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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 21:58

Le drame, c’est que tout est lié, si un maillon lâche, tout lâche

 

La Chronique AGORA a le mérite de mettre à la disposition du public des informations sur l’évolution de la crise. Voir Bill Bonner : l'économie mondiale vers le dernier acte de la tragédie - 22 mai 2011. A compléter par Les programmes de relance : le vrai drame de l’économie (4 juin).

 

Pour sa part, Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre Internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises.

 

Voici ce qu’elle voit à l’horizon : Les marchés voient rouge. La pression monte

 

Côté Grèce : nous sommes dans une impasse dangereuse

Je résume la situation grecque : un ratio dette/PIB de 144%, un déficit budgétaire de 11% en 2010, une fraude fiscale généralisée et un euro qui plombe mortellement l'économie déjà moribonde. Moody's tire à nouveau la sonnette d'alarme et dégrade de trois crans (encore !) la note de crédit du pays : "il y a un risque réel que la Grèce ne rembourse pas sa dette", nous dit Moody's. D'ailleurs, le FMI en est le premier convaincu. Voilà pourquoi il est si peu enclin à prêter à la petite fourmi... De toute façon, remettre 50 à 60 milliards dans le tonneau des Danaïdes grec ne fera que reporter le problème dans le temps. Car la dette grecque gonfle de 30 milliards par an...

Il n'y a probablement que deux solutions à moyen terme

Soit le pays sort de l'euro : "vive la drachme" ! Soit il y a restructuration. Elle me paraît inévitable. Les investisseurs privés devront "encaisser" la perte, à hauteur de 50% de leurs créances environ. Les banques européennes, dont les bilans truffés de dettes grecques, refusent de voir la réalité en face. Et pour cause ! Imaginez un instant l'impact des provisions qu'il faudrait alors passer, sur les bilans des banques et leurs ratios prudentiels. Déjà que les banques sont sous-capitalisées !

Et que penser des CDS ?

"Vous savez, ces produits dérivés disséminés dans les banques et censés assurer contre une défaillance. 300 milliards d'euros de dette obligataire grecque sont ainsi assurés, pour 5,3 milliards de CDS", nous dit Simone Wapler dans l'Investisseur Or & Matières. "Restructurer la dette, c'est déclencher les CDS. Or les émetteurs (les banques) n'ont absolument pas les moyens de les payer aux créanciers s'ils font jouer leur assurance". En clair et sans décodeur : le CDS est un risque systémique.

 

Pendant ce temps... Coup de tonnerre en Irlande !

"L'Irlande veut imposer une restructuration hard", poursuit Simone Wapler. "Trois grandes banques irlandaises ont pris les devants mercredi : elles veulent rembourser aujourd'hui 10% à 20% de leurs dettes à leurs créanciers (nous parlons des dettes subordonnées, soit quelque trois milliards d'euros). Un point c'est tout. La Banque centrale irlandaise soutient cette proposition, tout comme le gouvernement et toute la population. Bien sûr, les banques ne peuvent pas imposer unilatéralement une restructuration aussi violente à leurs créanciers, qui perdraient immédiatement 80% à 90% de leur mise. Mais le gouvernement a été très clair : il veut épauler ses banques et imposera cette décision par tous les moyens. Les Irlandais ne veulent pas supporter la responsabilité des erreurs des financiers. C'est à eux "d'encaisser". Un message clair, qui en dit long.

 

Les Etats-Unis vont-ils perdre leur triple A ?

Ralentissement économique, créations d'emplois qui s'essoufflent, chiffres de l'immobilier qui repartent à la baisse, confiance des consommateurs qui se cherche, coup de frein sur l'activité manufacturière et net repli des ventes automobiles, inflation en hausse avec un prix de l'essence à la pompe franchement déprimant pour ce pays qui n'est pas habitué à payer cher l'essence... Autant de signes inquiétants, annonciateurs d'un ralentissement du rythme de la croissance américaine. Ce qui est d'autant plus ennuyeux que la perfusion au QE2 s'arrête dans 15 jours. Et voilà que Moody's crie haut et fort que les Etats-Unis pourraient perdre leur triple A s'ils ne trouvent pas rapidement une issue à l'impasse budgétaire dans laquelle ils sont coincés...

 

Où sont-elles, ces dettes souveraines ? (On ne badine pas avec l'euro, 23 mai)

▪ Au bilan des Etats, qu'elles étouffent lentement mais sûrement. Etats qui s'en sortent en faisant de la cavalerie. Mais gare à la hausse des taux !

▪ Au bilan de la Banque centrale, qui détient une part importante de la dette grecque. A tel point que si la Grèce devait restructurer sa dette, les fonds propres de la BCE deviendraient insuffisants. Elle serait alors en faillite virtuelle ! Voilà pourquoi la BCE s'oppose avec fermeté à toute restructuration ou "profilage" de la dette grecque. Sa crédibilité est en jeu.

▪ Aux bilans des banques commerciales et des assureurs qui détiennent un véritable "camaieu" de dettes souveraines. Un cocktail explosif à base d'emprunts grec, espagnol, irlandais, portugais, français... et allemand. Tout y est. Y compris les CDS qui garantissent la dette grecque aux autres ! (…)

Si l'un des maillons de la chaîne lâche... tout lâche.

 

Le soufflé souverain gonfle...

▪ La Grèce vient d'être dégradée de trois points supplémentaires (vous me direz qu'au stade où elle en est, on ne compte plus !)

▪ L'Italie a été mise à son tour sous surveillance négative (ça, c'est nouveau. Et les prochains sur la liste : c'est nous...)

▪ Le parti politique au pouvoir en Espagne a encaissé hier une défaite historique aux municipales, preuve du ras-le-bol de la population. Quant aux grandes banques espagnoles, elles tremblent devant les quelque 25 milliards de dettes pourris qui croupissent dans les placards des banques régionales exsangues, et qui pourraient leur exploser à la figure.

▪ Groupama et Crédit Agricole ont été dégradées. La dette souveraine rattrape les banques... car plus elle se déprécie, plus il faut provisionner... et avoir un capital important pour être en conformité avec les ratios bancaires.

▪ La Commerzbank est en avance d'une étape, elle veut se recapitaliser à hauteur de 11 milliards. Un montant absolument astronomique ! Attendez-vous à ce que ce soit bientôt la queue au portillon des marchés pour ce type d'opération.

Tout est entremêlé, entrecroisé, imbriqué. C'est bien ça le drame...

 

L'étau se resserre sur l'Europe

Les Etats sont rattrapés par leurs dettes, les uns après les autres. Banquiers (et assureurs) tremblent devant les dettes souveraines qu'ils hébergent, et sont tétanisés par les CDS qu'ils ont émis : car ils devront rembourser la dette grecque aux assurés si les CDS sont activés. Vous imaginez un instant ce que cela veut dire ? Aucune banque n'a les reins assez solides pour cela. Ce serait synonyme d'éradication immédiate de la banque en question (…).  

 

Cet article est le 103ème  paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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