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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 23:42

Les retraites réelles seront-elles au niveau prévu ?

 

Les Publications Agora communiquent des informations gratuitement. J’ai retenu, le 30 juillet, deux articles qui concernent l’avenir du financement des retraites.

 

-          D’abord, aux USA, la faillite de la Ville de Detroit amène à poser la question du financement des retraites de la fonction publique dans ce pays.

Voir La faillite de la ville de Détroit aux États-Unis : triomphe et déclin (Les Echos, Sylvain Fontan, 31 juillet 2013). Berceau de l'automobile, Détroit est maintenant la plus grande ville des États-Unis à s'être déclarée en banqueroute. La chute de la population, le déclin de l'industrie automobile, la mauvaise gestion financière de la ville et l'érosion de la base fiscale (moins d'activités à taxer) depuis un demi-siècle ont débouché sur une dette cumulée de 18,5 milliards de dollars, soit environ 14 milliards d'euros.

(…) La dette de Détroit est détenue par un grand nombre de créanciers. En effet, près de 100 000 créanciers détiennent de la dette de cette ville. Parmi eux, un grand nombre sont de simples citoyens (de façon individuelle ou au travers des fonds de pension) qui envisageaient le placement dans les obligations émises par cette ville comme un placement sûr, leur permettant d'envisager la retraite de façon sereine. Si d'aventure, les dettes devaient ne pas être remboursées, ce serait un nombre important de personnes qui perdraient tout ou partie de leurs économies. À cela, il convient d'ajouter les retraités de la fonction publique municipale de Détroit dont les pensions de retraite ne sont plus assurées d'être versées, faisant alors courir un risque dit de "second tour" (dont il n'est pas pour le moment directement question, mais dont la probabilité de réalisation serait élevée le cas échéant). Dès lors, il apparaît qu'un problème de finances locales pourrait se transformer en problème financier national.

 

Voir aussi De la Chine aux Etats-Unis, le problème des retraites est aigu (Philippe Béchade, La Chronique Agora, 30 juillet 2013).

 

 -          Le vieillissement de la population, un défi en Chine… et ailleurs
Cela commence par exemple par l’octroi d’une retraite pour des centaines de millions de Chinois qui vont cesser leur activité d’ici 2023. Le vieillissement de la population constitue un défi majeur… si en plus les anciens sombrent dans la pauvreté, le pays pourrait rentrer irrémédiablement en récession comme ce fut le cas au Japon il y a 25 ans.

 

Le même fléau menace les Etats-Unis. Lorsque les médias évoquent la faillite de Detroit ou la crise financière qui frappe des métropoles comme Chicago, Baltimore ou Los Angeles, ils ne décrivent que la partie émergée de l’iceberg de la crise des retraites qui va secouer les Etats-Unis d’ici 20 ans. A l’heure actuelle, plus de 10 000 baby-boomers atteignent l’âge de 65 ans chaque jour — et cela va continuer à se produire quotidiennement au cours des 20 prochaines années. Le nombre de personnes âgées (65 ans et plus) devrait plus que doubler d’ici 2050 aux Etats-Unis. Ce qui se passe à Detroit (plus assez d’actifs pour financer les pensionnés d’une commune, d’une grande ville, d’un état) est l’exemple précurseur de ce qui va bientôt se produire partout dans le pays — où la “sous-capitalisation des retraites” est la règle (une formule polie pour désigner le défaut pur et simple de financement). Si Detroit n’est pas renfloué, les ex-fonctionnaires de cette municipalité ne vont obtenir que 10 cents environ pour chaque dollar qu’ils ont épargné.

 

Des chiffres à donner le vertige
Un professeur d’université du nom de John Rauh a calculé que le montant total de l’épargne par capitalisation et des dépenses de santé pour les seuls fonctionnaires retraités que l’Etat et les collectivités locales ont accumulé s’élève à 4 400 milliards de dollars. En rajoutant la Sécurité sociale et Medicare pour l’ensemble du secteur public et privé, le gouvernement américain est confronté à un total de 222 milliers de milliards de dollars de dettes non-provisionnées.

Ce chiffre - qui représente quatre fois le PIB planétaire annuel - vous apparaît extravagant ? Il suffit de savoir que le nombre d’Américains percevant des prestations de la Sécurité sociale devrait croître de près de 56 millions aujourd’hui à 93 millions en 2035, soit +66%. Faites-les bénéficier des mêmes montants que ceux versés actuellement aux nouveaux retraités en projetant sur les 15 prochaines années l’envol des coûts de prise en charge des personne âgées ces 15 dernières années… et le déficit de financement donne immédiatement le vertige.

“Heureusement”, l’Etat américain n’a pas le monopole de l’imprévoyance. En effet, 26% de tous les Américains de la tranche d’âge allant de 46 à 64 ans n’ont pas d’épargne personnelle. Un total de 46% des travailleurs américains ont moins de 10 000 $ d’épargne retraite. Pas moins de 60% déclarent que le total de leurs économies et investissements est inférieur à 25 000 $. Enfin, ils sont 75% à détenir moins de 40 000 $ de patrimoine financier (dont les actions représentent moins de 50% en moyenne).

Comme nous le rappelons régulièrement, est-ce que ces 75% d’épargnants sous la barre des 40 000 $ (il s’agit d’une référence majeure puisque ce montant correspond à un salaire moyen aux Etats-Unis) se sentent suffisamment enrichis par une hausse de 18% de Wall Street cette année pour envisager un gros achat d’ici fin 2013… puis se mettre à dépenser à qui mieux-mieux au cours des prochaines années ?

Que se passera-t-il si les retraites légales (hors effort d’épargne personnel) sont inférieures de 50% au montant que les allocataires avaient prévu de toucher (et non pas -90% comme dans le cas extrême de Detroit) ? Non, la question est mal posée : que vont-ils faire sachant que les retraites d’ici 10 ans maximum seront au mieux égales à 50% du montant prévu ?

 

-          Ensuite, en France, il existe une catégorie de dettes publiques, qualifiées d’incertaines et classées hors bilan, parmi lesquelles les engagements de  l’Etat pour les retraites des fonctionnaires.

 

Voir Dette publique : et si les retraites n'étaient pas payées en France ... (Isabelle Mouilleseaux, Chronique Agora, 30 juillet 2013)

 

C'est actuellement la question que se posent les 20 000 anciens employés du service public de la ville de Detroit qui vient de se déclarer en faillite. Ils craignent de voir leurs pensions amputées, et ils ont raison. L'expert mandaté par l'Etat du Michigan pour gérer le délicat cas de Detroit vient d'ores et déjà d'annoncer que les retraites devront être réduites tôt ou tard.

Ceci pourrait-il nous arriver en France ? Chose promise est-elle chose due ? Ou une promesse n'est-elle finalement que du vent, le vent pouvant tourner ? Pour ma part, et surtout venant de l'Etat, je préfère "un tiens à deux tu l'auras".

 

Ce que l'on crée réellement et ce que l'on promet : état des lieux
- 2 040 milliards d'euros, c'est la "richesse" créée chaque année par la France.
Je me permets de mettre des guillemets, car curieusement, les dépenses publiques de l'Etat (57% du PIB) entrent dans le calcul du PIB, ce qui m'a toujours paru être une aberration. En effet, une dépense n'est pas une création de richesse puisque sa contrepartie (sa source) est la ponction fiscale ou le recours à l'endettement (la dette publique). Seul ce qui est
effectivement créé et produit est source de vraie richesse. Principal pourvoyeur : les entreprises (43% du PIB seulement). 1 900 milliards d'euros. Ca, c'est ce que nous devons collectivement. C'est le montant de notre dette publique accumulée depuis 40 ans. 92% du PIB et plus du double de la création de richesse vraie, réelle, celle des entreprises. Cette dette croit au rythme de 320 millions d'euros par jour ; la charge de la dette pèse pour 46 milliards dans notre budget. 46 milliards d'euros... c'est plus que les recettes fiscales annuelles collectées au titre de l'impôt sur les sociétés... (…)-

Ajoutons à ces 1 900 milliards quelque 3 090 milliards d'euros supplémentaires. A ce stade, le compteur taquine tout de même les 5 000 milliards... Soit 245% du PIB, quasiment six fois la vraie richesse annuelle créée par nos entreprises. On ne joue plus en catégorie poids plumes...

3 000 milliards d'euros de dette supplémentaire : de quoi parle-t-on ?
Du
très discret hors bilan. Vous savez, ces dettes qu'on ne comptabilise pas dans le bilan parce que qualifiées d'"incertaines"... On y trouve notamment les garanties données par la France au MES pour "sauver l'euro" (187 milliards d'euros), ou encore les engagements de retraite de l'Etat au titre des fonctionnaires (1 679 milliards).

Ce qui est frappant, c'est la trajectoire de cette dette : elle a doublé en cinq ans, et triplé depuis 2005 (le rapport Pébereau chiffrait il y a huit ans les engagements hors bilan à 1 000 milliards d'euros). Curieusement, il n'existe aucune règle internationale (ni européenne) pour définir ce qui relève du bilan et du hors-bilan. Ainsi, les Anglo-Saxons mettent les engagements de retraite des fonctionnaires dans le bilan (ils sont compris dans la dette), contrairement à nous.

 

Il sera intéressant de voir ce qui va se passer avec les retraites des fonctionnaires de la ville de Detroit, soi-disant garanties par la Constitution de l'état du Michigan. Seront-elles effectivement payées ? Ou les fonctionnaires verront-ils leur retraite partir partiellement en fumée comme ce fut le cas pour les ex-salariés de General Motors en 2008 ? En attendant, votre perspicacité vous pousse à vous demander pourquoi les retraites futures à payer aux fonctionnaires sont cataloguées "incertaines" puisque classées en hors-bilan...

 

Se pourrait-il que l'Etat ne verse pas les retraites promises ?
Il semblerait que ce soit possible. En effet, ces engagements ne sont pas contractuels ; et encore moins garantis par la Constitution. Ce droit à la retraite est purement statutaire et ce statut peut évoluer à tout moment. Une "simple" réforme du statut de la fonction publique permettrait ainsi de revoir à la baisse, ou à la hausse tout l'édifice.

 

Rappel : Conférence sociale : les réactions prudentes des syndicats de salariés - 22 juin 2013 et Retraite en France - Wikipédia

 

Cet article est le 50ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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Published by Michel SORIN - dans Les retraites
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