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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 23:55

Libéralisation ou régulation, c’est bien la question !

 

La revue « L’Eleveur laitier » publie en octobre 2011 (n° 195) un « Gros plan » sur la contestation libérale au sein de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). « La FNPL tarde à poser les vrais débats qui permettront aux éleveurs de se préparer à 2015. Le besoin de restructuration est dans toutes les têtes mais reste encore tabou ».  

 

Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère (l’antenne de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, qui est la seule organisation professionnelle vraiment reconnue par le gouvernement et dont la FNPL est la branche laitière), déclare « La mise en oeuvre précipitée de la contractualisation pour soi-disant préparer l'après-quotas, a jeté les producteurs dans un rapport de force totalement déséquilibré. Leur avenir dépend du bon vouloir des entreprises ».

 

Pascale Le Cann, rédactrice de cet article, montre bien le mécontentement des partisans de l’option libérale, qui regrettent les tergiversations des dirigeants de la FNPL, trop réceptifs, selon eux, aux thèses des syndicats minoritaires qui préconisent la régulation par la maîtrise de l’offre laitière. Ils demandent de libéraliser la production afin de répondre à la demande du marché. C’est bien la question : libéralisation ou régulation.

 

La FDSEA du Finistère n'hésite plus à contester certaines décisions de la FNPL. Elle refuse ouvertement le maintien de la TFA (taxe fiscale affectée), un dispositif défendu par la FNPL, qui pénalise les éleveurs dépassant leur quota alors que la France est en sous-réalisation. Les Finistériens n'hésitent pas à dire que la contractualisation, elle aussi soutenue par la FNPL, est un échec.

 

Ces dissensions affaiblissent la FNPL. Difficile de poser le débat de la restructuration sans exposer ses rivalités au grand jour. Avec le risque de voir l'Ouest quitter la maison. L'ambiance sur le terrain ne facilite pas les choses.

Car les syndicats minoritaires se sont affirmés depuis quelques années. Arc-boutés sur une maîtrise de la production que Bruxelles a jetée aux oubliettes, ils ont poussé la FNPL à rester sur ce combat populaire mais dépassé. De plus, la grève du lait a fait mal. Violemment attaquée sur le prix du lait qu'elle avait ardemment défendu, la FNPL est ressortie presque inhibée du conflit.

 

Cette pression des minoritaires complique encore l'émergence d'un débat de fond. Le problème est que ce sont les éleveurs qui en font les frais. Ils voient l'Europe du Nord se battre pour conquérir nos marchés. Ils voient les laiteries préparer un nouveau système de quotas via les contrats pour mieux se développer hors de nos frontières. Ils voient les coopératives se débattre pour inventer un autre mode de développement d'ici à 2015.

 

Les éleveurs qui cherchent à se préparer en s'agrandissant sont la cible de critiques de la part de leurs pairs, alors qu'il s'agit d'une stratégie d'évolution parmi d'autres. La FNPL ne dessinera pas seule le visage de la production laitière après 2015. Mais son statut de syndicat majoritaire au service de la défense des producteurs de lait l'oblige à trouver le courage de lancer le débat. Quitte à aborder les sujets qui fâchent, tels la compétitivité ou la restructuration. Il en va de l'adaptation des éleveurs au nouveau monde qui les attend en 2015.  

 

Cet article est le 263ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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