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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:48

Une vraie politique agricole se fait toujours attendre

 

Les arbitrages annoncés le 2 octobre 2013 par le président de la République ont été accueillis plutôt favorablement parce que c’était un assemblage habile, fait pour ne mécontenter personne. Voir Réforme de la PAC : F Hollande a annoncé ses décisions en Auvergne - 4 octobre 2013.

 

Les plus déçus ont été les responsables de la Confédération paysanne, les plus engagés dans le processus de réorientation des aides en faveur des moins grandes exploitations. Ils n’ont pas compris pourquoi le président n’a pas suivi jusqu’au bout les propositions du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, qui avait obtenu des instances européennes la possibilité de mettre en œuvre une surdotation aux 52 premiers hectares (ce qui est la surface moyenne des exploitations en France). En fait, le président a été sensible aux arguments des opposants, bien représentés par le président du syndicalisme agricole majoritaire, Xavier Beulin.5 Il n’est pas allé au bout de la logique de transfert des aides des grandes cultures vers l’élevage, ni de la logique de convergence des aides. La convergence et le transfert seront limités et se feront progressivement.

 

Lors de sa réunion, le 8 octobre 2013, le groupe de réflexion Mars | Mouvement Agricole et Rural Solidaire a débattu des conséquences des décisions annoncées le 2 octobre.

- Le point le plus positif est ce qui est fait en faveur des zones herbagères de montagne (ICHN). Avec la prime à l’herbe (PHAE), qui est consolidée, cela fait une dotation de 1,1 milliard d’euros.

- Un autre point positif, mais insuffisant, est le recouplage des aides sous la forme de primes aux vaches allaitantes, aux vaches laitières, à l’engraissement de bovins et aux ovins. Mais le taux est limité à 15 %, ce qui est trop peu.

- Par ailleurs, un effort est fait en faveur de l’installation des jeunes, par un prélèvement sur l’enveloppe globale (2 % mais, en fait, seulement 1 %). La référence historique (droit à paiement unique DPU) est transformée en DPB (droit à paiement de base).

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TLes calculs réalisés par l’Institut de l’élevage indiquent que, avec une boîte à outils différente, le résultat est similaire à celui obtenu par le ministre Michel Barnier en 2008, qui voulait aussi transférer des aides des grandes cultures à l’élevage.

La mesure phare 2013 est la surdotation aux 52 premiers hectares. Elle va bénéficier aux exploitations d’élevage, petites et moyennes, mais elle n’est pas liée à l’élevage, parce que découplée, ce qui, paradoxalement, pourrait inciter à la « végétalisation » (céréales remplaçant l’élevage).

 

Pouvait-on faire mieux ? La France avait quelques leviers dont elle pouvait se servir : la surdotation des 52 premiers hectares, la convergence des aides ou pas, le verdissement brut ou pas. L’arbitrage du président de la République a été : 20 % de l’aide (et non 30 %) attribuée à la surdotation des 52 premiers ha et le recouplage de 15 % des aides. C’est peu.

 

De toute façon, cette réforme est à durée déterminée, jusqu’en 2019, avec un examen à mi-parcours. Mais, compte tenu des écarts de revenus constatés en 2012 entre les grandes cultures et l’élevage, il y a 3 milliards d’euros d’aides qui continueront d’aller aux grandes cultures, alors que ces agriculteurs n’en ont pas besoin (même si l’évolution des prix a été moins favorable aux céréaliers en 2013 - environ un tiers de moins).

 

Les pertes les plus lourdes seront pour ceux qui avaient les plus fortes DPU. C’est ainsi que deux tiers des éleveurs laitiers (dont la DPU se situait autour de 400 euros par hectare) perdront 15 % des aides.

 

On le voit, l’Union européenne a choisi de confier la répartition des aides (premier pilier) aux Etats membres. Les Régions auront la responsabilité de la gestion des aides du second pilier (environ 1 milliard d’euros pour la France). Il faudrait revenir à de vraies politiques agricoles, d’autres outils de politiques publiques étant à utiliser (l’accès au foncier, notamment).

 

Le gros problème est la végétalisation (grandes cultures au détriment de l’élevage) depuis une dizaine d’années. L’Union européenne est importatrice nette de produits agricoles (il nous manque l’équivalent de 29 millions d’hectares pour être autonomes). On importe des produits animaux et on produit des céréales pour exporter. Les conséquences sont toutes négatives :

- problèmes agronomiques (insuffisance de matière organique des sols et diminution de la fertilité),

- baisse de l’emploi agricole,

- baisse de l’emploi et de la valeur ajoutée dans l’industrie de transformation (on exporte des céréales non transformées),

- augmentation des besoins en matériel de culture (la France n’en fabrique plus).

C’est un appauvrissement à tous les niveaux. Ce problème concerne toutes les productions d’élevage, ainsi que les fruits (sauf les pommes) et légumes frais.

 

Il manque une politique agricole qui viserait l’autonomie de l’Union européenne et limiterait la végétalisation en France. Depuis 1992, les réformes de la PAC ont favorisé la végétalisation de l’agriculture (grandes cultures se substituant à l’élevage), les DPU favorisant les agrandissements des exploitations et les marchés des céréales étant en hausse, les écarts de revenus se sont accentués, comme jamais auparavant.

 

La PAC ne peut résoudre tous les problèmes. Il faut une organisation des marchés et des soutiens par subventions. Or, l’Union européenne n’a qu’une OCM (organisation commune des marchés) unique et elle a supprimé les outils de régulation, sauf les droits de plantations viticoles. Le paiement identique favorise la végétalisation.

 

Cet article est le 413ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

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Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
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Voyance gratuite par mail 02/11/2013 10:22


J'aime vraiment ce blog c’est avec un grand plaisir à lire quelque chose de nouveau et intéressant .