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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 22:45

La banque paie ses années folles de croissance à l’étranger

 

Le 29 mars 2012, avait lieu à Saint-Berthevin - dans une salle du Parc des Expositions - la réunion annuelle départementale (53) d’information du Crédit Agricole de l’Anjou et du Maine (la banque couvre trois départements : Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe), suivie d’une « table ronde » animée par Alain Massiot, directeur de France Bleu Mayenne, avec la participation de « deux mayennais d’exception », Luc Boisnard et Romain Charles (« deux hommes, deux aventures exceptionnelles »).

 

Soirée parfaitement bien maîtrisée, remplissant son rôle qui est de montrer que la banque est bien gérée (proximité, confiance), avec ses 95 caisses locales et ses 2046 salariés au service de 281 000 sociétaires et 794 000 clients.

 

Le président Jean-Louis Roveyaz a saisi l’opportunité (2012 est l’année des coopératives, selon une décision de l’ONU) pour rappeler la différence entre les coopératives (sociétés de personnes, mutualisme, valeurs, ce qu’est le Crédit Agricole) et les sociétés de capitaux.

Les coopératives ont un rapport spécifique à l’espace (elles sont liées au territoire), au temps (elles privilégient le long terme) et aux hommes (un homme= une voix).

Elles ont montré leur capacité de résistance à la crise, qui est profonde.

 

Il a rappelé que 2011 a été l’année de la crise de la dette souveraine émise par les Etats. « Les banques ont été les boucs émissaires, selon le président Jean-Louis Roveyaz, les Anglo-Saxons nous ont imposé des ratios prudentiels (Bâle III) qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes (les banques américaines n’ont jamais appliqué que Bâle II) ». Au niveau national, un plan d’adaptation est en cours.

 

Il est clair que le Crédit Agricole fait le dos rond face à la crise, réaffirme son fondement coopératif et mutualiste et se recentre sur son activité de banque de proximité en essayant de conserver au maximum la collecte (les dépôts) sur le territoire.

 

Les Caisses régionales ont conservé le pouvoir au sein de l’ensemble Crédit Agricole puisque la Fédération nationale - qui les représente - possède 54 % du capital de Crédit Agricole SA (CASA). Mais elles n’ont pas su empêcher la dérive de se produire au tournant des années 2000.

 

Voir (extrait) : Les dirigeants du Crédit agricole n'avaient plus les pieds sur terre- 3 août 2008 

 

Les pouvoirs publics n’ont pas été pour rien, historiquement, dans le développement du Crédit agricole mutuel, en milieu agricole et rural. Son caractère mutualiste, et le monopole de la distribution des prêts à taux bonifié aux agriculteurs, lui avait permis de s’implanter sur l’ensemble du territoire national et de conquérir des clientèles non agricoles.

 

J’avais observé de près en 2001 l’entrée du Crédit agricole sur le marché boursier. L’évolution économique vers le capitalisme financier avait incité le Crédit agricole à laisser de côté son adjectif « mutuel » et adopter le statut de société anonyme, afin d’être présent en Bourse, absorber d’autres banques et créer des filiales à l’étranger. La fusion avec le Crédit Lyonnais (et la création de la filiale d’investissement et de financement Calyon), la mise en Bourse de Casa (Crédit agricole SA), ont propulsé le groupe Crédit agricole sur les marchés financiers, l’éloignant de ses terres et du « bon sens près de chez soi ».

 

Les administrateurs ont exprimé leur mécontentement quand ils ont constaté que leur banque était contaminée par la crise américaine des « subprime », via la filiale d’investissement implantée aux USA. Le cours de Bourse, qui avait plus que doublé depuis 2001, est tombé plus bas que sa valeur initiale et les pertes liées à la crise des « subprime » ont dépassé cinq milliards d’euros (provisions, dépréciation d’actifs).

 

Depuis 2008, la position de CASA s’est dégradée. Les cours de Bourse, qui étaient à 16 euros à l’introduction, et avaient atteint plus de 30 euros avant la crise bancaire, sont actuellement à 3 euros. C’est la crise grecque qui est principalement à l’origine de cette situation. La banque possède depuis 2006 une filiale en Grèce, Emporiki - cinquième établissement bancaire du pays - très exposée à la crise financière.

Voir Crédit agricole : la fronde des petits actionnaires (Le Point, 22 mai 2012). Les petits porteurs s'en prennent à la croissance externe des années 2000, qui plombe les résultats de la banque mutualiste.

Un député français au Parlement européen, qui fait partie du gouvernement actuel, a obtenu un premier résultat sur le chemin du retour au contrôle de la finance. Voir Pascal Canfin “Des banques françaises parient sur le risque de faillite de la France (Télérama, Vincent Rémy, 26 janvier 2012). A Bruxelles, cet élu Vert affronte les lobbies de la finance. Première victoire : l’interdiction de spéculer sur la dette des Etats européens.

 

Cet article est le 125ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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Published by SORIN Michel - dans Capitalisme
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