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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 23:56

La justification principale d’une dissidence

 

Le refus d’approuver le traité de Maastricht en 1992 a été le principal motif de rupture entre Jean-Pierre Chevènement et le Parti socialiste et à l'origine du lancement du Mouvement des Citoyens (MDC) en 1993, devenu en 2003 le mouvement Républicain et Citoyen (MRC).

Le MRC, présidé par Jean-Luc Laurent - député du Val-de-Marne, maire du Kremlin-Bicêtre - réunissait son Conseil national le 30 juin 2013 avec, comme premier et principal point à l'ordre du jour, la préparation de la Convention Europe prévue le 30 novembre 2013. C'est Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente, députée de l'Aisne, qui était chargée de préparer le texte « Une autre Europe » et d'y intégrer les amendements remontés des départements. Voir Contribution du MRC Belfort dans le cadre de la Convention Europe - 30 juin 2013.

 

Réorienter l’Europe, c’est le grand enjeu de la période. Voir Réorienter l'Europe : JP Chevènement demande de reprendre le débat - 29 avril 2013. Afin d’éclairer le débat, sans attendre la rentrée, voici des extraits (l’introduction et des extraits significatifs de la première partie) du texte d’orientation qui a été adopté par le Conseil national du MRC, le 30 juin. Voir l'ensemble du texte sur le site du MRC.

  

Convention nationale du 30 novembre 2013

UNE AUTRE EUROPE

 

Pour le Mouvement Républicain et Citoyen, l’Europe est un enjeu majeur. C’est une des clés de l’avenir de la France. D’autant que nous ne confondons pas ces deux avenirs. Oui, à nos yeux, le futur de la France, comme celui des autres nations de l’Union européenne, si elles le décident, doit être pensé en premier lieu pour lui-même. La France, nation politique, nourrie d’un passé dans lequel elle a su montrer la voie de l’émancipation des peuples, n’est pas « finie », ainsi que Jean-Pierre Chevènement a su le montrer dans une approche combinant l’histoire lointaine, l’histoire proche et l’analyse politique (NDLR - voir le plan détaillé du livre « La France est-elle finie ? », Fayard, 2011 : Chevènement veut inventer la gauche républicaine qui aime la France- 20 décembre 2010).

 

Cela veut-il dire que l’Europe ne jouerait pas un rôle essentiel dans la construction de notre futur ? Certainement pas. Mais la seule approche qui vaille de la question européenne est celle d’une lecture à la lumière de chacune des nations qui la composent.

 

Nous touchons là à un identifiant essentiel de notre mouvement depuis sa création en 1992. Pour le MRC, la question européenne, fondamentalement liée à la question de la souveraineté, est indissociable de la question de la Nation. Corollaire : c’est en l’Etat que réside selon nous le pouvoir légitime de représenter le peuple et de négocier en son nom. Il y a là une position fondatrice, celle-là même qui distingue le MRC des autres partis de gauche, que ce soit le PS, EELV, le PC, le Parti de Gauche ou le PRG.

De cette position de principe, découlent nos analyses, notre engagement et nos propositions. Nous avons une ambition pour l’Europe. Mais cette ambition n’est pas un rêve déconnecté des réalités. Nous voulons nous confronter avec les faits sans pour autant en tirer la conclusion que, seuls la résignation ou l’irréalisme seraient possibles. Tel est le pari du MRC.

 

I – Il y a une question européenne : elle ne devrait plus être niée par qui que ce soit.

 

Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant historique qui se fonde sur un paradoxe : en France, et à rebours de l’opinion majoritaire, les partis sont pour l’essentiel dans le déni.

 

Les partis européistes, en premier lieu le PS et l’UMP, sont si longtemps restés dans la dénégation des vices fondamentaux de la construction européenne (NDLR - voir cet article : Il y a 40 ans, le livre de M Rocard Le marché commun contre l'Europe - 5 août 2013) qu’ils peinent à sortir de la croyance aveugle. C’est là d’ailleurs un trait marquant de la politique française au tournant des années 1990 : Maastricht aura sanctionné la rencontre des deux principaux partis de notre pays autour de l’Europe et du marché. Or, il sera impossible de dessiner un « futur européen » si l’on ne prend la mesure de ces défauts. C’est le principal obstacle auquel se heurte toute véritable avancée européenne (…).

 

Nous sommes pour une analyse sans concession des graves dérives qui ont marqué la construction européenne. Nous pouvons parler aujourd’hui d’un véritable tournant historique, celui de la prise de conscience par une majorité de nos concitoyens, que l’évolution de la construction européenne, cela ne va pas. L’opinion sent confusément que le système complexe auquel les Etats ont consenti n’est pas le bon. C’est pourquoi il faut analyser cette évolution historique et, c’est un devoir militant, la rendre lisible.

 

Dérive initiale, celle de l’Europe des pères fondateurs (NDLR - c’est expliqué dans le livre de Jean-Pierre Chevènement « La faute de M. Monnet » - voir Chevènement et l'Europe de M. Monnet : comprendre le sens du 9 mai- 9 mai 2011) : la « méthode inductive » qui devait conduire à une intégration de pays comparables par leur niveau économique et social a débouché sur un édifice complexe dans lequel la bureaucratie de la Commission a rapidement pris le pas. N’oublions pas que la tentation de subordonner les Etats date de cette période, avec les arrêts de la Cour de Justice des communautés européennes reconnaissant que la construction européenne constitue « un ordre juridique souverain qui s’impose aux Etats nationaux ».

 

Dérive seconde : l’élargissement au-delà de 15 aux 27, puis aux 28, intégrant des zones appelées à se faire une véritable concurrence interne, sans réelle recherche d’une cohésion économique et sociale, avec des pays de l’Est tout tournés vers le grand large comme l’a montré la guerre d’Irak et producteurs d’une immigration incontrôlée soit à la source soit comme zones de passage. Ils sont aujourd’hui les plus âpres défenseurs, avec le Royaume-Uni, du libre-échangisme total. Cet élargissement est ainsi le contre-modèle de l’Europe « de l’Atlantique à l’Oural » à laquelle l’histoire n’a pas - et c’est grand dommage - consenti.

 

Dérive troisième, la plus grave : la création d’une monnaie unique, absurdité qui a ligoté des économies à la fois hétérogènes et concurrentes, endommagé gravement la compétitivité des pays du Sud, dont la France, et conduit aujourd’hui dans une course effrénée vers un improbable salut. Le « sauvetage de la zone euro », dont on ne sait plus s’il relève de la doctrine de la foi ou des intérêts politiques de l’Allemagne, précipite l’Europe ou ce qu’il en reste dans l’impasse de la récession.

 

Encore faut-il ajouter à ce constat le poids décisif qui a été celui du triomphe du capitalisme financier. Appuyés sur le vent puissant de l’idéologie libérale, boostés par l’effondrement de l’URSS, les marchés « ouverts » ont installé une prédation sans frein qui a asphyxié l’économie réelle.

La « concurrence libre et non faussée », élargissant les marchés, ouvrant les entreprises européennes aux OPA de toute nature, prohibant sévèrement les interventions publiques, cassant les services publics, a achevé la déconstruction des Etats nations. Ce biais puissant de la mondialisation libérale, qui ne résulte pas directement des structures institutionnelles de l’Europe, s’est ajouté à leur effet négatif. Plus de nation, plus d’Etat mais, aux commandes, une élite hors sol dont on ne sait plus si le modèle anglo-saxon la rend plus nocive que la crispation germanique sur les dangers de l’inflation et la courte vue sur les conditions de la prospérité de demain (…).

 

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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Published by Michel SORIN - dans France et Europe
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