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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 23:52

La question de l’euro divise profondément la gauche

 

Le 29 mars 2013, Jacques Sapir avait réagi - sur son blog RussEurope - à l’Interview de JL Mélenchon parue dans Direct Matin le 28 mars 2013. Extrait. Faut-il sortir de l’euro ?

Lors de notre congrès, on a vu naître un débat sur l’euro. Le doute est là. Mais si nous renonçons à l’euro, on entre dans le plan de Merkel qui veut expulser l’Europe du Sud après l’avoir détruite. Il faut de la fermeté dans nos décisions en rappelant, qu’en Europe, aucune décision ne peut être prise sans la France.
Nous ne sommes pas à la ramasse, nous sommes la deuxième économie du continent. Nous disposons de moyens d’action si nous avons le courage politique.

 

André-Jacques Holbecq a signalé la reprise, le 9 avril, par le M’PEP (Mouvement Politique d’Emancipation Populaire) de l’article de Jacques Sapir. Voir MELENCHON : L’EURO ET L’OUTRANCE

Colloque mondialisation Montebourg JPC 300811 001 TExtraits de l’article de Jacques Sapir Mélenchon: l'Euro et l'outrance

 

Jean-Luc Mélenchon, au lendemain du Congrès du Parti de Gauche, et de la mauvaise polémique lancée contre lui à la suite de ses déclarations sur le Ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a accordé une interview à « Direct Matin ». Il y précise un certain nombre de choses, et en particulier prend position sur l’Euro à la suite de l’accord trouvé sur Chypre. Force est de constater que ses déclarations, derrière des effets de manche, ne vont pas dans le bon sens et ne peuvent qu’accroître la confusion qui règne dans une partie de la gauche sur la monnaie unique (…).

 

Photo : Jacques Sapir, à droite, aux côtés de Jean-Michel Quatrepoint, Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg, lors du colloque "Mondialisation" à Paris le 30 août 2011.

Une erreur stratégique et tactique

La position de Jean-Luc Mélenchon, et hélas à travers lui celle du Parti de Gauche, est ainsi une double erreur, à la fois stratégique et tactique.

 

C’est une erreur stratégique à deux niveaux.

-          D’une part parce qu’elle désarme les Français dans la lutte contre l’austérité et la politique de dévaluation interne que même actuellement le gouvernement avec l’appui du MEDEF. À chaque fois que l’on avance que cette politique est un désastre annoncé, on nous répond qu’elle est nécessaire compte tenu de nos « engagements européens », c’est-à-dire de l’Euro.

-          D’autre part parce que le discours de Jean-Luc Mélenchon ne voit pas que le plus grand danger aujourd’hui en Europe vient justement de l’existence de l’Euro qui pousse les pays à s’affronter, pour l’instant indirectement dans des surenchères de politiques de dévaluation interne et demain plus directement en se déchirant et en déchirant l’Europe. Il faut dire ici que ce que nous reprochons à l’Allemagne n’est pas de suivre une politique patrimoniale, qui est nécessaire à sa démographie, mais de l’imposer aux autres et en particulier à la France par le biais de l’Euro. En fait, sous le masque d’un « internationalisme » de façade, la politique de Jean-Luc Mélenchon va faire le lit des pires replis nationalistes.

 

C’est une erreur tactique ensuite. Elle rend inaudible le Front de Gauche et en son sein le Parti de Gauche. Elle le condamne à végéter électoralement. Elle pousse alors à une surenchère, soit verbale (comme à propos de Moscovici, même si sur le fond les propos étaient entièrement justifiés) soit politique qui est une impasse. Il y a à gauche un débat qui s’est amorcé sur l’Euro, et qui touche à la fois le Parti Socialiste, où les doutes se font jour dans certains secteurs, mais encore la gauche « hors-parti » (on le voit dans un mouvement comme le M’PEP) et aussi le Front de Gauche.

 

Ce débat dépasse par ailleurs largement ce que l’on nomme la gauche. Si le Parti de Gauche et Jean-Luc Mélenchon avaient adopté une attitude cohérente sur la question de l’Euro en proposant des voies de sortie qui ne soient pas purement propagandistes et en proposant des formes de maintien d’une coordination minimale entre les nations, une fois dissoute la zone Euro, ils auraient gagné une crédibilité importante qui leur permettrait d’être l’un des pôles de recomposition de la vie politique française. Faute de l’avoir fait, ils se condamnent à n’être que les spectateurs de cette crise au lieu d’en être les acteurs. Il faut à cet égard méditer sur l’élection législative partielle de l’Oise qui a vu la candidate du Front National arriver à plus de 48%. On estime que plus de 40% des votes des électeurs du Parti Socialiste se sont reportés sur elle.  C’est une leçon dont il convient de se souvenir.

 

Cet article est le 117ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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Published by Michel SORIN - dans France et Europe
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