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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 21:09

La gauche et la France ont besoin d’une force républicaine

 

Le MRC prépare son congrès (voir Mouvement Républicain et Citoyen : congrès à Paris 15-16 décembre - 15 novembre 2012). C’est le moment de regarder dans le rétroviseur.

D’où vient ce mouvement politique né dans les années 1960 (le CERES* - centre d’étude, de réflexion et d’éducation socialistes), qui s’est constamment organisé autour des idées de Jean-Pierre Chevènement ?

 

* Personnellement, je me souviens avoir commencé à m’intéresser au CERES quand, en 1972, à mon retour de coopération en Algérie, je me suis abonné à la revue « Repères ». Repéré début 1973 par les amis de Robert Buron, qui était alors maire (souffrant) de Laval et promoteur du mouvement politique « Objectif 72 », devenu « Objectif socialiste », j’avais reçu de Jean Offredo, son assistant, les documents préparatoires au congrès du PS, transmis par la motion CERES (Chevènement).

 

Les amis de Robert Buron avaient choisi de soutenir le texte (motion d’orientation) du CERES, deux ans auparavant, lors du congrès d’Epinay-sur-Seine. C’était cette motion (8,5 % des voix au congrès d’Epinay) qui avait été déterminante dans l’arrivée d’une nouvelle majorité au PS en 1971 (alliance Mitterrand-Chevènement-Mauroy-Deferre, qui allait mettre ce parti sur la voie du succès en optant pour la stratégie d’union de la gauche).

 

Nouvel adhérent du PS (j’allais créer avec 12 autres militants - dont Francis Bour, ancien directeur de cabinet du ministre Robert Buron - la section de Saint-Berthevin), j’acceptais de présenter la motion du CERES en Mayenne lors de ce congrès 1973, présidé par Francis Bour, et de lancer ce courant dans le département (nous allions progresser rapidement jusqu’à 45 % des voix en 1977, ce qui me portera à la responsabilité départementale en 1979, dans le cadre de l’alliance avec le courant Mitterrand). Délégué suppléant au congrès de Grenoble, ce sera ma première expérience de congrès politique…

 

Le projet de motion d’orientation 2012 du MRC (voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France) comporte un rappel historique, qui montre la continuité de la ligne politique de ce Mouvement (on le doit évidemment à Jean-Pierre Chevènement).

 

NOTRE PROJET POLITIQUE VIENT DE LOIN

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen est un mouvement politique enraciné à gauche mais indépendant. Il est le vecteur d’un projet politique : celui de la construction et de l’affirmation d’une force républicaine, pour relever la France avec la gauche dans la justice sociale, par l’affirmation de l’indépendance nationale et de la souveraineté populaire sans laquelle il n’y a pas de démocratie.

Il se situe dans la lignée d’une expérience constamment mise à jour dans des contextes politiques différents. Le CERES est né dans le contexte des années de soixante, à la fin des « trente glorieuses ». Il a tenté, à l’intérieur du PS, de réu­nir les conditions d’une transformation sociale de grande ampleur, par l’union de toutes les forces de la gauche à travers un programme commun de gouvernement, dans un contexte qui était celui de la fin de la guerre froide. C’était la tâche des années 70, par ailleurs marquées par la fin du système de Bretton-Woods et par la crise économique née d’un double choc pétrolier, qui s’est révélée être une véritable mutation d’un capitalisme managérial en un capitalisme financier mon­dialisé. Advint le règne d’un capitalisme dit « patrimonial » : tout le pouvoir aux actionnaires !

Quand la gauche est arrivée au pouvoir en 1981, la transformation dont elle était porteuse a été entamée dans un contexte hostile, celui de la montée du néolibéra­lisme, et sans véritable volonté politique. Elle a été très vite interrompue par une « pause dans les réformes », puis par une politique de rigueur avec l’ouverture de la « parenthèse libérale » jamais refermée1. Les défis du capitalisme financier et les renoncements de la gauche au gouvernement dès 1982-1983 conduisent à la création en 1986 de « Socialisme et République », courant du Parti socialiste, qui se fixe toujours l’objectif de changer la gauche pour relever la France, mais en pre­nant appui sur le paradigme républicain.

Mais la participation de la France à la guerre du Golfe et la négociation du traité de Maastricht en 1991-1992 montrent les limites de l’action interne face à la dérive sociale-libérale et atlantiste : après les désaccords à partir de 1983 sur la politique économique dite « parenthèse de la rigueur », viennent la démission de Jean- Pierre Chevènement, ministre de la défense, lors de l’engagement de la France dans la guerre du golfe en 1991, et le « non » à la ratification du traité de Maas­tricht en 1992. C’est la création du MDC (Mouvement des Citoyens) en 1992-1993. L’expérience de la « gauche plurielle » née avec la surprise de la victoire de 1997 suite à la dissolution ratée, montre les apports et les limites d’une participation gouvernementale fondée sur l’équilibre implicite entre des forces politiques cen­trifuges et sans projet commun. L’appui d’une partie importante de la gauche aux thèses « communautaristes », sur l’immigration comme sur l’affaire du statut de la Corse et la dérive libérale et européiste, conduisent les républicains à reprendre leur liberté pour faire entendre leur voix et rééquilibrer la gauche.

La campagne électorale de 2002 est l’occasion, autour de Jean-Pierre Chevène­ment, de tenter à travers sa candidature une expérience politique visant au ras­semblement des républicains « des deux rives » et au rééquilibrage de la gauche sur une base républicaine. La stratégie du « Pôle républicain » est une réponse difficile à une bonne question, celle de la pertinence des clivages politiques actuels par rapport à une Europe néolibérale. Les partis de gouvernement étant d’accord sur l’essentiel, qui est l’acceptation de la construction européenne dans sa forme libérale actuelle, c’était renoncer sans le dire à la souveraineté populaire et à la démocratie : puisque « c’est l’Europe », nous n’aurions pas le choix. Mais l’effon­drement du candidat de la gauche, qui est due au détachement du vote populaire vis-à-vis de la gauche de gouvernement et la présence du Front national au second tour se traduit non pas par une remise en cause de clivages périmés et par une rénovation de la gauche, mais par une glaciation européiste. Pour avoir brisé de nombreux tabous et secoué l’équilibre politique traditionnel, le courant républi­cain que nous incarnons à gauche a payé le prix fort. Né au lendemain de 2002, le Mouvement Républicain et Citoyen a subi les représailles d’une gauche sociale libérale vaincue par elle-même et qui cherchait ailleurs les causes de sa déroute. Cette stratégie de diversion sur un bouc émissaire ayant pour but essentiel de préserver la ligne social-libérale et européiste. Seule notre ténacité a permis de franchir les nombreux obstacles qui entravaient notre chemin. Le vote « non » au référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne, dans lequel le MRC a pris toute sa part, a montré une résistance populaire qu’un déni de démocratie (la ratification du Traité de Lisbonne par la voie parlementaire) a privé de débou­ché politique.

Après le retrait de la pré-candidature de Jean-Pierre Chevènement, le MRC passe en 2007 un accord politique avec le PS dont la contrepartie est le soutien à la candidature de Ségolène Royal à l’élection présidentielle. La candidate prend des distances vis-à-vis de certaines positions classiques du PS, même si l’évolution en matière européenne et sur le statut de la BCE contenue dans notre accord est remise en cause au congrès du PSE de Porto en janvier 2007.

L’accord entre le MRC et le PS de 2012, qui se traduit par un soutien « les yeux ouverts » à la candidature de François Hollande, est le prolongement de la « can­didature pédagogique » de Jean-Pierre Chevènement annoncée le 5 novembre. Il s’agit d’une stratégie d’influence lucide : le MRC se situe dans une perspective responsable, et jamais dans une opposition « protestataire ». L’accord passé avec le PS identifie des convergences, mais aussi des points de désaccord assumés, no­tamment sur l’analyse et sur l’issue probable de la crise de l’euro et le refus de la fuite en avant post-nationale. Le MRC rappelle aussi l’importance de l’industrie– y compris nucléaire – pour la sauvegarde de nos emplois, qui passe notamment par l’indépendance énergétique. L’accord pose enfin le refus de tout ce qui est de nature à remettre en cause l’unité de la République.

Cet accord politique qui engage le PS et le MRC, constitue un curseur pour le MRC qui a pris la mesure de ses responsabilités en décidant de prendre toute sa part dans la majorité présidentielle, en conservant son autonomie politique : nos trois députés élus en juin 2012 jouissent de la liberté d’expression et de vote au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen auquel ils sont rattachés. Le MRC est une composante non alignée de la majorité présidentielle. Nous sommes alliés, pas « ralliés ». Si nous avons dit « non » au TSCG, nous voterons le budget qui com­porte une réforme fiscale inspirée par le souci de faire partager plus justement l’ef­fort nécessaire et deux priorités que nous approuvons : l’éducation et la sécurité.

 

Cet article est le 115ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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