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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:16

Un leader naturel doté d’un bel esprit de synthèse

 

Henri Baron a marqué les esprits quand il était le seul président de chambre d’Agriculture départementale en opposition au syndicalisme majoritaire (FNSEA). En Loire-Atlantique, il a été un leader naturel, aimant le travail en équipe, respectant ses interlocuteurs, y compris ceux qui ne partageaient pas ses idées.

Je l’ai mieux connu au conseil régional des Pays de la Loire, entre 1998 et 2004. Nous étions dans la minorité avec Jacques Auxiette* face à la majorité de François Fillon. Dans le groupe socialiste, Henri Baron était celui qui était le plus écouté dans l’ensemble de l’hémicycle, ses compétences agricoles étant reconnues, et il savait proposer et discuter des amendements qui finissaient par être adoptés à l’unanimité. Homme de compromis, profondément réformiste, il faisait passer ses idées de bon sens et d’intérêt général.

* Voir la Réaction de Jacques Auxiette (site des Alpes mancelles, 30 octobre 2013).

 

Malassis-Montpellier-06-08-017-T.jpgEn juin 2008, membres de la délégation des « Amis de Louis Malassis », nous avions fait le déplacement à Montpellier. Voir Louis Malassis : cérémonie à Agropolis Montpellier le 12 juin - 11 juin 2008. 

 

 A Montpellier, après la cérémonie. A gauche : Médard Lebot et Joseph Guenanten. Au milieu : Jean-Claude Lebossé. A droite : Henri Baron et Régis Hovelaque.

 

Auparavant, à Rennes, les Amis de Louis Malassis avaient organisé un colloque, dans lequel Henri Baron était intervenu pour faire la synthèse des interventions de la matinée. Voir Colloque des Amis de Louis Malassis : une matinée riche résumée par Henri Baron - 30 décembre 2007. Extrait. 

 

L’objectif, lié au thème du colloque, était ambitieux : les défis de l’agriculture au 21ème siècle. Ce colloque, qui a eu lieu le 27 novembre 2007 à l’Agrocampus de Rennes, a été magistralement introduit par un exposé de Bruno Parmentier (voir, sur ce blog, l’article paru le 17 décembre dernier).

Puis la matinée a continué avec d’autres intervenants (table ronde) et un débat auquel ont participé une dizaine de personnes, parmi les 300 présentes, avant l’exercice difficile de synthèse et de conclusion, dont s’est chargé Henri Baron avec beaucoup de talent.  

 

Henri Baron, avec humour et maîtrise, résume les interventions de la matinée

Henri Baron (agriculteur retraité, ancien responsable professionnel de Loire-Atlantique) est chargé de conclure la matinée. Il a constaté que l’intervention de Bruno Parmentier avait marqué cette matinée par le style professoral d’une part, mais aussi par le contenu qui n’a pas manqué d’interpeller chaque auditeur.

Le point fort, c’est que, dorénavant, il faudra produire plus avec moins. Depuis 50 ans, on a fait avec plus. L’orateur a bien décrit la gifle du Brésil, la réalité de l’Afrique, les cours en dents de scie, ce qui complique les projets des jeunes.

Il faudra multiplier la production par deux d’ici 2050, globalement au niveau mondial (ce n’est pas un message pour chacun), ce qui est ambitieux. Il faut savoir anticiper. Les agrocarburants (ou phytocarburants) sont-ils une bonne anticipation ? Il faudra choisir, entre l’alimentation et le réservoir.

Le problème de la maîtrise du vivant implique une capacité d’inventivité, une recherche publique et démocratique.

Lors de la table ronde, il a été dit : le politique doit décider de nourrir le monde. Jusqu’à présent, le message était qu’il faut faire des profits. Les agriculteurs doivent nourrir les hommes. C’est un défi. Derrière, il y a la notion d’agriculture responsable, plurielle, solidaire, équitable.

Colette Balland a souligné que sa Région Poitou-Charentes se préoccupe, au quotidien, d’une politique agricole pour nourrir le monde, qui soit adaptée aux conditions régionales.

Manadi Koumaré, le Malien, a rappelé que la guerre alimentaire est déclenchée depuis longtemps par les USA, à travers la prise des marchés. Il a bien précisé qu’il n’était pas ici pour se lamenter, mais on a le droit de s’interroger.

 

Daniel Rey, le Chilien, a évoqué l’importance de l’eau, dont son pays dispose en quantité. L’eau, c’est la vie (l’image de la plante qui transpire). Tout ce qui l’agresse dans sa qualité et qui la gaspille est un crime contre l’humanité. Les OGM ? Pas tout pour, pas tout contre…

 

En conclusion, ce fut une matinée riche. Continuez le débat autour de vous. Ce sont les citoyens qui font avancer les problèmes de la société. Il faut sensibiliser tous ceux qui ont des responsabilités. Louis Malassis* l’a dit : « Ce sont les militants qui changent le monde ». Ce colloque est une semence (non OGM…) et les jeunes sont le terroir.

 

Mais l’évènement le plus important a été la publication de son livre, « Henri Baron, paysan citoyen » (Editions Siloë, 18 rue des Carmélites 44000 Nantes) en 2006. Voir Henri Baron a présenté le contenu de son livre Paysan citoyen le 9 janvier à Laval - 11 janvier 2007. Extrait.   

La salle de réunions de Restagri à Laval était bien remplie, mardi, par la présence de nombreux paysans retraités venus à l’invitation de la Confédération paysanne écouter avec plaisir Henri Baron.

 Toujours aussi remarquable orateur, debout, sans notes, pendant deux heures, dont une de réponse aux questions, cet homme de 74 ans a raconté sa vie de paysan citoyen, d’abord syndicaliste, puis président de chambre d’agriculture et, enfin, retraité actif en tant que syndicaliste défenseur des petites retraites et conseiller régional des Pays de la Loire de 1998 à 2004, aboutissement normal pour une vie militante, tant il est vrai que la dimension politique a toujours été présente dans l’idée qu’il se fait de ses responsabilités.

 Thérèse, son épouse, l’accompagnait, elle qui n’a cessé de soutenir ses engagements professionnels, à condition qu’il fasse le travail le matin avant de partir, car il ne faut pas laisser tout le travail aux femmes, comme elle dit (…).

 

Son décès a donné lieu à plusieurs articles de presse, dont ceux-ci :

 

Henri Baron, un paysan citoyen (Ouest-France, 29 octobre 2013)

« Henri Baron est un modèle pour nous tous » (Ouest-France, 30 octobre 2013)

 

Paysan et militant, Henri Baron nous a quittés (L'Avenir Agricole, 1er novembre 2013, page Loire-Atlantique, Christian Evon)

Syndicaliste paysan et militant engagé, homme de conviction ancré à gauche, l’ancien président de la Chambre d’Agriculture de Loire-Atlantique est décédé, à l’aube de ses 81 ans.

En 2006, Henri Baron avait publié un livre intitulé « Paysan citoyen » dans lequel il expliquait son parcours personnel et professionnel.

Figure marquante du syndicalisme et du monde paysan de l’Ouest de la France, pendant trois décennies, Henri Baron s’est éteint ce week-end. Il fut notamment président de la chambre d’Agriculture 44 de 1976 à 1992 et vice-président de la chambre régionale. Entre 1984 et 1992, Joseph Plantard, de Sion-les-Mines, a été son 1er puis son 2ème vice-président. « Il était élu en tant qu’exploitant agricole et, en 1992, dès qu’il a atteint l’âge de la retraite, il s’était retiré ».

« J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec lui car il savait faire vivre une équipe. Il avait l’esprit de synthèse. Il avait une facilité d’adaptation et savait faire face à toutes les situations. Sans déroger à ses idées, il ne tombait jamais dans l’affrontement stérile, même face à ses opposants », conclut Joseph Plantard.

L’un de ses successeurs à la tête de la chambre d’Agriculture, Michel Loquet, ne dit pas autre chose. Il loue « sa capacité d’analyse et de synthèse ». « Henri Baron était un homme intègre et droit, forgé dans les valeurs de la Jeunesse agricole catholique, un visionnaire qui a ouvert l’agriculture sur la société ».

 

« Le développement de l’humain »

C’était quelqu’un de très engagé et de très militant, qui pensait l’évolution du monde rural dans la solidarité », réagit le mayennais Georges Garot, le père du ministre Guillaume Garot. « Son fil conducteur, c’était le développement de l’humain. Il s’est beaucoup battu pour une société solidaire, toujours en équipe. C’était un leader naturel, avec un bel esprit de synthèse et beaucoup de bon sens pour réaliser les choses ». Pendant longtemps, Henri Baron et Georges Garot ont été engagés ensemble dans les organisations agricoles. « On a beaucoup travaillé ensemble et échangé : lui à la Région, et moi au Parlement européen ».

Henri Baron a aussi été maire de Forcé (pays de Châteaubriant) de 1983 à 1995 et conseiller régional de 1998 à 2004. Ce socialiste engagé a aussi été candidat aux élections législatives et départementales. « C’est comme élu de l’opposition de l’époque que j’ai été amené à le connaître », rappelle Jacques Auxiette, l’actuel président de la Région des Pays de la Loire. « Peu le savent mais Henri Baron a été un président attentif et moteur du développement du bureau inter régional des régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes à Bruxelles ».

 

Acteur de l’histoire de la FDSEA

Dans les années soixante et soixante-dix, Henri Baron a vécu de l’intérieur l’histoire mouvementée de la FDSEA, de l’apparition de la mouvance paysan travailleur jusqu’à l’exclusion de la fédération départementale par la FNSEA, en 1978. C’est aussi le temps des luttes syndicales et le jeune paysan s’implique dans la défense des producteurs de lait et de viande. Militantisme toujours quand, l’heure de la retraite ayant sonné, il s’était battu pour les paysans retraités.

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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