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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:48

Une forte influence, notamment en politique étrangère

 

La crise financière européenne se rapproche de l’Espagne, de l’Italie et de la France. En prenant une autre dimension qu’avec la Grèce. En pleine période électorale, la spéculation va probablement s’en prendre à notre pays, de manière à tester la capacité de réaction de ses dirigeants.

François Hollande, s’il est élu, aura besoin d’un homme d’Etat de la trempe de Jean-Pierre Chevènement et c’est là que celui-ci sera utile, à la fois au nouveau président et au pays, à la République française mise en difficulté par l’offensive de la finance.

 

Chevènement Commer 301111 007 TSon discours de Besançon, le 10 avril, qui était sans doute trop long et mal adapté à son auditoire, montre clairement ses priorités.

Voici un extrait de ce qu’il avait prévu de dire avant l’intervention de François Hollande :

François Hollande, le discours d’un homme d’Etat républicain

(…) En cette année qui est aussi celle du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau à Genève, non loin d’ici, la République est à la mode. Même M. Sarkozy s’y met. Il vante « le creuset républicain ». Il incite à « tenir bon sur le modèle républicain », car il y aura ainsi, dit il, « moins de risque de ségrégation et moins de risque d’éclatement de la société en groupes rivaux. » Mais de qui M. Sarkozy se moque-t-il ? A l’entendre, le grand danger qui menace la République ce serait l’immigration ! Je ne conteste pas qu’une immigration incontrôlée puisse poser problème. Mais l’immigration est-elle le problème central de la République ? La désindustrialisation de la France, les délocalisations industrielles, le chômage de masse, la crise des services publics, le pouvoir d’achat en berne pour ceux qui déjà gagnent le moins, l’explosion des inégalités, ne sont-ce pas là des problèmes autrement plus centraux ? Si la République a un défi à relever, c’est d’abord celui d’un capitalisme financier qui l’étrangle. L’ennemi, c’est la Finance ! Cet ennemi, en France, est-il vraiment sans visage ? Son visage ne ressemblerait-il pas à s’y méprendre à celui de M. Sarkozy ? « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. »

M. Sarkozy peut bien nous parler de République le temps d’une campagne électorale. C’est une République à temps très partiel. Une République du bout des lèvres. [Car pour flatter les communautarismes, M. Sarkozy s’y connaît ! Pour exacerber les différences et trouver des boucs émissaires, pour dresser les travailleurs contre les chômeurs, les salariés du privé contre les enseignants, M. Sarkozy n’a pas encore trouvé son maître. Accordons-lui sans rechigner le prix d’excellence ! Le prix d’excellence, non pas du républicanisme, mais de la démagogie !]

La question centrale est de savoir où on met le curseur de la République. Le grand enseignement de Rousseau est d’avoir montré qu’il ne peut y avoir de nation pleinement civique qu’à deux conditions : en rendant indissociables la liberté et l’égalité car sans l’égalité la liberté ne peut subsister, et d’autre part en faisant des citoyens : « La patrie ne peut subsister sans la liberté, ni la liberté sans la vertu, ni la vertu sans les citoyens. Sans cela vous n’avez que de méchants esclaves, à commencer par les chefs de l’Etat »1.

Sous ce double aspect, on a vu depuis cinq ans la République régresser : M. Sarkozy n’a pas seulement retiré des moyens à l’Ecole mais il a, beaucoup plus encore, méconnu son rôle de formation du citoyen, en voulant la gérer comme une entreprise, ambition « managériale » clairement affichée par son ministre de l’Education, M. Chatel, en oubliant qu’elle est avant tout une institution fondatrice de la République.

Et qui peut soutenir que sous le quinquennat de M. Sarkozy les inégalités n’ont pas augmenté et augmenteraient plus vite encore si son bail devait être reconduit et le traité qu’il a signé avec Mme Merkel, le 2 mars dernier, mis en œuvre ? Ce traité ne propose pas seulement de supprimer les déficits à l’horizon 2016, soit cinq points du PIB c’est-à-dire cent Milliards. Le traité va plus loin encore : il prévoit une clause de désendettement pour ramener, à l’horizon de vingt ans, le stock de la dette publique à 60 % du PIB, soit pour la France un effort supplémentaire de 1,5 point de PIB par an, soit encore trente Milliards d’euros. Ce médecin de Molière voudrait tuer le malade qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

Je ne connais pas un économiste un peu sérieux qui ne s’inquiète du risque majeur qu’une cure d’austérité massive prolongée et simultanée dans dix-sept pays d’Europe ferait courir à nos économies. Déjà la récession frappe à la porte. L’Europe est la lanterne rouge de l’économie mondiale. Elle en deviendra durablement la mer des Sargasses. Avec le traité « Merkozy » ce serait le décrochement fatal pour la France, la certitude d’un déclassement sans retour. Ce traité a une logique : c’est de mettre à terre les États, et d’abord le nôtre, sans lequel la France n’existerait pas.

Ne resteraient en lice que les grands groupes industriels et financiers – d’ailleurs les industriels aujourd’hui se comportent en financiers. La puissance serait désormais privée et la puissance publique serait enfin désarmée. Foin de l’interventionnisme ! Voilà la stratégie du capital financier ! La France serait réduite à peu de choses, dans une Europe que dominerait, au sens propre, le « capitalisme rhénan ». Voilà la géopolitique implicite du projet « Merkozy ». Ce serait la France sans usines réduite au tourisme et à ses vignobles : Champagne et Château de Versailles, et bien sûr grands groupes du CAC 40 florissants mais à l’étranger seulement. Ce n’est pas un avenir pour notre jeunesse !

Les Français n’accepteront pas sans combattre ce destin en peau de chagrin. Le peuple n’acceptera pas cette dépossession démocratique supplémentaire qui lui ôterait la maîtrise de son budget, acte essentiel d’où le Parlement tire son origine et sa légitimité. M. Sarkozy, appuyé sur les marchés financiers, nous menace d’une situation à la grecque ou à l’espagnole si nous n’acceptons pas sa règle d’airain mais celle-ci nous y conduit tout droit !

Les Français ont mille raisons de voter François Hollande le 22 avril, mais d’abord celle-ci : François Hollande s’est engagé à réviser ce traité de mortification, et à vrai dire mortifère. Aidez-le, et, au-delà, faites passer le message à tous ceux qui seraient tentés de s’abstenir : demain, il serait trop tard ! Il faut doter l’Europe des moteurs de croissance indispensables : plan d’investissement financé par la BEI et par un emprunt européen dont on parle depuis 1994 sans l’avoir jamais mis en œuvre, taxation des flux financiers, contrôle public des banques, relance salariale dans les pays dont la compétitivité le permet. Politique de change ramenant le cours surévalué de l’euro qui écrase la compétitivité de nos entreprises à, pour le moins, son cours de lancement, adossement, enfin, du mécanisme européen de solidarité à la Banque Centrale européenne, car la crise de l’euro n’est malheureusement pas derrière nous : il suffit de regarder vers l’Espagne, l’Italie, ou même chez nous, où l’écart des taux avec l’Allemagne n’a jamais été aussi élevé. La France a certainement un problème de compétitivité mais elle garde de puissants atouts : la qualité de son peuple, le modèle républicain à condition qu’il soit mis en mouvement, ses grands groupes, objet de la sollicitude de tous les gouvernements qui devront bien renvoyer l’ascenseur, une épargne abondante enfin. Certes, l’effort sera nécessaire, mais un effort équitablement partagé ! Et là, nous pouvons faire confiance à François Hollande qui a toujours tenu un discours de vérité
(…).

Rappel : Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande - 9 septembre 2010 

 

 S'il était élu, le président François Hollande ferait ce qu'il a annoncé - 9 mars 2012 

 

Jean-Pierre Chevènement soutient François Hollande

La vidéo intégrale du passage de Jean-Pierre Chevènement au 20h de TF1, mardi 13 mars 2012.

 

Cet article est le 155ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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Published by SORIN Michel - dans CHEVENEMENT
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