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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:45

L’Europe manque de concepts de base et d’hommes d’Etat

La Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement (voir sa Présentation de la Fondation), avait mis le thème Refaire l’Europe ? Aperçu rétrospectif et esquisse d’une politique à l’ordre du jour du colloque du 2 décembre 2013, dont les Actes seront publiés dans quelques semaines sur le site de la Fondation.

 Res-Publica-colloque-Europe-011213-001-T.jpgPierre de Boissieu était le principal intervenant. Voir le compte rendu qui a été fait de son intervention : Pierre de Boissieu (Res Publica) : l'UE, devenue un obstacle à l'Europe - 16 décembre 2013.

 

 

Jean-Michel QUATREPOINT et Jean-Pierre Chevènement ont présenté leur vision de la question européenne, après l’exposé magistral de Pierre de Boissieu.

 

 

Jean-Michel Quatrepoint

En 1990, le monde change de bases. Avec l’effondrement du communisme, le 21ème siècle commence. Les marchés ont pris le pas sur les Etats. Les multinationales sont à Bruxelles. La construction européenne change de nature. Les anglais l’ont bien compris. Ils ont investi l’administration bruxelloise où c’est le projet anglo-saxon et allemand qui l’emporte.

La concurrence fiscale et sociale devient la base du projet européen, dont l’Allemagne a pris le leadership sans le vouloir. Car, en 1989, l’Allemagne était déjà championne à l’export. En dix ans, ils ont payé la réunification. Le Système monétaire européen est une machine à subventionner l’industrie allemande.

Il faut comprendre les allemands et eux doivent nous comprendre. On ne se comprend plus. L’Allemagne regarde vers le monde (nombreux voyages de Mme Merkel). Le Conseil européen est mort. Il faut le réhabiliter. A 28, c’est impossible.

Il faut faire une pause dans les traités, l’élargissement, le traité transatlantique, et repartir du concret, des projets (énergie, télécommunications, métadonnées demain. Comme la CECA et Airbus dans le passé.

L’euro, c’est un vaste sujet. L’idée d’une monnaie commune reste valable. La dévaluation n’est pas la panacée. Il faut négocier avec Berlin. Ce sera leur intérêt. Il faudra serrer la vis et remettre le pays au travail. La libre circulation n’est pas remise en cause. En cas d’éclatement sauvage de la zone euro, il faudra remettre en place le contrôle des changes. La population ne l’acceptera pas. La population devra accepter des sacrifices et l’Europe repartir sur la base de projets concrets. Pas de fédéralisme. Elle devrait reconnaître que l’euro, c’était une erreur. Mais il n’y a pas de nation européenne. Il ne peut donc y avoir de monnaie unique. A défaut, si l’UE continue sans faire son autocritique, il faudra boire le calice jusqu’à la lie…

 

Jean-Pierre Chevènement

 

Les choix de 1983 ont été décisifs en France. Ils ont débouché sur l’adoption de la monnaie unique, en 1989, juste avant la chute du Mur de Berlin. Le groupe Delors avait donné les commandes aux dirigeants des banques centrales. Le ministre français de l’économie et des finances, Pierre Bérégovoy, était hostile à la monnaie unique. François Mitterrand suivait l’Allemagne pour la monnaie unique. Erreur conceptuelle. Vice de conception. Jean Monnet était pour une Europe, substitut des nations. L’idée, c’était que, devant l’obstacle, l’Europe ferait le saut fédéral. Ce qui implique des transferts immenses, l’Etat fédéral devenant l’Etat national. Erreur gravissime.

Jacques Sapir (ne pas confondre avec André Sapir) fait de la recherche. Il fait des études. Notre position, c’est la transformation concertée de l’euro vers une monnaie commune. L’ajustement par voie monétaire est moins douloureux. C’est ce que pense aussi un économiste allemand très réputé. Il s’agit de re-nationaliser la dette de chaque Etat.

 

Nous ne sommes plus au temps de l’Europe des Six, où la France était dominante et l’Allemagne divisée. L’Europe des 28 est germano-centrée. L’Allemagne l’a un peu voulu (Schröder, Merkel, pas naïfs). Le décrochage économique français a commencé à la fin du 19ème siècle. L’idée de de Gaulle d’une Europe européenne pourrait être, à nouveau, explorée en prenant en compte le déclin de l’Europe. C’est le bon sens.

 

Face au défi des grands pays émergents, l’euro est la monnaie la plus surévaluée du monde. On se bat, les mains attachées dans le dos. La croissance nécessite un ajustement monétaire, plutôt que la déflation salariale. Mieux vaut utiliser le bistouri, l’accord de l’Allemagne étant nécessaire. Laisser varier autant l’euro est absurde (1,16 dollar au lancement puis 1,60 au plus haut et 0,80 au plus bas ; 1,35 aujourd’hui).

 

Les hommes d’Etat manquent. C’est leur rôle de piloter la politique monétaire. Mais le politique a démissionné. Le mot d’ordre, c’est le primat de la croissance, ce qui implique de travailler plus pour gagner autant. Dans le domaine énergétique, il faut s’affranchir du sot principe de précaution. Le coût du mégawatt/heure est important. Le débat sur la transition énergétique est mortifère.

Ce qui manque, ce sont des concepts solides, comme la nation, l’intérêt général  (qui ressort du débat républicain), la monnaie (qui est celle d’un Etat). Ce sont des notions de base, enfantines. Le principal reproche à faire à l’Europe actuelle, c’est que les traités européens résultent de la programmation des marchés. Ils ont pour dogme de base le néolibéralisme. Il faut mettre Airbus à l’initiative des traités.

 

Cet article est le 190ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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Published by Michel SORIN - dans CHEVENEMENT
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