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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 23:33

L’industrie française, trop exposée à la compétition par les prix

 

Louis Gallois ne m’est pas indifférent depuis les années 1970 au Ceres de Jean-Pierre Chevènement. Je l’avais invité à intervenir sur l’industrie dans le cadre d’une soirée-débat à Saint-Berthevin le 15 octobre 1987 (voir Débat sur l'industrie avec Louis Gallois à Saint-Berthevin (53) - 15 oct.1987 - 5 novembre 2012). Il avait été très didactique.

MRC national 002   Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et ancien ministre, notamment de l’industrie, l’a invité le 22 février 2013 à Belfort pour un débat à l'UTBM (Université de Technologie Belfort-Montbelliard) sur le thème "Restaurer la compétitivité". Les intervenants : Louis Gallois (Ancien directeur général du Ministère de l’Industrie, ancien Président de la SNCF et d’EADS, Commissaire Général à l’Investissement), Jean-Pierre Chevènement, Pascal Brochet (directeur de l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard) et Christian Proust.

Revoir le débat "Restaurer la compétitivité" avec Louis Gallois (vidéo).

 

Rappel : L'esprit du redressement productif - séminaire Res Publica - 26 11 2012 - 30 janv. 2013 

 

Louis Gallois avait, le 22 février, accordé un entretien à Jean-Pierre Tenoux, journaliste à l’Est républicain.

 

Voir Louis Gallois : « L'euro fort peut-être l'ennemi de l’euro. Extraits.

Après avoir présidé la SNCF et EADS notamment, Louis Gallois a été chargé par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, de gérer le programme Investissements d’avenir pour renforcer le tissu industriel du territoire, en lien étroit avec la recherche publique, l’université et les collectivités. Auteur d’un rapport remarqué sur la compétitivité française, celui qui fut par deux fois directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, à l’Industrie puis à la Défense, évoquera ce thème aujourd’hui à Belfort à l’invitation de son ancien ministre. Entretien.

Vous aviez souhaité un « choc de compétitivité ». Quelques mois plus tard, avez-vous le sentiment d’avoir été entendu ?

Le gouvernement a entendu l’essentiel de ce que j’ai voulu faire passer dans mon rapport. Il a adopté, au mois de novembre, 35 mesures regroupées dans un Pacte pour la compétitivité, l’emploi et la croissance dont le Commissariat Général à l’Investissement assurera le suivi. Il a bien sûr, fait ses choix, par exemple, le crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises (CICE). J’avais proposé un autre schéma. Il a choisi une baisse de l’impôt sur les sociétés liée au volume de la masse salariale, pour redonner aux entreprises de l’oxygène et les aider à investir ; mais, et c’est normal, il voulait que cette mesure massive ait également un impact significatif sur l’emploi. Il a donc plutôt ciblé les bas salaires. Je précise que les entreprises pourront en profiter dès 2013 grâce à un préfinancement par la Banque publique d’investissement.

 

Est-ce que ces efforts ne risquent pas d’être compromis par la situation monétaire ? On vous sait très attentif à ce sujet…

Un euro fort peut être l’ennemi de l’euro. Son taux d’équilibre est à 1,15, 1,20 dollar, sa cotation actuelle à 1,35 le situe aux abords d’une zone dangereuse. L’appréciation trop rapide de l’euro peut remettre en cause les progrès que l’on essaye de faire sur la compétitivité. On me dit que l’Allemagne supporte très bien l’euro fort. C’est vrai, je l’ai dit dans mon rapport : l’euro fort renforce les forts et affaiblit les faibles ! Il privilégie ceux qui ont réussi à échapper à la compétition par les prix, en se plaçant sur le haut de gamme. Alors qu’en France, nous sommes trop souvent sur des productions milieu de gamme, plus concurrencées, plus sensibles aux prix et aux évolutions monétaires.

 

Le déficit de compétitivité a d’autres causes…

La difficulté majeure de l’industrie française, c’est son exposition excessive à la compétition par les prix, face aux produits de pays qui n’ont pas les mêmes coûts que les nôtres. La pression sur les prix est croissante du fait, notamment des pays émergents. Les marges des entreprises industrielles françaises sont ainsi passées de 30 à 20 % entre 2000 et 2011 ; leur capacité d’autofinancement de leurs investissements de 85 % à tout juste plus de 60 %. Faute d’investissements, de productivité et d’innovation suffisants, les entreprises françaises perdent en compétitivité. C’est ce cercle vicieux qu’il faut rompre. Il faut que l’industrie française différencie ses produits par rapport à la concurrence, qu’elle monte en gamme par l’innovation, la qualité, la productivité. Pour cela, il n’y a pas de mystère, il faut retrouver de la capacité d’investissement. L’innovation, la formation, la relation entre la recherche et l’industrie, la relation entre les grands groupes et leurs fournisseurs, les solidarités territoriales : voilà les chantiers des 35 mesures du Pacte que j’évoquais tout à l’heure. J’y ajoute, bien sûr, le nerf de la guerre : l’épargne des Français est abondante ; elle doit être mieux orientée vers le financement de l’appareil productif ; la Banque Publique d’Investissement peut y aider (…).

 

La compétitivité implique de soutenir les PME-PMI. Leurs patrons sont parfois isolés, sous la coupe de leurs donneurs d’ordres. Que peut-on faire ?

Il faut rompre leur isolement. L’une des raisons pour lesquelles les PME françaises ont des difficultés à grossir c’est, du côté de leurs dirigeants, parfois la crainte d’avoir à gérer des problèmes sociaux ou financiers nouveaux, de se lancer dans la recherche, ou à l’exportation. Il faut les accompagner. C’est le travail des chambres de commerce, des syndicats professionnels, des « Business Angels ». Les donneurs d’ordres de leur côté comprennent de mieux en mieux qu’ils dépendent en partie de leurs chaînes de fournisseurs. Il faut qu’ils créent de la dynamique et de la synergie dans les filières.

Les grandes entreprises peuvent apporter un appui technique ou managérial aux PME, leur donner de la visibilité en allongeant le carnet de commandes, les aider à s’engager à l’export. Elles ont aussi des structures de formation qu’elles peuvent mettre à la disposition des sous-traitants.

 

Qu’espérez-vous de la Banque publique d’investissement ?

Elle s’adressera d’abord aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire. Elle doit leur permettre de franchir des étapes pour grandir, financer des innovations, exporter, s’engager sur de nouveaux territoires, etc. Je souhaite que la BPI soutienne ce qui marche, ce qui est porteur d’avenir et d’emplois. Le Premier Ministre vient de décider d’accroître le volume des fonds que le programme des Investissements d’Avenir apporte pour cela à la BPI (…).

 

Cet article est le 161ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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Published by Michel SORIN - dans CHEVENEMENT
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