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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 22:36

Ne laissons pas la démocratie faire défaut en Europe

 

L’histoire s’accélère en Europe. La démocratie s’est mise au pas de la finance. Les gouvernements changent selon le bon vouloir des marchés, mettant aux responsabilités des hommes qui ont fait leurs preuves chez Goldman Sachs. L’Allemagne conservatrice semble ravie de cette situation qui lui ouvre des perspectives de domination de l’ensemble de la zone euro.

 

Contre la finance, la voix des peuples doit se faire entendre (Patrick Quinqueton, MRC)

 

Universit-d--t-MRC2009-017-copie-1.jpgLe premier frappé a été le peuple grec. Il a été sommé d’accepter un plan d’austérité, qui n’a d’ailleurs fait qu’aggraver sa situation, et qui a été imposé de l’étranger. Puis il s’est vu infliger des « contrôleurs » étrangers, comme s’il était soumis à un régime d’occupation. Puis il a été privé de la possibilité de dire par référendum ce qu’il en pense. Puis il lui est imposé un gouvernement d’union nationale, ce qui le prive de la possibilité de sanctionner par les urnes les responsables du sort qui leur est fait.

 

C’est maintenant au tour du peuple italien : la démission de M. Berlusconi déplait aux marchés financiers, parce qu’ils s’accommodaient plutôt bien d’un personnage corrompu. Mais la démocratie a son rythme – jugé trop lent par les marchés et les agences de notation – et les « réformes » (entendez par là : des mesures consistant à prendre de l’argent dans la poche des pauvres pour le placer dans la poche des riches, sans que ceux-ci ne contribuent réellement) ne peuvent pas attendre.

 

Le poids des marchés financiers dans les décisions économiques, sociales et même politiques, relayé par les chefs d’Etat et de gouvernement européens, fait fi des principes républicains les plus établis.

 

La crise du surendettement européen, c’est d’abord la conséquence d’un choix absurde lors du traite de Maastricht : créer une monnaie unique dans une zone à l’intérieur de laquelle les divergences économiques sont majeures : d’un côté, la croissance par le « dumping » social et commercial de l’Allemagne et de quelques pays de l’Europe du nord, et de l’autre la désindustrialisation massive de l’Europe du sud, qui atteint la France.

 

Une réponse solidaire des Etats membres est nécessaire : elle passe notamment par la possibilité reconnue à la Banque Centrale Européenne de soutenir la croissance dans l’ensemble de la zone euro par le rachat de titres de dette souveraine (des Etats membres). Le taux de l’euro par rapport au dollar doit baisser, pour favoriser la production dans les pays de la zone euro. A défaut, elle passera tôt ou tard par le retour à une monnaie commune coexistant avec des monnaies nationales ajustables. Quelle que soit l’issue, elle nécessitera de la rigueur. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de choix.

 

C’est pourquoi la démocratie a toujours toute sa place, n’en déplaise aux « marchés ». Un référendum, ce n’est pas un « obstacle à la mise en œuvre des réformes », c’est un moment de la démocratie. La démission d’un gouvernement, en démocratie, cela exige la reconstitution d’une majorité. Et le choix des dirigeants, dans une démocratie, ne peut qu’être le fait des citoyens, à travers un exercice qui demande un peu de temps et d’énergie et qui s’appelle : des élections.

 

Revue de presse

Après Papandréou et Berlusconi, à qui le tour ? (Le Monde, 10 novembre)

Au fil des semaines, la crise de la dette s'est muée en une vaste crise politique qui ébranle les gouvernements européens. Les sommets de crise à répétition et les déclarations rassurantes des dirigeants de la zone euro et du G20 n'auront rien changé. Cette semaine, le premier ministre grec, Georges Papandréou, et le président du conseil italien, Silvio Berlusconi, en ont fait les frais. Contraints d'annoncer leur démission, les deux dirigeants ont finalement succombé à la pression des marchés financiers. Mais leur départ pourrait faire tache d'huile. Dans la plupart des pays de la zone euro, les gouvernements ont subi des changements majeurs ou doivent encore livrer bataille pour conserver leur mandat (…).

Quand la démocratie fait défaut… (Nicolas Bardi, Parti pris Info, 11 novembre)

Les journaux s’emplissent de colonnes sur la crise financière européenne. La Grèce, l’Italie, vont-elle faire défaut ? Mais lorsqu’une caste d’économistes libéraux se comporte vis-à-vis des nations européennes comme des liquidateurs judiciaires, quand les parlements et les peuples se couchent, c’est véritablement la démocratie qui fait défaut (…).

Goldman Sachs, le trait d'union entre Mario Monti, Lucas Papadémos et Mario Draghi (Le Monde, Marc Roche, 14 novembre). Le président de la BCE, le président désigné du conseil italien et le nouveau premier ministre grec ont en commun d'avoir été associés à la banque américaine. La banque d'affaires américaine a en effet tissé en Europe un réseau d'influence unique sédimenté depuis des lustres grâce à un maillage serré, souterrain comme public (…).

Allemagne : la CDU propose d'élire le président européen au suffrage universel (Le Monde, Frédéric Lemaître, 14 novembre). Pour la chancelière, "le temps est venu d'une percée en Europe". Cela pourrait se traduire par des modifications au traité de Lisbonne permettant de renforcer le contrôle de l'Union européenne sur les politiques budgétaires des pays de la zone euro, mais cela pourrait également déboucher sur l'élection du président de la Commission européenne au suffrage universel "afin de donner un visage à l'Europe". Tel est en tout cas l'une des propositions de la motion adoptées par le congrès dont l'inspirateur est clairement Wolfgang Schäuble (…).

 

Cet article est le 115ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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Published by SORIN Michel - dans Capitalisme
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