crise de l’Europe est largement due à l’affaiblissement de la France.

A travers des textes écrits de 1967 à 1983, le CERES et ses animateurs exposent leurs analyses de la situation internationale. Textes des Cahiers du Cérès, de Frontière, Repères, NON ! ou Enjeu pour la République et le Socialisme, tous reflètent ce qui fut la pensée de ce courant original du Parti Socialiste au cours de ses deux décennies d’existence formelle.

 

Cahier numéro 3 : Conversion républicaine ou conversion libérale

En mai et juin 1981, les Français donnent au Parti Socialiste toutes les responsabilités. Présidence de la République, majorité absolue à l’Assemblée Nationale, le « Projet socialiste » de 1980 peut s’appliquer. Un puissant effort de modernisation du pays est possible. Ainsi, les nationalisations de 1982 s’entendent alors comme un élément clé d’une stratégie industrialiste faisant appel à l’effort accru dans le domaine de la recherche et de l’investissement. Bien vite, il apparaît pourtant que, pour une partie de la gauche, la logique « industrialiste » doit s’éclipser devant la volonté présidentielle de maintenir « l’autonomie de gestion » des entreprises nationalisées. Jean-Pierre Chevènement, Ministre de l’Industrie, décide de démissionner le 22 mars 1983 pour protester contre le « tournant libéral » qui abandonne à la fois l’ambition industrielle et s’accroche au Système Monétaire Européen.

On le constate : une sortie (provisoire) du SME aurait donné des marges de manœuvre aux entreprises françaises. Face à ces abandons, le CERES a tenté de définir une alternative qui ne soit pas une « alternative d’échec ». La République, l’idée républicaine, apparaissent alors comme le socle possible de l’action d’une Gauche qui choisirait de ne pas flirter avec le néolibéralisme. Tel a été l’enjeu de la bataille menée de mai 1981 à la défaite législative de mars 1986.

 

Le point de vue de Jean-Pierre Chevènement

 

Doit-on parler d’un échec du CERES ? Jean-Pierre Chevènement considère qu’il s’agit de l’échec de « ce que nous voulions faire de la gauche ».

 

MRC national 002Dans les Cahiers du CERES, à partir de 1966, il s’agissait d’ouvrir la voie à un socialisme à la française, avec une bonne dose de nationalisations.

A partir de 1983, les thèses néolibérales introduites en Angleterre en 1979 se sont imposées en France. Le CERES s’est transformé alors, progressivement, en courant républicain, dont le combat avait un caractère défensif. Il s’agissait d’éviter des reculs plus prononcés. Une seule victoire : au référendum européen en 2005. Le combat se poursuit. Nos analyses (Europe, République, politique industrielle, école) résistent au temps. Notre conversion républicaine des années 1980 a été la réponse à la conversion libérale de la gauche en 1983. Mais ce sont la chute du mur de Berlin en 1989, puis celle de l’URSS en 1991, qui marquent le triomphe du marché et de la démocratie libérale.

L’exigence républicaine est à la base de l’identité de la France. C’est ce que nous avions anticipé en 1985. C’est ce qui doit permettre de tourner la page du néolibéralisme et du capitalisme financier.

Ainsi, le CERES a joué son rôle dans la montée de la gauche dans les années 1970, dans l’alternance, puis il s’est converti en exigence républicaine après le tournant libéral de la gauche (congrès PS de Bourg-en-Bresse en 1983, avec la « parenthèse libérale » défendue par Lionel Jospin).

Ensuite, en ce qui concerne la politique internationale, François Mitterrand a fait le choix d’apporter son appui au Chancelier Köhl dans la stratégie de riposte graduée (Pershing), ce qui a défavorisé l’opposant social démocrate Oskar Lafontaine. Mitterrand a joué la sécurité, considérant qu’il était impossible d’avoir une politique européenne indépendante entre les USA et l’URSS (il n’était pas de Gaulle).

Bastien Faudot, 1er Secrétaire fédéral du Val-de-Marne, Secrétaire national chargé de la formation et des universités d'été, rappelle le cheminement historique du courant politique issu du CERES (voir Mouvement républicain et citoyen Val-de-Marne).

Au Mouvement Républicain et Citoyen, nous voulons oeuvrer à l'accomplissement de la République, faire vivre l'exigence progressiste et républicaine, promouvoir l'indépendance de la nation, la résistance à l'hégémonie libérale et oeuvrer pour un monde multipolaire. Pour nous, la souveraineté populaire est l'instrument de la liberté et la condition du plein exercice de la citoyenneté.

Nous voulons ancrer dans la réalité les principes républicains de liberté, de laïcité, d'égalité des droits et des chances, de justice sociale et de fraternité. Historiquement, les origines de notre parti remontent au Centre d'études, de recherches et d'éducation socialistes (CERES), courant qui constituait l'aile gauche de la SFIO, puis du Parti Socialiste, dont Jean-Pierre Chevènement a été l'un des fondateurs. Ce courant devient Socialisme et République en 1986, puis Mouvement des Citoyens à la fin du mois d'août 1992.

Le MDC s'oppose au traité sur l'Union européenne et appelle les Français à voter "non" au référendum du 20 septembre 1992 : "Pour une autre Europe, non à Maastricht". En 1993, le Mouvement des Citoyens se transforme en parti politique indépendant.

Candidat à l'élection présidentielle de 2002 où il a obtenu plus d'un million et demi de voix, Jean-Pierre Chevènement a réuni ses comités de soutien au sein du Pôle Républicain. Créé en janvier 2003, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) est présidé par Jean-Luc Laurent, Maire du Kremlin-Bicêtre et Conseiller régional d'Ile-de-France. Jean-Pierre Chevènement, ancien Ministre et Sénateur du Territoire de Belfort est président d'honneur du MRC.

Cet article est le 82ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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