Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 22:08

La gauche a besoin d’une refondation républicaine

 

Tous les deux ans, le congrès rythme la vie du Mouvement Républicain et Citoyen. Le prochain aura lieu à Paris les 15 et 16 décembre 2012. Voir Congrès de Paris du Mouvement Républicain et Citoyen : les textes.

Entre le 19 novembre et le 8 décembre, les adhérents sont invités à voter (et amender) les textes qui leur sont transmis par les responsables nationaux du Mouvement, notamment le projet de motion d’orientation. Voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France.

 

Ce projet de motion d’orientation est composé de plusieurs parties :

-          L’introduction (voir Mouvement Républicain et Citoyen : congrès à Paris 15-16 décembre - 15 novembre 2012).

-          Un rappel historique (voir Congrès du MRC : une ligne politique qui a commencé avec le CERES - 15 novembre 2012.

-          Le rappel des fondamentaux (le logiciel républicain). Voir Congrès 2012 : le projet de motion rappelle les fondamentaux du MRC - 16 novembre 2012. 

-          La refondation républicaine de la gauche.

-          Le développement du MRC.

 

Voici la 4ème partie, qui porte sur la situation de la gauche et le rôle du MRC.

 

LA GAUCHE A BESOIN D’UNE REFONDATION RÉPUBLICAINE

 

Nous devons mesurer la portée et les limites de l’actuelle équation politique. L’élection de François Hollande peut permettre des avancées décisives. Nous nous situons dans une perspective qui est la seule qui doit nous déterminer : faire réus­sir la France. C’est à cette aune là seule que nous devons mesurer nos soutiens et le cas échéant, nos critiques, mais toujours avec l’objectif de servir le pays.

Il y a des républicains et des libéraux (ou des différentialistes) dans toutes les fa­milles de la gauche : c’est aussi le cas au PS bien sûr, mais également au Front de gauche. Notre tâche est de nouer des liens avec tous les républicains et de faire mûrir les prises de conscience.

La gauche n’a plus de ligne directrice. Les mythes de la gauche – communiste et social-démocrate – se sont effondrés de pair. Les organisations demeurent, avec des militants et des responsables sincères mais souvent déboussolés. La gauche doit se mettre au niveau. C’est le sens de la conversion républicaine que nous lui proposons (par opposition à la conversion libérale).

La social-démocratie se débat difficilement dans une situation historique où il n’y a plus rien à distribuer, parce que les marchés financiers dictent leur loi aux États et que la croissance a disparu. Or, si elle a réfléchi à la distribution, la social-démo­cratie a insuffisamment pensé les conditions de la production et la lutte contre le capitalisme financier. Partout en Europe, elle régresse durablement. Les difficultés actuelles de la social-démocratie allemande en sont le signe. Cela ne lui interdit pas quelques victoires ponctuelles. Le parti socialiste français est par ailleurs tra­versé de courants divers, que l’exercice du pouvoir devrait permettre de dépasser en une nouvelle synthèse républicaine.

L’idéologie communiste s’est dissoute avec la chute du mur de Berlin et l’effon­drement de l’URSS. Le discours du PCF, en l’absence de débouché politique clair, est devenu largement incantatoire, se limitant à la défense, souvent louable mais essentiellement protestataire, des intérêts des « gens » qu’il oublie parfois de pré­senter comme des travailleurs. Il décline de plus en plus un discours sur les droits de l’homme oubliant ceux du citoyen, faute d’assumer aussi sa propre histoire. L’effondrement de sa base électorale est préoccupant. Son insertion en France dans le Front de gauche et son alliance municipale de fait avec le PS entrent en contradiction. Nous devons cependant maintenir un dialogue ouvert, à condition bien entendu que le parti communiste ne se dérobe pas devant le débat de fond, en cherchant à anathémiser le discours républicain.

L’écologie politique est devenue l’expression dominante des couches moyennes supérieures qui ont une activité tertiaire. Cette idéologie souvent a-républicaine et opportuniste a connu des succès relatifs aux élections régionales et européennes (scrutins peu clivants, où le taux d’abstention est de plus en plus élevé), mais ne s’est jamais vraiment affirmée comme une force politique nationale dotée de posi­tions politiques claires, sauf dans le refus viscéral de l’électricité d’origine nucléaire et, parfois de toute forme d’aménagement structuré du territoire qui dépasserait la seule conservation de la Nature idolâtrée par rapport à l’Homme dont le génie créateur est systématiquement dévalorisé.

Le trotskisme, qui s’est construit contre le communisme d’État et qui a connu quelques poussées électorales éphémères, est malade d’une vision exclusivement protestataire de l’action politique, qui n’échappe pas toujours au communauta­risme et ne se pose plus la question de la prise du pouvoir.

C’est donc à un vide idéologique que doit faire face la gauche française, alors même que la droite semble avoir définitivement rompu les amarres avec le gaullisme et que l’extrême droite essaie – hélas avec succès actuellement – de s’inscrire dans le paysage politique en profitant de la crise sur les décombres de la classe ouvrière. C’est aussi l’envers de la trahison de la plupart de ses élites politiques, médiatiques et économiques, qui ont perdu le sens de la patrie. Nous continuons de penser, avec Jaurès, que la République sociale que nous appelons de nos voeux, suppose d’organiser « les noces de la classe ouvrière et de la Nation ».

Pour réussir, la gauche doit d’abord se ressourcer dans sa meilleure tradition, qui est en France l’exigence républicaine. Nous le rappelions récemment lors de l’Uni­versité d’été de Belfort en septembre 2012 : « Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les États et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers. Actuelle est la République, face au déchaînement des intérêts particuliers et des corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens. »

Nous devons faire un bon usage de l’accord PS-MRC de 2012 qui préserve entière­ment notre identité politique. Son contenu, qui identifie nos convergences, mais aussi quelques divergences importantes, doit nous conduire à une utilisation in­telligente des termes de cet accord. Nous ne devons pas nous situer dans une opposition de gauche systématique qui chercherait à affaiblir le gouvernement. Mais il est utile de saisir toutes les occasions de mettre en évidence nos priorités politiques, que ce soit en soutenant clairement les décisions gouvernementales qui vont dans le bon sens ou en faisant entendre notre différence chaque fois que cela s’avère nécessaire pour faire avancer la conscience.

A cet égard, le vote de nos quatre parlementaires contre la ratification du TSCG et la loi organique qui inscrit ce traité dans notre droit national, s’inscrit clairement dans ce qui est présenté comme une des positions communes dans cet accord : « Le prochain traité européen est inacceptable, il provoquerait une austérité et une récession généralisée, et doit être renégocié : rachat des dettes publiques par la BCE qui doit soutenir la croissance, grand plan d’investissement financé par un emprunt européen, relance salariale, politique de change assurant un euro com­pétitif ». Mais il peut aussi se référer à l’un des points de désaccords reconnus par l’accord : « Le MRC rappelle son opposition au traité de Maastricht, propose la révision des statuts de la BCE afin que l’objectif de croissance soit intégré dans ses missions et qu’il soit mis fin à la politique de l’euro cher. De plus, la souveraineté budgétaire ne saurait en aucun cas être soustraite au contrôle des Parlements na­tionaux, et la monnaie devra être conforme à nos intérêts ».

 Il nous revient de faire un usage politique de cet accord qui permette de faire les choix que nous jugerons opportuns. La tâche du MRC est d’être la boussole républicaine de la majorité que nous voulons aider à réussir. Là est notre objectif central.

La forme politique que prendra la refondation républicaine de la gauche ne peut à ce stade pas encore être précisée. Mais si nous observons des limites sérieuses à court terme, il existe des possibilités à moyen terme, dès lors que le débat politique sera conduit sérieusement, sans opposition facile et sans approbation mécanique.

C’est par notre présence dans le débat politique à gauche que nous pourrons ai­der le plus efficacement la gauche de gouvernement à faire face aux difficultés de l’heure.

La gauche comme force de gouvernement rencontre les limites de cette seule perspective, même si elle est nécessaire : faire de la politique, c’est agir sur le réel. Nous avons choisi, en soutenant « les yeux ouverts » François Hollande, d’être dans la majorité et d’en être l’aiguillon républicain. Cela signifie que, les yeux ouverts, nous travaillons dans la majorité présidentielle, à sa réussite. Car il s’agit de la réussite et de l’avenir de la France. Nous savons que la réussite ou non du quinquennat passera par des changements que nous devons faire émerger en pesant dans le débat public.

« Donner du temps à François Hollande », comme nous l’affirmions à notre Uni­versité d’été, ne signifie pas que nous ne sommes pas conscients des choix poli­tiques décisifs auxquels le gouvernement devra procéder rapidement si les mots d’ordre de la campagne doivent avoir un sens.

A titre d’exemple, il convient que nous appuyions la proposition formulée par le candidat François Hollande consis­tant à organiser la séparation des activités bancaires. Face à la montée du risque systémique, la déconnexion des banques de dépôt et des banques d’affaires est une étape essentielle pour assainir la finance mondialisée. La responsabilité mo­nétaire, élément fondamental de l’ordre public, doit être dissociée des responsabi­lités économiques, et en particulier des activités de marché. A contrario, le projet de supervision bancaire unifiée par la BCE, elle-même soustraite à tout contrôle démocratique, ne permettra pas d’encadrer les activités spéculatives.

Notre solidité politique consiste à être conséquents avec nous-mêmes en portant l’accord politique que nous avons passé. Dans l’immédiat, le MRC doit prendre la mesure de ses responsabilités pour aider la gauche à réussir, au service de la France. Comme le général De Gaulle avait su s’adapter hier face à l’évolution du problème algérien, François Hollande est confronté à des résistances aussi puis­santes, parce qu’elles s’enracinent dans des croyances anciennes, sur la question européenne notamment. Mais les événements ne manqueront pas selon nous de fragiliser les certitudes des plus européistes.

 

Le MRC doit avoir suffisamment confiance dans ses propres analyses pour exercer son influence et peser. A plus long terme, la mobilisation de nouvelles générations de républicains sera la condi­tion essentielle pour assurer la continuité de ce combat.

 

Cet article est le 117ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans MRC national
commenter cet article

commentaires