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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:05

Mittal à portée d’une nationalisation… s’il fait du Mittal

 

Bien au-delà de son poids réel (650 salariés sur les 20 000 d'ArcelorMittal en France), le site lorrain de Florange est devenu le symbole de la désindustrialisation française - 750 000 emplois perdus depuis dix ans. Ce dossier est un symbole à fort enjeu politique pour le président François Hollande. C'est à Florange qu'il s'était engagé pendant la campagne présidentielle à faire voter une loi pour contraindre les groupes qui ferment des usines à les céder à un repreneur.

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a choisi de négocier avec le propriétaire afin d’obtenir un compromis, qui n’est peut-être qu’une solution d’attente, évitant un plan social mais ne correspondant pas aux propositions du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

 

Voir Ayrault : "Il n'y aura pas de plan social à Florange" (Le Monde, 30 nov. 2012).

 

Le ton était monté ces derniers jours entre ArcelorMittal, qui souhaitait fermer une partie du site, et le gouvernement socialiste, qui menaçait de le nationaliser. "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce d'aujourd'hui. Si [M. Mittal] se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole, il y a des moyens de pression", a-t-on déclaré dans l'entourage du chef de l'Etat. "On garde le revolver sur la table", a même déclaré un conseiller de l'Elysée.

 

Le gouvernement s'est engagé à utiliser "tous les moyens nécessaires en cas de non-respect de l'accord" par ArcelorMittal. Mais Matignon a dit avoir "écarté la nationalisation transitoire" au regard des "engagements inconditionnels" d'ArcelorMittal. Le premier ministre a jugé que cette solution n'était pas efficace "face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité", comme c'est le cas pour les hauts-fourneaux de Florange. 

 

L'accord prévoit que "les activités du site liées à la filière froide, et notamment l'emballage, seront pérennisées et renforcées par un programme d'investissements industriels. Cela permettra de sécuriser les salariés qui travaillent dans ces activités", a détaillé M. Ayrault. Il n'y aura toutefois pas de "redémarrage des hauts-fourneaux à court terme", ce "en raison de la faible activité actuelle en Europe".

 

En revanche, ArcelorMittal s'engage à "maintenir les hauts-fourneaux" de Florange en l'état, dans l'attente de la réalisation du projet de captage et de stockage de CO2 Ulcos, dans lequel l'Etat pourrait augmenter sa participation et qui doit recevoir l'accord pour des financements européens dans les prochaines semaines. Il n'y a cependant pas de garantie à ce stade que Florange accueille ce projet industriel.

 

Voir aussi Florange : les annonces de Jean-Marc Ayrault (l’Humanité, 1er déc. 2012).

 

Le MRC était favorable à une prise de contrôle temporaire par l’Etat

 

Florange: si Mittal ne prend pas ses responsabilités, ce sera à l'État de le faire

Communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne, 28 novembre 2012

 

François Hollande recevait hier soir à l’Élysée Lakshmi Mittal, PDG d'ArcelorMittal pour évoquer l'avenir de Florange. Le Président de la République a demandé la poursuite des discussions entre l'Etat et l'entreprise jusqu'à samedi.
Si la porte ne doit pas être fermée à la négociation, un discours de fermeté s'impose.
Le comportement d'obstruction d'ArcelorMittal à la reprise du site de Florange est proprement inacceptable et met en péril le tissu industriel d'une région clé pour notre pays.

Arnaud Montebourg a eu raison d'évoquer l'hypothèse d'une « prise de contrôle public temporaire » : si le groupe Mittal ne prend pas ses responsabilités, ce sera à l’État de le faire au nom de la préservation des intérêts nationaux en matière économique.
A la politique financière à courte-vue du groupe Mittal, il faut opposer l'impératif de sauvegarde de nos emplois et de notre base industrielle

 

Gouvernement et Mittal: l’État peut (Jean-Luc Laurent, 1er déc. 2012)

 

Le Premier ministre a annoncé le résultat de la négociation entre l'Etat et l'entreprise Arcelor-Mittal: 150 millions d'investissements, pas de plan social et un projet de conversion des hauts-fourneaux sous pilotage public
Les salariés et leurs syndicats restent très prudents, et ont raison de l'être, face à une entreprise déloyale et des pouvoirs publics qui n'ont pas été à la hauteur dans le passé.
Une discussion doit être rapidement ouverte avec les représentants syndicaux des salariés sur les résultats de cette négociation.
Avec l'action de Jean-Marc Ayrault, d’Arnaud Montebourg et l'intervention du Président de la République cette semaine, la gauche a prouvé que l'Etat pouvait, à condition de le vouloir. La fermeté paie et permet de défendre un bassin d'emploi, une région industrielle et l'intérêt national.
Puisque la nationalisation, que le MRC a soutenu, est écartée en raison des engagements pris pour Florange et des garanties pour les autres sites (Dunkerque et Fos), l'Etat doit conserver la possibilité de nationaliser si ces engagements devaient connaître le sort de ceux pris par le passé pour le site de Gandrange.

 

Des commentaires très divers (de l’approbation complète à la critique la plus vive).

 

La lettre de Jaurès (PS, Gauchy, Aisne, 1er déc. 2012) approuve : Florange : Mittal capitule et échappe à la nationalisation

 

Benjamin Coriat, économiste atterré : « Mittal s’en est bien tiré » (Rue89, Le Grand Entretien, Renée Greusard, 1er déc. 2012).

Florange : la CFDT accuse le gouvernement d'avoir menti (Le Figaro, 1er déc. 2012)

FLORANGE: la trahison du “socialisme” compassionnel (Jacques Sapir, 1er déc. 2012)

 

Les déclarations du Premier ministre interprétées comme un désaveu du ministre du redressement productif

Jean-Marc Ayrault s’est-il mal conduit à l’égard du ministre Arnaud Montebourg ? En rejetant sa proposition de nationalisation, il a, en même temps, jeté la suspicion sur sa compétence.

Voir La « Montebourde » de Jean-Marc Ayrault (Marianne, Nicolas Domenach, 2 déc. 2012)

Florange : Montebourg ne décolère pas contre Ayrault (Rue89, Pascal Riché, 1er déc. 2012)

Florange : un désaveu pour Arnaud Montebourg ? (Le Monde, 1er déc. 2012).

Florange : Montebourg restera à son "poste de combat" (Le Monde, 1er déc. 2012)

Invité au journal télévisé de TF1, samedi soir, le ministre du redressement productif a exclu de démissionner du gouvernement, assurant qu'il resterait à son "poste de travail et de combat". "Si ça avait été une question personnelle, oui, j'aurai songé sérieusement [à démissionner]. Mais c'est un combat pour la France et pour la reconstruction de notre industrie. De ce fait, la question devient indécente", a-t-il martelé. Le ministre a indiqué que la nationalisation de Florange, écartée par le gouvernement dans son bras de fer avec ArcelorMittal, était toujours possible si Lakshmi Mittal ne tenait pas ses engagements (…).

 

Un compromis qui ne règle rien ?

Dans cette affaire, la démarche volontariste de Montebourg, approuvée par les syndicats et une majorité de Français, s’est heurtée aux réticences d’une haute administration de l’économie et des finances, formatée par 30 ans de néolibéralisme, qui a trouvé des appuis auprès du ministre Moscovici, lui-même très sensible aux arguments des chefs d’entreprise.

Jean-Marc Ayrault, qui ne partage pas non plus les conceptions de Montebourg, a dérapé dans sa communication. Le président de la République a rattrapé le coup en recevant Arnaud Montebourg, mais il sait que le gouvernement sera bien content de prendre appui sur les propositions du MRP (ministre du redressement productif) quand il faudra se rendre à l’évidence : Mittal n’a accepté cette solution que pour gagner du temps… et de l’argent.

La situation de l’emploi se dégrade. De vraies solutions novatrices devront être trouvées. Il n’est pas dit que les arbitrages du Premier ministre seront toujours en faveur du ministre de l’économie et de finances. Si c’était le cas, nous serions à la veille d’un changement de Premier ministre… Car les pressions seront de plus en plus fortes pour sortir du conformisme néolibéral. Et François Hollande devra prendre ses responsabilités. Heureusement pour lui et les Français, le contexte est différent de celui de 1983. Nous étions au début de la financiarisation de l’économie. Trente ans plus tard, il s’agit de remettre la finance à sa place et de relancer l’économie. C’est le retour du politique au pouvoir.

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
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