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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 23:31

Le gouvernement lance un plan d’avenir pour la filière avicole

 

Toutes les filières de l’élevage français (lait et viande bovine, porcs, volailles, notamment) se débattent dans de grandes difficultés.

Voir Lait et filières agricoles d'élevage : tous les indicateurs sont au rouge - 21 avril 2013

La filière porcine française se débat dans des difficultés insurmontables - 22 avril 2013.

 

La filière avicole française a subi un choc en 2012. Voir Doux : la faillite d'un groupe industriel, qui met en péril la filière avicole - 13 juillet 2012. Mais, au-delà du cas particulier de cet industriel breton, c’est l’ensemble de la filière volailles qui a besoin d’assistance.

Voir La filière avicole française déclare l'état d'urgence (Paysud, 15 février 2013).

 

Cette situation périlleuse n’a pas empêché la Commission européenne de baisser, à nouveau et fortement, les subventions perçues par les entreprises à l’exportation.

 

Voir Baisse drastique des restitutions à l'exportation de la filière avicole (Patrick Le Hyaric, 6 février 2013). Cette décision brutale sans concertations peut conduire à plus de 5 000 suppressions d’emplois dans la seule région de Bretagne. Cette baisse drastique et violente affaiblit davantage un secteur déjà en grande difficulté.

 

Voir aussi la réponse de la Commission européenne à une question (12 mars 2013) de Yannick Favennec, député (UDI) de la Mayenne : Assemblée nationale | Question écrite N° 20704 de M. Yannick Favennec. Texte de la réponse (9 avril 2013) :

 

Après consultation du comité de gestion du 17 janvier 2013, la Commission européenne a pris la décision, qui relève de sa compétence, de diminuer le montant unitaire des aides à l'exportation de volaille, qui est passé de 217 à 108,5 euros par tonne et ce, malgré l'intervention de la France et en dépit de l'opposition d'autres États membres. Ce montant unitaire avait déjà subi une première baisse, passant de 325 à 217 euros par tonne, le 18 octobre 2012. Les prochaines fixations trimestrielles, d'avril, de juillet et d'octobre 2013 seront donc cruciales pour la filière grand export, et toute la filière volaille dans son ensemble. Les deux baisses consécutives d'octobre 2012 et de janvier 2013 impactent fortement la compétitivité des groupes dédiés à l'export. Cette filière représente 3 500 à 4 000 emplois en France, dont 700 éleveurs. La France conteste les arguments économiques mis en avant par la Commission pour justifier sa décision et le Gouvernement français continuera à se battre pour éviter toute nouvelle baisse à court terme. La Commission s'appuie de son côté sur l'hostilité d'une majorité d'États membres au mécanisme des restitutions à l'exportation. Au-delà de la question des restitutions, la filière volaille doit poursuivre sa mutation économique et écologique, pour consolider les emplois et en créer de nouveaux. Elle pourra compter sur l'appui déterminé des ministres chargés de l'agriculture et de l'agroalimentaire. A cet égard, M. Alain Berger, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l'agro-industrie, s'est vu confier la mission d'établir un plan de sauvegarde de la filière, en prenant en compte tous les maillons de la filière (de la production à la transformation) et visant notamment la reconquête du marché intérieur. Ce plan sera présenté mi-avril à la filière.

 

Ce plan d’avenir pour la filière avicole a été présenté le 18 avril 2013 par les ministres de l’agriculture et de l’agroalimentaire : Stéphane LE FOLL et Guillaume GAROT lancent avec les professionnels un plan d’avenir pour la filière avicole

 

Le Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Foret Stéphane Le Foll et le Ministre délégué chargé de l’agroalimentaire Guillaume Garot ont réuni l’ensemble de la filière avicole ce jour pour élaborer un plan d’avenir pour la filière. Le Délégué Interministériel aux Industries Agroalimentaires et aux Agro-industries Alain Berger a présenté les résultats de sa mission menée depuis l’automne 2012 avec l’ensemble de la filière.

Le constat a été partagé que le plus grand défi à relever était de consolider une stratégie collective. Ainsi, la filière mettra en place une interprofession de la volaille de chair associant toutes les composantes, de l’amont jusqu’à l’aval, y compris la distribution et la restauration hors domicile pour construire vision partagée et une stratégie « gagnant-gagnant » de maintien en France d’une production standard pour le marché intérieur et pour l’export, aux côtés d’une production label (…).

 

Dans L'Avenir Agricole (édition du 5 avril 2013), Frédéric Gérard montre bien la situation de la filière avicole : La filière dans une mauvaise passe

 

Etat des lieux. La volaille française se fait voler dans les plumes par les voisins européens.

 

La consommation progresse, au profit de qui ? Point positif de la situation globale, la viande blanche profite de la baisse du pouvoir d’achat des ménages : en poulet de chair, les achats ont encore augmenté de 1,3 % en 2012 ; en dinde de 5 %. Point négatif, une partie est absorbée par les importateurs.

Ces derniers jouent la carte du moins cher. « Tout n’est pas qu’une question de prix de revient, souligne Philippe Guillet, président de SNV (groupe LDC). Il y a aussi un dumping économique agressif pour capter des parts sur le marché français ». A ses yeux, il s’agit d’ailleurs du dernier marché à être aussi peu protégé. « S’il reste aussi ouvert, il faut faire attention que nos outils ne s’essoufflent », prévient-il. Dans la filière, l’appel à la « citoyenneté » et au « patriotisme » du consommateur français résonne de plus en plus.

 

Les GMS vont voir ailleurs. « Nous sommes sur un marché européen », savent dire les industriels aux éleveurs. Les centrales d’achat savent aussi le rappeler à leurs fournisseurs. Plus de 70 % de la production française dépend directement de ce débouché : la grande distribution est donc en position de force. Son credo, relayé par les pouvoirs politiques : « Préserver le pouvoir d’achat des ménages ». Ainsi, fin 2012, alors que la filière réclame une 3ème hausse, les distributeurs refusent. Et tandis que les négociations annuelles sont lancées, ils élargissent leurs appels d’offres vers l’étranger, la Belgique et l’Allemagne en tête, afin d’obtenir les prix les plus bas possible.

 

L’industrie ne peut plus faire tampon. L’aliment s’embrase : + 35 % sur l’année 2012, soit un impact de + 20 % sur le coût de production du poulet vif. Dans le même temps, le prix au détail a gagné 7,9 % (ce qui représente sans doute ce qu’a concédé la grande distribution). Insuffisant donc, mais de nouvelles hausses en magasin n’ont pu être réalisées par les entreprises. Elles se tournent donc vers l’amont, ne pouvant plus assumer seules. Car elles sont unanimes : « Tous les abattoirs sont dans le rouge ». La seule filière dinde perd entre 30 et 50 millions d’euros par an, informe Huttepain, président de la fédération des industries avicoles.

Autres signes de ces difficultés, le désastre Doux mais aussi les mises en redressement des abattoirs bretons TDI et Le Clézio, du fait de la «surcapacité des outils en France et en Bretagne ». C’est ainsi que « « le plus bel abattoir de dindes du pays », selon les termes d’un industriel, pourrait fermer. Les fermetures de sites du groupe Doux auraient pu permettre de « restructurer le secteur », déplorent un certain nombre d’intervenants.

 

Risques de répercussion sur la production. Les entreprises ne parviennent plus à vendre en fonction des coûts de production, les stocks s’accumulent, et les contrats producteurs baissent partout en France. Qui plus est, relève Isabelle Leballeur, « des entreprises ont eu le culot de concéder des baisses face aux GMS. Dont des coopératives ! », dénonce la représentante professionnelle (CFA, Cravi, FDSEA 72, etc.). Pourtant, « les producteurs se sont battus pour une hausse des prix à l’automne », rappelle Jean-Yves Guérot, l’un des représentants de la CFA (branche avicole FNSEA) en Pays de la Loire.

Outre les prix, tous les groupements gèlent les projets d’installation. Les vides sanitaires peuvent s’allonger jusqu’à six ou sept semaines dans le sud-Loire. Un peu partout, les mises en place sont en baisse. « C’est la première fois que je vois une telle situation au printemps… », note Jean-Yves Guérot.

 

Cet article est le 385ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
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