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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 22:47

Un changement de cap radical s’impose en agriculture

 

Pisani ne me laisse pas indifférent. Cet homme, au parcours exceptionnel, est resté, à 91 ans, en recherche permanente de solution à la question essentielle de l’alimentation du monde.

 

Edgard Pisani reste un « révolté », fier de l’être. Son livre Vive la révolte, publié au Seuil en 2007, est un plaidoyer pour une France qui refuse la décadence. Lire La révolte salutaire d'Edgard Pisani.

 

Pour ma part, un autre livre a retenu toute mon attention. C’est Edgard PISANI, Un vieil homme et la terre. J’en ai fait un résumé en 2005 quand j’ai réfléchi à la PAC.

                    Voir Michel Sorin (MRC agriculture, 2006) : la PAC doit être refondée (3) - 9 octobre 2008.

                   Michel Sorin (MRC agriculture, 2006) : la PAC doit être refondée (4) - 9 octobre 2008


Le site Mediapart
a publié le 3 novembre 2009 un excellent article signé
dominique gautier. En voici le titre et le début (cliquer sur le titre pour retrouver l’ensemble de l’article).

 

"Quelle agriculture pour l'alimentation du monde?" La vision d'Edgard Pisani

 

La récente crise du lait, les problèmes liés au revenu des agriculteurs ont remis le problème agricole à la une de l'actualité. Quelle est la vision d'Edgard Pisani, ancien ministre de l'agriculture, un des ministres les plus remarqués de la Vème république, pour faire face à la crise alimentaire mondiale ?

 

Edgard Pisani est intervenu samedi 24 octobre au Château du Tertre, ancienne résidence de Roger Martin du Gard, écrivain et prix Nobel de littérature, pour donner une conférence programmée depuis plusieurs mois. Nous sommes en Basse Normandie, au cœur d'une région rurale.  La salle est pleine : quelques élus, les habitués des Amis du Tertre, des citadins et bien sûr de nombreux agriculteurs.

 

L'homme est passionné. L'œil vif et malicieux. Il ne manque pas une occasion d'intervenir avec humour. Avec Edgard Pisani, on est loin de la langue de bois. Voici un bref résumé de son intervention qui fut suivie de nombreuses questions des participants auxquelles il répondit en parcourant la salle pour plus de proximité  avec ses interlocuteurs.

 

Ministre de l'agriculture de 1961 à 1966 (période au cours de laquelle il réforma  l'enseignement professionnel agricole), Commissaire Européen pendant 4 ans à partir de 1981, il visita alors tous les pays africains à l'exception de l'Afrique du Sud. Il ne cessa jamais de s'intéresser à l'évolution de l'agriculture et de s'appuyer sur les contributions de nombreux spécialistes.

La faim dans le monde et le problème spécifique du continent africain sont au cœur de ses préoccupations : « Ce continent africain  très maltraité par la colonisation qui a dépouillé les indigènes de toute responsabilité et en y installant de surcroît des despotes dont il est bien difficile de se débarrasser. (10 % des chefs d'états que j'ai rencontré avait la mentalité d'un chef d'état indépendant ».

 

Edgard Pïsani rappelle les défis à relever pour tenter de vaincre un des graves fléaux de notre monde moderne : la crise alimentaire mondiale, la faim qui tue plus que les conflits armés précise-t-il.

 

Plus de 6 milliards d'hommes sur terre  (bientôt 9 milliards) dont un milliard qui ne mange pas à leur faim avec plus de 100 000 qui en meurent chaque année.

 

L'eau, dont l'agriculture est grande consommatrice, va manquer comme les énergies fossiles, les hommes désertent le travail de la terre.

 

Nous dévorons à belles dents les terres cultivables. (Le grand Paris dans sa conception actuelle va étendre l'urbanisation de Paris jusqu'au  Havre, le Brésil détruit 200 000 d'hectares de forêt pour se consacrer à la production d'agro-carburants supprimant un des poumons de la planète, les pays tels que la chine ou la Corée louent en Afrique des milliers d'hectares pour 99 ans, ôtant à ce continent les moyens de pouvoir à son alimentation).

 

La Chine aura de plus en plus besoin d'une alimentation carnée. Les besoins alimentaires vont doubler. Il rassure les agriculteurs sur l'avenir de leur profession à laquelle certains ne croient plus. L'augmentation de la population mondiale va accroître les besoins d'une agriculture dont la vocation est de nourrir l'humanité à condition que s'amorce une politique responsable au niveau mondial (…).

 

L’avenir agricole, hebdomadaire régional d’informations générales agricoles et rurales, dont le siège est à Laval, et qui couvre les départements de la Mayenne, de la Sarthe, du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique, publie cette semaine (n° daté du 20 novembre) un entretien avec Edgard Pisani, ancien ministre de l’agriculture (propos recueillis par Christophe Zapata).

 

Une nouvelle politique alimentaire européenne est vitale

 

L’état de crise permanente dans lequel sont entrés l’Europe et le monde, avec son cortège de chaos économiques et sociaux, d’inégalités saillantes et de désarrois humains, est le symptôme cruel d’un effondrement du politique dans l’ornière des incantations et du laisser-faire…

Une partie considérable de la population mondiale a faim (un humain sur six, indique la FAO).

 

L’Europe, quant à elle, n’a plus de projet. Déconnectée des besoins des citoyens et des défis qu’il faut aujourd’hui relever, elle est devenue pour les agriculteurs d’ici et d’ailleurs, illisible et insensée.

 

Changement radical

 

Il n’est plus temps de réformer. Il faut opérer un changement de cap radical. C’est à partir des attentes et des besoins des populations en Europe et dans le monde que les agriculteurs pourront retrouver un sens et une légitimité à leur travail.

 

Il est vital d’inventer une nouvelle politique alimentaire européenne.

Mais une politique qui renforce la capacité de chaque territoire à se nourrir et qui permette à la diversité des agricultures des 27 pays membres de se développer. Une politique qui relève les défis écologiques de ce XXIème siècle et qui se donne les moyens de stabiliser le prix des matières premières agricoles.

 

Concrètement, cela doit se traduire par le financement d’un stock stratégique de céréales pour empêcher cette spéculation indécente sur les marchés internationaux et ses conséquences terribles pour de nombreuses régions du monde.

 

Les aides aux territoires ruraux et à l’agriculture pourraient être alors redéfinies afin de revaloriser le travail, les emplois et les modèles de production agricole.

 

Pour cela, j’appelle à la mobilisation des savoirs, des techniques et de la formation pour favoriser de nouveaux modèles de production qui sachent préserver les ressources tout en restant productifs.

 

Il s’agit d’inventer un nouveau pacte entre citoyens et acteurs du monde agricole et alimentaire. Mais seules des politiques publiques assumant pleinement leurs responsabilités pourront le concrétiser et le pérenniser.

 

Cet article est le 147ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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