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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 23:33

La monnaie est l’attribut d’un Etat, ce que l’Europe n’est pas

 

François Hollande s’est engagé à réarmer l’économie française, ce qui implique de trouver les moyens d’affecter les capitaux là où ils sont nécessaires pour donner du travail aux salariés. La tendance est, au contraire, à la concentration des richesses dans des mains, toujours moins nombreuses, qui n’investissent pas dans la création de travail. C’est cela qu’il faut changer et ce n’est pas de la rigolade…

Autrement dit, les Etats continuent d’être sous l’emprise de la finance. Pour en sortir, il faudra aux dirigeants de nouvelles visions de l’exercice de leurs responsabilités.

 

Voici ce qui s’écrit dans la presse américaine à propos de l’Europe. Elle a forgé un nouveau mot « Grexit », contraction de Grèce exit (sortie de la Grèce de la zone euro).

Voir Presse américaine : Les Etats-Unis ont les yeux rivés sur le "Grexit" (Sixtine Léon-Dufour, 23 mai 2012).

Cela me conduit à L'Edito Matières Premières & Devises, paru ce 1er juin, sous la signature de Isabelle Mouilleseaux* :

Un vulgaire bout de papier accroché au bout d’un fil appelé CONFIANCE…

Sans confiance, pas de monnaie
Une monnaie existe parce que ses utilisateurs, vous et moi, avons confiance en elle. Après tout, un billet de 500 euros n’est qu’un vulgaire bout de papier. Ce qui fait sa valeur, c’est la confiance que nous mettons dans ce bout de papier. Nous avons confiance qu’en échange de ce papier, nous pourrons acheter pour une valeur de 500 euros de biens tangibles. La confiance est essentielle. Sans confiance, une monnaie se meurt. Ce principe est bien sûr applicable à l’euro. Mais l’euro est une “monnaie unique”. Et pour assurer sa pérennité, la confiance ne suffit pas. Il lui faut un deuxième élément :

Une seule et unique valeur
L’euro a une valeur unique. Cette valeur est la même dans tous les Etats de la zone euro. Cette unicité de la valeur est l’essence même de la “monnaie unique”. Un euro déposé en Allemagne vaut autant qu’un euro déposé à Palerme, Madrid ou Athènes. Et les utilisateurs ont AUTANT CONFIANCE dans l’euro déposé à Berlin qu’à Athènes. Pas de monnaie unique sans valeur unique. Cette unicité de la valeur est fondamentale et structurante.

 

Voilà pour la théorie. Maintenant, qu’en est-il de la réalité ?

 

Premier constat : le Grexit nous dit que l’euro grec est surévalué de 30 à 50%
Les retraits des Grecs s’élèvent à 72 milliards d’euros depuis janvier 2010. Pourquoi les déposants auraient-ils intérêt à retirer leur argent de leur compte en banque pour le placer en Suisse, en Allemagne (ou ailleurs) ? Peut-être estiment-ils que “leur” euro, l’euro grec, ne vaut pas ce qu’on dit qu’il vaut ; qu’il vaut moins qu’un euro “normal”. L’éventualité d’un retour à la drachme laisse envisager une dévaluation potentielle de la monnaie locale de 30 à 50%. Cela ne revient-il pas à dire que “l’euro grec” est surévalué de 30 à 50% ? Et qu’il ne vaut pas la même chose que l’euro de Paris, Rome ou Berlin ? Le principe d’unicité de la valeur de la monnaie unique est battu en brèche. Dans la tête des détenteurs, l’euro grec est de moindre valeur.

Second constat : L’euro allemand est très recherché. Et s’il valait plus ?
Autant l’euro grec est fuit, autant l’euro allemand est recherché. On va même jusqu’à “payer” pour en détenir. Qu’est-ce que cela veut dire ? Peut-être que les investisseurs se protègent du risque potentiel d’une implosion de l’euro. Ils se ruent vers l’euro allemand parce qu’ils estiment que cet euro allemand vaut plus que la valeur actuelle de l’euro. Dit autrement, si l’euro implosait, le retour au deutschemark entraînerait immédiatement une forte réévaluation de la monnaie locale. Là encore, le principe d’unicité de la valeur de la monnaie unique est battu en brèche. Dans la tête des investisseurs, l’euro allemand à “plus” de valeur.

Que retenir de tout cela ?
1 – Nous assistons actuellement à la désintégration du concept d’unicité de la valeur de la “monnaie unique” dans l’esprit des investisseurs. Dans leurs têtes, la fin de l’euro commence à prendre forme.

2 – Et comme si cela ne suffisait pas, nous assistons par-dessus le marché à une défiance des investisseurs internationaux face à l’euro. Eux ne se posent pas la question de savoir si l’euro allemand vaut plus que l’euro grec ; pour eux c’est “exit l’euro” tout court… et tout de suite.

Sa valeur se délite à toute vitesse sur les marchés internationaux. Les investisseurs le fuient pour se réfugier dans le dollar. Perte de confiance ; unicité de sa valeur mise à mal… l’euro est sur le fil du rasoir.

 

Article lié (20 janvier 2012) : Sortir de la zone euro ? Voilà le sujet qui agite le paysage industriel allemand. Extraits.

Un pavé dans la mare…
C’est comme cela que je qualifierais les propos tenus par le très influent Anton Börner, à la tête de la puissante association des exportateurs allemands : 120 000 entreprises au coeur de la réussite du modèle allemand. Autant dire que son avis compte. Selon lui, les pays en difficulté de la zone euro doivent impérativement réaliser des réformes profondes pour restaurer leur compétitivité. Si tel n’était pas le cas, ou en cas d’échec, “une désagrégation de la zone euro serait la solution” affirme-t-il sans détour dans le plus
Handelsblatt (équivalent des Echos). (…)

Sortir de la zone euro ? Voilà le sujet qui agite le paysage industriel allemand
La question clé n’est plus de savoir si la Grèce doit ou non sortir de la zone, mais bel et bien si l’Allemagne doit y rester et à quel prix ?

* Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre Internet consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Vous pouvez recevoir gratuitement cet édito en cliquant ici.

 

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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Published by SORIN Michel - dans Capitalisme
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