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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:53

Une initiative partie d’Autriche qui s’étend en Europe

 

L’association des producteurs de lait indépendants (Apli) a réuni ses délégués départementaux le 31 janvier au Plessis-Macé, au nord d’Angers, pour mettre à jour ses statuts et devenir une fédération (voir Assemblée des producteurs de lait Apli : une nouvelle équipe en place - 5 février 2012).

 

Elle a entendu Roland Tardieu, ancien syndicaliste FNSEA dans le Cantal, faire l’historique de ce syndicat, mettant en évidence les tensions internes entre éleveurs et céréaliers et la prise de pouvoir de ces derniers avec l’accession à la présidence du représentant des grandes cultures (voir Filière laitière (AG Apli, Tardieu) : la connivence FNSEA-coopératives - 6 février 2012).

 

Venons-en à la présentation du projet de lait équitable, faite par Richard Blanc, nouveau président de l’Apli nationale. L’hebdomadaire régional d’informations agricoles et rurales L'AVENIR AGRICOLE en a fait un compte rendu dans son édition du 3 février, sous le titre :

 

AGE-Apli-Plessis-Mace-310112-002-T.jpg« L’Apli lance son projet de lait équitable »

 

L’Apli nationale, réunie en assemblée générale au Plessis-Macé (Maine-et-Loire) le 31 janvier, a lancé officiellement son projet de lait équitable. Un pari audacieux.

 

« Les coops n’assument plus du tout leurs missions initiales, nous voulons retrouver cet esprit de départ ». Le nouveau président de l’Apli nationale, Richard Blanc, éleveur laitier en GAEC dans le Nord, propose donc une sorte de retour aux fondamentaux.

Le projet de « lait équitable » de l’Apli, annoncé de longue date, devrait enfin bientôt voir le jour. Le pari est plutôt audacieux. Il s’agit de trouver 3 000 adhérents en France, qui verseront chacun une somme de mille euros comme capital. Ils s’engageront également à donner de leur temps : cinq demi-journées par an pour aller vendre le lait dans les supermarchés.

 

10 centimes d’euros par litre pour les producteurs

 

L’Apli ne crée pas de laiterie, elle ne révolutionne pas non plus la collecte. D’ailleurs, dans les fermes, le changement sera imperceptible : ce sera toujours le même camion qui passera dans l’exploitation pour pomper le lait du tank. Le changement se produit en fait en aval. La coopérative créée par l’Apli, qui devrait s’appeler Coop Fair France, achètera le lait à un industriel privé ou coopérative (« on a un contact, il n’est pas français, mais c’est top secret pour l’instant ») pour le revendre aux centrales d’achat de la grande distribution environ au prix de 0,90 € le litre de lait demi-écrémé. L’éleveur adhérent percevra 0,10 € par litre vendu.

Présenté par Richard Blanc, le prix du lait se décomposerait ainsi : « Les industries achètent le lait 33 centimes aux producteurs. On compte ensuite 5 centimes pour le transport puis 25 centimes pour la transformation (UHT, ½ écrémé) et le bénéfice de l’industriel ». Au total, le litre de lait serait vendu 63 centimes environ à Coop Fair France, qui revendrait alors aux centrales d’achat au prix de 90 centimes, après avoir réalisé un petit bénéfice et reversé 10 centimes d’euro aux producteurs, ainsi qu’un centime à l’European MilkBoard (EMB) et un centime à l’Apli ou l’Organisation des producteurs de lait (OPL).

 

300 € par adhérent la première année

 

Le lait équitable sera vendu sous la marque Fair France. A condition, bien sûr, de réunir suffisamment d’adhérents. Il en faut 3 000 au minimum, selon les estimations de l’association. « Si la coop vend dix millions de litres au cours de la première année comme nous le prévoyons, chaque adhérent percevra une rémunération de 300 euros ». En Belgique, ils avaient perçu chacun 230 euros la première année, pour mille euros investis. Car le Fair milk existe déjà en Belgique, ainsi qu’en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie.

D’ici là, il faudra commencer par réunir les 3 000 adhérents. « On espère réussir une mobilisation générale bien plus importante, et augmenter l’année suivante, puis ensuite étendre le système à d’autres productions. Les coopératives ont démarré comme cela, grâce à des gens illuminés qui faisaient des choses ! ».

 

En Belgique, la coopérative présidée par Erwin Schöpges commercialise du lait équitable (voir Lait équitable: la coopérative Faircoop verse 23% d'intérêt à ses membres).

La coopérative a vu le jour fin 2009 dans l'est du pays, dans le but de commercialiser Fairebel, une marque de lait solidaire et équitable vendue dans les grandes surfaces. « Sur chaque litre de lait Fairebel vendu, 10 centimes d'euro vont directement dans une caisse de la coopérative. La somme récoltée est ensuite redistribuée équitablement entre les agriculteurs membres», indique Erwin Schöpges président de la coopérative. Pour 2010 et après 8 mois d'activités, la coopérative va redistribuer aux agriculteurs membres une somme de 23 euros par part d'une valeur de 100 euros acquises, soit 23 % d'intérêt. Cette somme représente un volume de litres de lait vendus à un prix équitable. « Un coopérateur qui détient 10 parts va se voir attribuer une somme de 230 euros représentant 2.300 litres de lait de sa production vendus à un prix équitable », explique Erwin Schöpges. Comme le souligne M. Schöpges, le but de la coopérative est, à terme, de vendre la totalité du volume produit par ses membres à un prix équitable.

 

Voir aussi The Fair Milk: Pourquoi le lait équitable?

 

Qu’entend-on par lait équitable ?

Ce qui est commun à toutes les initiatives de Faire Milch, c’est le prix équitable payé au producteur qui est d’environ 10 centimes de plus par kg de lait. Ce prix couvrant les coûts de production, il permet aux producteurs une mise en valeur durable de leur exploitation. Car ce n’est que par le biais d’une politique équitable des prix que les exploitations agricoles familiales peuvent subsister durablement sur le marché, produire du lait de haute qualité et contribuer à la préservation des paysages culturels.

 

Tout a commencé en Autriche

La fédération autrichienne IG-Milch a été la première en juin 2007 à commercialiser en Europe sa propre marque « A faire Milch ». Depuis son lancement, ce lait connait du succès en Autriche comme lait frais « à conversation prolongée » et depuis 2010 comme « yaourt équitable ».

Les années suivantes, ce concept autrichien a été repris par l’European Milk Board (EMB) et mis en pratique par ses organisations nationales membres dans quatre autres pays. La sympathique vache publicitaire Justine existe depuis dans les couleurs nationales de nombreux pays de l’UE.

En janvier 2010, la BDM, la fédération des producteurs laitiers allemands, a lancé sur le marché la marque « Die faire Milch ». Elle propose du lait longue conservation de 1,8 et 3,8% de matières grasses.

Au Luxembourg, le lait équitable « D’fair Mëllech » est commercialisé depuis février 2011 comme lait UHT de 3,5 % de matières grasses. Il est proposé en Belgique depuis mai 2010 sous l’étiquette « Fairebel » comme lait stérilisé de 1,5 % et comme lait chocolaté. En Belgique, il existe en outre depuis 2011 la « glace équitable » en quatre délicieux parfums.

Les Pays-Bas sont les membres les plus jeunes de la famille Faire Milch. Depuis novembre dernier, la fédération des producteurs laitiers néerlandais NMV y propose un lait chocolaté Fairtrade qui représente non seulement un prix du lait équitable mais aussi un commerce équitable avec les pays en voie de développement.

 

Cet article est le 284ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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