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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 23:32

Les Etats peuvent tarir la spéculation en encadrant le crédit

 

Afin de stigmatiser la responsabilité du système bancaire dans la crise, l’ancien footballeur, Eric Cantona, acteur de cinéma, a lancé l’idée que chacun s’en prenne à sa banque, en retirant les fonds qui ont été placés. Le 7 décembre, on commencera à voir les premiers effets de ce mot d’ordre qui a été largement relayé sur la Toile.

Cantona va-t-il faire sauter la banque ? (Le Monde, 4 décembre)

Face à Cantona, l'opposition politique et intellectuelle désarçonnée (blog Le Yéti, Rue89, 5 décembre)

Eric Cantona, les banques et nous (Guillaume Duval, Alternatives économiques, 2 décembre).

 

Frédéric Lordon, économiste, a une autre idée en tête pour que l’Europe résiste à la crise : saisir les banques (Marianne2, 5 décembre, cliquer sur le titre) :

Elle a déjà affaibli les économies européennes, entraînant une succession de plans d'austérité en Grèce puis en Irlande. Mais la crise n'a peut-être pas dit son dernier mot. Dans un article paru sur le blog du Monde Diplomatique, l'économiste Frédéric Lordon pointe les faiblesses du système européen, soumis à une finance devenue folle. Et pour sauver l'UE, il suggère non pas de détruire les banques, mais de les saisir…

Bill Bonner, fondateur des publications Agora (voir Bill Bonner » La Chronique Agora), un libéral non-conformiste, explique avec des mots simples, comment la dette européenne s’est constituée (chronique du 3 décembre) : Dette des Etats européens : comment en sommes-nous arrivés là ?

« L'Irlande garantit la dette de ses banquiers. L'Europe garantit la dette de l'Irlande. Qui garantit la dette de l'Europe ? Et pourquoi se donner autant de peine ? Pourquoi ne pas simplement laisser les spéculateurs encaisser leurs pertes ? »

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen, lors de son université d’été 2010 à Valence - voir Tout sur l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen des 4 et 5 septembre 2010 (textes et vidéos) - avait organisé plusieurs tables rondes, dont la première « Comment sortir des marchés financiers ? »

Voici le compte rendu qui en a été fait dans le bulletin Citoyens militants de novembre 2010.

           

MRC-national-003-Butzbach-T.jpgIntroduisant la question des marchés financiers, Etienne Butzbach (photo) a rappelé les forces telluriques qui font la singularité d’une économie financiarisée et mondialisée :

- d’une part, la contrainte actionnariale qui commande aux entreprises des rendements toujours croissants,

- d’autre part la contrainte concurrentielle qui place la production des pays occidentaux dans une impasse face aux pays à très bas coûts.

La Bourse est apparue historiquement pour financer les investissements nécessaires à la production. L’équation semble s’être aujourd’hui inversée puisque c’est essentiellement l’activité économique qui sert à alimenter la finance.

La question posée par le maire de Belfort pouvait donc se résumer ainsi : comment restaurer le deal initial qui consiste à mobiliser les capitaux pour financer l’économie réelle pourvoyeuse d’emplois ? Quels remèdes peuvent être imaginés pour sortir de cette emprise de l’économie virtuelle ?

 

Au cours de son exposé, Bruno Moschetto (ancien banquier et universitaire) a fait preuve de pédagogie en prenant soin de distinguer l’activité bancaire de la finance. Depuis les Trente glorieuses, la seconde s’est progressivement substituée à la première pour répondre à l’explosion des demandes de financement. Le crédit bancaire traditionnel a laissé place aux produits complexes dits structurés, aux titres qui s’achètent et qui se vendent en salle des marchés : les acteurs financiers sont dépendants les uns des autres et les titres sont découpés de telle sorte que les porteurs ne connaissent pas la réalité de leurs engagements. A cette hypertrophie de la finance, Bruno Moschetto propose une triple solution, les 3 D : dissocier, déconnecter et démembrer.

-Dissocier les activités des banques de dépôt et des banques d’investissement.

- Déconnecter les activités pour étancher les risques.

- Démembrer les banques « trop grandes pour faire faillite », qui doivent être nationalisées afin que le droit ratifie le fait.

Bruno Moschetto propose en synthèse une réglementation qui doit être imaginée sous l’hypothèse de la crise systémique que l’ensemble des solutions doit converger à endiguer.

 

Yves Le Hénaff a entamé son intervention en rappelant les trois fausses solutions qui ont été préconisées pour répondre à la crise.

-          D’abord, les acteurs économiques ont été mis en cause (traders, dirigeants, banquiers…) mais la crise est celle d’un système qui organise les comportements des acteurs. Il convient donc de ne pas perdre de vue que la réglementation doit avoir le système pour objet et non les agents.

-          Ensuite, Yves Le Hénaff a mis en garde contre la thèse économique dominante qui considère que les crises sont structurellement inévitables et que les solutions à envisager doivent se contenter d’en réduire les effets néfastes. Cet argument de fait établi empêche de concevoir un système économique viable sur la durée et socialement juste.

-          Enfin, l’apparition de nouveaux acteurs de contrôle fait illusion : les institutions financières ont intérêt à développer la complexification des procédures de contrôle qui leur est bénéfique. De ce point de vue, l’objectif d’une réglementation internationale est, en partie, inaccessible sous ces termes : les intérêts sont si nombreux à concilier et le dénominateur commun est si petit que les solutions retenues sont inoffensives pour les marchés financiers.

La question centrale posée par cette crise demeure, selon Yves Hénaff, celle du crédit qui doit être encadré, car c’est l’endettement généralisé qui alimente la spéculation.

 

Cet article est le 94me paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme.

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commentaires

C
<br /> LA DURÉE DE LA CRISE<br /> ÉCONOMIQUE<br />
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