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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 23:53

Une forte contribution, mais mal identifiée, au lien social

 

L’économie sociale et solidaire peine à se faire reconnaître. Le Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne - Céas53 en octobre 2011, avait indiqué ce qu’elle recouvre (Céas-point-com n°427), s’inspirant d’un article de Philippe Frémeaux dans Alternatives Economiques n° 288 (février 2010).

 

L'économie sociale et solidaire cherche sa voix 

 

 Dans son n° 288 de février 2010, Alternatives économiques expose les difficultés que rencontre l’économie sociale et solidaire (ESS). Cette dernière peine à être reconnue comme un réel acteur de la transformation sociale. Même si en 2007, l’ESS rassemble 200 000 organisations différentes et emploie 2,1 millions de personnes, le secteur manque d’unité et de moyens.

 

L’économie sociale regroupe les associations, coopératives, mutuelles, fondations qui ont en commun de fonctionner sur le même modèle : chaque membre possède une voix et le but ne vise pas d’abord le profit. L’économie solidaire, quant à elle, regroupe les organisations produisant des biens et services et ayant une utilité sociale (embauche de personnes en difficultés, réinsertion, développement d’activités écologiques…). Même si les deux familles se recoupent souvent, notamment pour les associations, ce n’est pas toujours le cas car il ne suffit pas à une banque d’être coopérative pour être solidaire. L’économie sociale et solidaire connaît des difficultés et peine à s’affirmer comme une solution alternative à l’économie dominante. Elle est pourtant très présente dans le secteur financier avec un tiers des emplois ; dans le sanitaire, le social et l’éducation avec 1,2 million de salariés sur les 3,2 du secteur. Cependant, la part de l’effectif salarié dans l’industrie et le commerce est négligeable, preuve de la difficulté des structures de l’ESS dans des activités demandant beaucoup de capitaux.

 

Résoudre les problèmes de la société

À travers les différentes créations d’associations, coopératives, mutuelles ou fondations, on peut déduire une réelle volonté de résoudre les problèmes que connaît la société. De fait, la première société de secours mutuels créée par des ouvriers répondait à un besoin d’acquérir une certaine sécurité au niveau de l’emploi. Quant aux agriculteurs, ils ont créé les caisses de crédit agricole pour pouvoir accéder au crédit et ainsi développer leurs activités. Enfin, dans les années 1980, des travailleurs créent des entreprises et embauchent des personnes jugées inemployables ; ainsi ils se battent pour l’insertion et contre l’exclusion, qui sont de véritables fléaux à l’époque. L’économie sociale et solidaire répond aux problèmes de la société et propose de nouvelles solutions.

 

Risques de récupération, banalisation ou instrumentalisation

La récupération, à l’initiative du secteur privé ou de l’État, est l’un des dangers auxquels est confrontée l’ESS. Le mouvement mutualiste, par exemple, a ouvert la voie à la Sécurité sociale. L’État ou les structures du secteur privé n’hésitent pas à reprendre les idées ou les actions menées par les associations, coopératives, mutuelles ou fondations.

La banalisation est un autre danger qui fait que les structures d’ESS s’écartent de leurs objectifs et se rapprochent des règles du système dominant. Les banques coopératives (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Caisse d’épargne) ou les structures coopératives et mutualistes comme les assurances (MMA, Matmut, Maif…) ne se différencient pas toujours des autres du secteur privé.

Le dernier risque vient de l’instrumentalisation, surtout au niveau des associations qui exécutent des tâches à moindre coût et qui évitent à l’État de recruter ou de créer des postes. C’est pourquoi ces dernières réclament plus de moyens pour effectuer leurs missions.

 

De nouvelles initiatives, source d’espoir pour le secteur

L’ESS qui peine à s’affirmer, n’est donc pas l’alternative au capitalisme. Il n’existe pas de voix qui parle en sa faveur, et la représente. De plus, les structures de l’ESS évoluent dans des champs totalement différents et ne rencontrent pas les mêmes interlocuteurs. Les coopératives agricoles s’adressent au ministère de l’Agriculture, les mutuelles de santé à tel autre ministère... Pour s’affirmer, il faut pouvoir défendre une économie plus sociale et se situer dans le champ politique.

Cependant, de nombreuses initiatives peuvent être valorisées, telle celle de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) qui se détache du productivisme, ou le Labo de l’ESS ayant pour but de faire connaître et reconnaître une ESS ouverte et offensive, et oeuvrer à une transformation sociale. Le Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale (Ceges) a réuni 19 % des voix patronales aux élections prud’homales de 2008, preuve une nouvelle fois de cette avancée.

 

Voir aussi (Alternatives économiques, magazine 2012/2) : L'économie sociale et solidaire, un modèle ?

 

Cet article est le 94ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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Published by SORIN Michel - dans Travail Economie
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commentaires

Michel Sorin 31/03/2012 10:44


Bonjour !


C'est un jeu de mots, ce titre. L'économie sociale et solidaire cherche à se faire entendre (sa voix) et, en même temps, elle cherche à exister dans un environnement capitaliste (sa
voie).

Eva R-sistons 31/03/2012 00:40


Bonjour


je voulais publier, mais cherche sa voie, ou sa voix ? Eva