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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 23:55

Un point fort du livre « La France est-elle finie ? »

Dans le cadre de leur mission de contrôle et d’évaluation, la commission des finances et la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale ont procédé, le 7 novembre 2012, à l’audition de Louis Gallois. Voir la vidéo de cette audition.

Chevènement Le Mans 280111 002 TPour sa part, le sénateur Jean-Pierre Chevènement a approuvé le Pacte pour la compétitivité de l'industrie française présenté par le commissaire général à l’investissement, Louis Gallois (voir Le MRC dit oui au pacte de compétitivité Ayrault-Gallois, Attac dit non - 7 novembre 2012). 

 

Dans son livre (« La France est-elle finie ? » (Fayard, prix du livre politique 2011), Jean-Pierre Chevènement avait décrit ses orientations pour la politique industrielle de la France.

 

XIII – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : faire vivre le modèle républicain

 

La politique industrielle

 

(…) La France a surtout besoin de retrouver une industrie forte, car celle-ci est le moteur de l’économie. Elle tire à la fois l’innovation (85 % de la recherche-développement des entreprises sont réalisés dans l’industrie), l’exportation (80 % des ventes de biens et de services à l’étranger), enfin le secteur des services aux entreprises (16,6 % du PIB).

 

La France a laissé décliner la part de l’industrie dans sa production (13 % en 2009 contre 22 % en 1998 et 29 % en 1982). Il est difficile, comme le suggère Louis Gallois, président d’EADS, de ne pas rapprocher cette évolution, au moins pour la période 2005-2010, du renforcement de l’euro (Voir Louis Gallois, « Pour une nouvelle ambition industrielle », in Commentaires n° 130, été 2010). Nous sommes, avec la Grande-Bretagne, la lanterne rouge industrielle de l’Europe, loin derrière l’Allemagne (30 %). Celle-ci a su préserver sur son territoire les chaînons sensibles de sa production, protégeant ainsi les processus critiques et la réputation de ses produits. Il est temps de faire comprendre aux électeurs qu’on ne peut plus défendre notre modèle social et continuer à laisser s’éroder notre base productive.

 

2012 est l’occasion de renouer avec les exigences d’une politique industrielle cohérente :

- d’abord un grand ministère de l’Industrie digne de ce nom, avec des équipes d’ingénieurs compétentes et des outils financiers puissants ;

- de grands projets, si possible en concertation avec nos partenaires européens, dans des domaines comme la mobilité, l’énergie, la robotique (ou productique), les biotechnologies et la santé, le numérique, les nanotechnologies, etc., sans oublier l’aéronautique et l’espace, et l’exploitation des océans ;

- un soutien massif aux PMI en les aidant à grandir et à travailler dans la durée ;

- une réforme de la politique de concurrence à Bruxelles : il faut revoir à la fois le régime d’autorisation préalable aux aides publiques mis en œuvre par la Commission, sans équivalent dans le monde, et le contrôle tatillon exercé sur les concentrations au mépris des intérêts industriels européens (affaires Leroy-Schneider, Alcan-Péchiney, De Haviland-Aérospatiale, etc.) ;

- une orientation systématique de l’épargne vers l’investissement industriel en France par la création d’un « livret d’épargne industrie » ;

- la promotion, dans la jeunesse, de la culture scientifique et technique et d’un état d’esprit favorable aux sciences, à la technologie et à l’industrie ; l’encouragement aux vocations scientifiques chez les jeunes et l’augmentation du nombre des ingénieurs.

 

Pour dresser la liste des impulsions à donner, il suffirait, en bien des domaines, de prendre le contre-pied des idées dominantes qu’on a laissées s’installer par une coupable négligence : croyance à une économie « de services » « postindustrielle », méfiance voire dédain à l’égard de la science et des disciplines scientifiques, culte de l’argent facile, attrait pour les bulles spéculatives, idolâtrie du marché, méconnaissance des énormes investissements que requiert, notamment en matière énergétique, le changement nécessaire de notre modèle de croissance. La liste serait longue des « sociologues », façon Alain Touraine, et des innombrables « économistes » qui ont devancé ou accompagné cette involution désastreuse de l’esprit public. Il n’est que temps de le redresser par un langage de vérité et de responsabilité.

 

Renouer avec la politique industrielle, c’est aussi rompre avec la dictature d’un actionnariat de type purement rentier, valoriser l’actionnariat responsable, c’est-à-dire attaché à l’entreprise, bref, inaugurer une nouvelle conception de l’entreprise associant des actionnaires durables, engagés contractuellement avec elle et majoritaires au conseil de surveillance, le collectif du personnel ayant droit de vote en son sein, avec la présence éventuelle de l’Etat, soit à travers une participation, soit par le biais d’une action privilégiée (golden share), soit encore par le canal du Fonds stratégique d’investissement, aujourd’hui insuffisamment doté. Ce nouveau statut de l’entreprise prévoirait la responsabilité des commissaires aux comptes devant le seul conseil de surveillance et inclurait des dispositions protectrices vis-à-vis des prédateurs (fonds de private equity, OPA hostiles).

 

Un tel nouveau statut, qui romprait avec la société de capitaux héritée du XIXe siècle, donnerait à l’industrie française un véritable avantage comparatif dans la compétition mondiale.

 

Cet article est le 158ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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Published by Michel SORIN - dans CHEVENEMENT
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