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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 23:57

Qui fera l’effort de repenser complètement la PAC ?

 

Arrivé à Laval ce midi par le train, Jean-Pierre Chevènement avait une courte conversation devant la gare avec Gérard Beillard, militant MRC 53, puis se dirigeait vers le restaurant où l’attendaient Stéphanie Denevault (France Bleu Mayenne) et Alan Le Bloa (Ouest-France, chef de la rédaction de Laval). La rédaction du Courrier de la Mayenne n’a pu être présente, en raison du bouclage de l’hebdomadaire (parution jeudi). Georges Minzière, militant MRC 53, déjeunait avec nous.

 

Comme indiqué sur le programme Chevènement en Mayenne le 30 novembre sur le thème de l'agriculture - 25 novembre 2011, le candidat à l’élection présidentielle était attendu en début d’après-midi sur la ferme de Hervé et Sylvie Delogé, le Bas du Buis à Commer, producteurs de lait.

 

Chevenement-Commer-301111-015-T.jpgStéphanie Denevault et Alan Le Bloa nous avaient suivis. Ils étaient rejoints par Frédéric Gérard, rédacteur de l’hebdomadaire L’avenir agricole et par Françoise Nouar d'un autre hebdo, Le Courrier de la Mayenne.

 

Les responsables des organisations agricoles fédérées dans l’Office du lait étaient présents, aux côtés de Hervé Delogé, membre du bureau 53 de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), notamment Sébastien Bellier, président Apli 53, Pierre Bougeard et Maryline Chesnel, responsables Apli 50 (Manche), Olivier Chemin, président de la Coordination rurale 53, Patrick Lemétayer, président de l’OPL 53 (branche laitière de la Coordination rurale), ainsi que deux représentants de la Confédération paysanne 53, Gilbert Brizard et Maurice Epiard.

Le maire de Commer, Jean-Claude Font, était présent pour la visite (Michel Angot, maire de Mayenne et conseiller général était excusé).

Daniel Salé, responsable MRC 49, avait fait le déplacement. D’autres personnes étaient aussi présentes, tout l’après-midi.

 

Hervé et Sylvie Delogé ont d’abord présenté leur exploitation (statut juridique EARL avec eux deux) : 105 hectares (65 ha en prairies permanentes, 20 ha en maïs, 20 ha en blé, chaque année), en partie en propriété, en partie en location (le noyau central étant propriété familiale); 32 vaches laitières; 20 vaches allaitantes; 600 places de porcs en engraissement. Puis, ils ont proposé une visite rapide du corps de ferme.

 

Ensuite, place au débat dans une salle confortable, remarquablement aménagée. Jean-Pierre Chevènement demande aux responsables présents de présenter leurs réflexions sur la filière laitière.

 

Sébastien Bellier fait l’historique de l’Apli, association de producteurs de lait créée fin 2008 à l’initiative de Pascal Massol, en dehors des syndicats, afin de lutter pour des prix rémunérateurs (c’était la crise laitière, les prix étant alors très bas) et une régulation intelligente tenant compte des besoins des consommateurs (actuellement, les prix sont liés à la valorisation industrielle des produits mis sur le marché mondial (beurre et poudre de lait).

 

Maryline Chesnel précise : la volonté de l’Apli était que le mouvement de grève des livraisons lancé en septembre 2009 soit porté par l’ensemble des organisations syndicales. Mais la FNSEA a refusé de se joindre au mouvement.

 

Patrick Lemétayer est étonné que la gravité de la crise laitière n’ait pas davantage mobilisé les responsables politiques. Attendent-ils que la France en soit arrivé au catastrophique bilan du système danois (concentration des élevages, endettement démesuré) ?

 

Jean-Pierre Chevènement souligne que la suppression des quotas laitiers a été obtenue grâce à la France qui s’est abstenue. Les responsables politiques n’ont aucune volonté de réformer le système bureaucratique inefficace de Bruxelles.

 

Sébastien Bellier et Patrick Lemétayer insistent sur l’élément nouveau qu’a été la création de l’EMB (European Milk Board, formé par les organisations nationales adhérentes (Apli, OPL pour la France). L’EMB, pendant la crise, a rencontré les élus politiques au niveau européen, jouant son rôle de lobby, ce que ne faisait pas la FNPL à Bruxelles.

 

Pierre Bougeard évoque les insuffisances de l’interprofession laitière (CNIEL, composé des industriels, privés et coopératives, et des producteurs représentés exclusivement par la FNPL, branche laitière de la FNSEA) et ses ambiguïtés (la FNPL comprend des producteurs qui sont à la fois présidents de coopératives et représentants des producteurs).

Il est proposé un Office du lait dans chaque pays, afin de réguler le prix du lait, la coordination se faisant au sein de l’Agence de régulation européenne, qui regroupe les Offices du lait nationaux. L’objectif est de produire pour le marché européen, en adaptant l’offre à la demande. Il est tout à fait possible de nourrir les 9 milliards d’humains en 2050. Il suffit de faire preuve de réactivité.

Le Canada, sous l’impulsion des agriculteurs du Québec, ont mis en place, il y a plus de trente ans, un système de contingentement qui fonctionne à la satisfaction de tous, sans rien coûter aux contribuables.

Les producteurs de lait font face à des contraintes importantes que n’ont pas les céréaliers, par exemple. Pierre, à partir de son témoignage personnel (il est installé depuis 22 ans), constate le découragement de ses collègues. On va vers une crise plus grave.

Si la souveraineté alimentaire n’est pas prise en compte, si la politique libérale continue, les 65 000 producteurs actuels seront bientôt 20 000, tous localisés dans l’ouest de la France. Ancien adhérent de la FNSEA, il a vu que cela ne fonctionne pas. Il veut faire connaître le projet d’office du lait.

 

Jean-Pierre Chevènement constate que personne n’a fait l’effort de repenser la PAC. Il n’y a pas eu de prise de conscience politique. Le système est parti dans une logique absurde et folle. Comment la Commission européenne pourrait-elle porter l’intérêt général ? Elle en est bien incapable. Le système a été mal conçu. La PAC est bien loin de ses concepts d’origine. Il manque la vision large, la prise en compte de la sécurité alimentaire, la maîtrise de l’offre, la limitation des aides à six actifs par exploitation. Il faut revenir à un système de quotas.

 

Pierre Bougeard considère que l’agriculture ne devrait pas être dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pascal Lamy ne doit pas imposer la loi de l’OMC en agriculture. Au Canada, en réduisant volontairement la production de 3%, ils ont contourné la loi qui oblige chaque pays à un minimum de 3% d’importation de lait. Chez eux, contrairement à l’Europe, ce ne sont pas les industriels qui gèrent les quotas. Par ailleurs, il est cocasse qu’au moment où l’Europe supprime les quotas, les USA les remettent en place.

 

Jean-Pierre Chevènement rappelle qu’il y aura des élections. La démocratie est dans un état de décomposition avancée. L’information est traitée superficiellement dans les grands médias. Or, c’est là que se forme l’esprit public. Les peuples doivent réagir.

Contrairement à ce qui est souvent dit, je ne suis pas antieuropéen. Je suis pour une autre politique au niveau européen. Il faut proroger le système de quotas laitiers jusqu’en 2017, ce qui laisse le temps nécessaire de la réflexion pour modifier le système et repenser la PAC. Son budget doit être réorienté au service de l’emploi. Il faut prendre en considération les contraintes de la production. Les vaches laitières, c’est un sacerdoce.

 

Olivier Chemin signale que, partout où le lait disparaît (dans les exploitations), il ne revient pas. Ce n’est pas par hasard.

 

Jean-Pierre Chevènement note qu’il y a beaucoup à repenser. Il faut rémunérer correctement ceux qui produisent et dont les conditions de production sont difficiles. Il y a des problèmes de revenus. Il faut revenir aux principes de la PAC.

 

Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012  

 

  

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Published by SORIN Michel - dans Présidentielle 2012
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