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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 11:45

 

Remobiliser le peuple sur des objectifs d’intérêt national

 

Michel Sorin Moussardais 130414 006 TLe déclic est venu de la lecture d’une dépêche AFP reprenant les déclarations de Daniel Cohn-Bendit à Nanterre. Elles m’ont fait bondir. 

Voir AFP, 11 décembre 2014 : Thibault Malterre « 46 ans après mai 68, Daniel Cohn-Bendit obtient son doctorat à Nanterre ».

Extrait : « "L'Europe est la seule utopie qui vaille le coup aujourd'hui. Oui, l'Europe ne fonctionne pas, mais c'est quand même un rêve extraordinaire. Il faut avoir le courage d'avoir envie de quelque chose, pas seulement de dénigrer", a-t-il poursuivi.

Daniel Cohn-Bendit, qui a pris la nationalité allemande pour ne pas avoir à faire son service militaire en France, a critiqué les récentes déclarations anti-allemandes de responsables et intellectuels de gauche. "Les élans anti-Boches de Mélenchon, Chevènement, Todd doivent être dénoncés comme d'inadmissibles bêtises nationalistes", a dit Daniel Cohn-Bendit ». 

Venant après tant d’autres cas d’anciens leaders étudiants qui se sont mis, depuis, au service de l’idéologie néolibérale et du système économique capitaliste, je n’ai pu m’empêcher de réagir ainsi sur Facebook : « J'ai participé à mai 68, modestement en tant qu'étudiant, mais je n'en avais pas du tout l'idée qu'en avait Cohn-Bendit, qui osait, à Nanterre, traiter les policiers de nazis. Le leader étudiant combattait l'ordre républicain et la Nation, avec des idées libertaires, ouvrant la voie aux politiques néolibérales et au capitalisme financier ».  

Les évènements de mai-juin 1968 ont été pour moi, jeune étudiant en agronomie à Rennes, l’occasion d’une prise de conscience de la nécessité de comprendre le monde. J’ai lu beaucoup de livres et en ai déduit que je devais m’engager politiquement en tant que citoyen. A l’issue d’un séjour de 16 mois en Algérie, en tant que volontaire pour un service national actif (coopération entre la France et l’Algérie afin de former les futurs cadres agricoles algériens), je me suis intéressé, en 1972, aux travaux du CERES (Centre d’étude, de recherche et d’éducation socialiste) animé par Jean-Pierre Chevènement, ce qui m’a conduit à adhérer au Parti socialiste en 1973. 

Après avoir milité pendant près de 30 ans dans ce parti, en ayant été à deux reprises responsable départemental en Mayenne (sous Mitterrand, puis sous Hollande), ayant exercé des fonctions d’élu (maire et conseiller régional) sous sa bannière, je l’ai quitté en décembre 2001, vivant très mal ses orientations de plus en plus libérales et son éloignement croissant du peuple, les deux étant liés. J’ai voulu revenir à la base, réfléchir en tant que citoyen à des solutions politiques pour mon pays, ne croyant plus dans la capacité du PS à se régénérer.

 

J’ai soutenu la candidature de Chevènement en 2002, séduit par son Discours de Vincennes le 9 septembre 2001 (à lire sur le blog de Jean-Pierre Chevènement). Après son départ du PS, en 1993, j’ai continué à m’intéresser à ses écrits, dans République Moderne notamment.

 

C’est un véritable homme d’Etat, qui a le souci, avant tout, de l’intérêt national. Il veut prendre appui sur l’héritage républicain pour trouver des solutions adaptées à la France d’aujourd’hui.

Sa vision politique l’a amené à voir juste en 1983, quand Mitterrand a opté pour l’Europe néolibérale, à voir juste en 1992, quand le même Mitterrand a fait voter le traité de Maastricht créant la monnaie unique, aboutissement de l’Acte unique, qui est le levier de la déréglementation massive et de la libéralisation de l’économie européenne, à voir juste en 2008 quand il annoncé le « tsunami financier » qui allait plonger l’Europe dans une très grave crise économique.

Je pense qu’il voit juste quand, le 7 décembre 2014, lors du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, il annonce un tremblement de terre électoral en 2017et se place dans la perspective de préparer une alternative républicaine, qui sera la matrice de la refondation de la gauche républicaine.

 

Après le traumatisme électoral de 2002, qui fut une alerte dont les dirigeants socialistes n’ont pas su tenir compte, les citoyens français ont ouvert les yeux, à l’occasion du référendum européen le 29 mai 2005, en refusant de ratifier le traité constitutionnel européen. Prisonniers de leurs dogmes, les dirigeants politiques UMP et PS ont décidé de ne pas tenir compte du vote NON et ont fait adopter par la voie parlementaire un traité qui reprenait l’essentiel de ce qui avait été rejeté par le peuple français. Cette décision était une forme de coup d’Etat démocratique de la part d’une élite politique coupée du peuple, subissant l’influence idéologique et politique des partisans de la « construction européenne » dont elle était solidaire.

 

Alors que le 10ème anniversaire du NON aux traités européens est proche, et que la crise politique fait sentir de plus en plus ses effets, le moment est venu de l’alternative républicaine et citoyenne face à la double impuissance, néolibérale et populiste. 

 

L’alternative républicaine ne peut venir, ni de l’UMP, profondément divisée et empêtrée dans des affaires judiciaires à répétition, ni du PS, qui reste marqué par les choix économiques et monétaires de Mitterrand en 1983 et se montre incapable de fermer la « parenthèse libérale ». 

Elle viendra de la volonté des citoyens d’effacer l’affront démocratique du traité de Lisbonne ratifié par le Parlement en 2008 en piétinant le refus du peuple français de cette « construction européenne », technocratique et néolibérale. Elle viendra de la volonté de ce peuple de reconquérir sa souveraineté pour décider de son avenir.

La gauche et la droite, dans les conditions actuelles, ne peuvent - ensemble ou séparément - trouver des solutions aux problèmes posés au pays. Elles ont usurpé le beau mot de réforme. La confiance est perdue. 

C’est le moment de proposer une alternative républicaine, comme le fait Jean-Pierre Chevènement, en partant de la gauche, car « être de gauche, c’est refuser la souveraineté du capital » (Frédéric Lordon). Mais sans se limiter à la gauche, car le redressement doit être politique, économique et social, ce qui implique de mobiliser toutes les forces qui veulent y contribuer. A commencer par celles qui ont participé au refus de ratifier le traité constitutionnel européen en 2005 et ont une conception citoyenne de la République française.

 

Dans les années 1970, je me suis engagé dans un combat militant pour encadrer politiquement le capitalisme. Au début des années 2000, l’abandon par le PS de cet objectif m’a conduit à réfléchir en toute indépendance aux moyens à prendre pour servir mon pays en étant fidèle à mes idées.

Je suis déterminé à jeter toutes mes forces dans ce combat pour une Alternative républicaine et citoyenne. Une alternative au néolibéralisme, qui continue de dominer le monde et de structurer les politiques actuelles et aussi celles qui seront proposées aux Français en 2017.

Il n’y a plus de temps à perdre. Après avoir relancé un réseau de citoyens en 2014 (voir Réseau CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), qui a vocation à organiser des Rencontres CiViQ au niveau régional, je propose, en 2015, de nouer des relations avec les militants politiques conscients de la nécessité de mettre en place au niveau national cette alternative républicaine et citoyenne pour la démocratie, quelle que soit leur sympathie pour telle ou telle organisation politique.

Il y en a dans tous les partis, à commencer par le MRC, où je milite depuis 2004, mais aussi au Front de gauche, au PS, au PRG, dans diverses organisations de gauche et, sans doute, aussi à Debout la France ou ailleurs, dans quelques mouvements républicains et patriotes. Nous devons initier une démarche de rassemblement d’origine citoyenne, afin d’inciter les organisations politiques à se parler.

 

La difficulté est que deux problèmes essentiels sont à résoudre en même temps, car ils sont liés : la souveraineté du peuple français face au capital et la souveraineté de la France face à une « construction européenne » dont la légitimité n’a pas été vérifiée par le suffrage universel. 

Notre point d’appui est le NON républicain et anti-néolibéral du 29 mai 2005. Que pouvons-nous faire d’ici le 29 mai 2015 pour préparer une protestation citoyenne qui enclenchera une dynamique populaire conduisant à un changement de politique en France et en Europe ?

Je soumets cette proposition aux lectrices et lecteurs des blogs MRC 53 et CiViQ, aux amis Facebook et aux destinataires de mes courriels mensuels. Je vais transmettre ce texte aux agences et organes de presse qui sont à ma portée. Pas de temps à perdre pour se mettre en mouvement sur la base de l’Alternative républicaine au néolibéralisme.  

Michel Sorin, le 13 décembre 2014, sorinmichel@wanadoo.fr

Cet article est le 146ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

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Published by Michel SORIN - dans Gauche France
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commentaires

eva R-sistons (chantal dupille) 14/12/2014 01:00


Bonjour Michel


Oui le libéraisme libertaire de D Cohn-Bendit est à dénoncer.


Tu oublies dans cet article l'UPR et le M'PEP (souverainistes, républicains, pro le programme du CNR, etc)


Cordialement chantal dupille

eva R-sistons (chantal dupille) 14/12/2014 00:58


Bonjour Michel


Oui le libéraisme libertaire de D Cohn-Bendit est à dénoncer.


Tu oublies dans cet article l'UPR et le M'PEP (souverainistes, républicains, pro le programme du CNR, etc)


Cordialement chantal dupille