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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 23:48

L’œuvre d’un couple, car Lise Tatin y a apporté sa part

 

manif-Laval-230910-004-T.jpgEn 2011, j’ai eu deux longues conversations avec Lise TATIN*, qui m’ont fait mesurer à quel point elle est passionnée par le musée, auquel elle a contribué au moment de sa réalisation au côté de Robert Tatin. Je précise que je suis originaire de Cosmes, près de Cossé-le-Vivien, et le musée se situe entre les deux localités, près d’anciennes fermes dont je connais bien ceux qui les ont occupées.

 

Rémi Hagel, journaliste à L’avenir agricole, a fait une présentation de Tatin et du musée, qui a été publiée dans l’édition datée du 1er avril 2011 (rubrique Culture Hors Champ) - la voici :

 

Robert Tatin, artiste cosmique

 

Robert Tatin est une figure mayennaise. La visite du musée Robert Tatin, à Cossé-le-Vivien, casse deux idées reçues : le musée n’est pas un bâtiment d’exposition, mais une œuvre à part entière. Quant à l’homme, son art n’était ni naïf ni brut, mais parfaitement calculé. Aussi précis que le cycle des astres. Une ode à toutes les civilisations.

 

Toute son œuvre participe de sa quête pour « tenter de démêler l’univers »

 

Ce que Robert Tatin avait baptisé son « étrange musée », à Cossé-le-Vivien, est un lieu à part, impressionnant. Mais avant d’arriver sur cette ferme de la Frénouse en 1962, avec sa cinquième épouse, et de se consacrer à « sa maison des champs », l’artiste a vécu. Et quelle vie !

 

Né à Laval en 1902, dans une famille modeste, il commence par apprendre les métiers du bâtiment, devient ouvrier-peintre-décorateur à Paris en 1918. Une chance : il a déjà un pinceau en main, ce qui le pousse jusqu’à l’Ecole des Beaux-Arts. De retour à Laval après son service militaire, il monte une entreprise de charpente. Florissante, elle lui donne les moyens de voyager, et de se frotter au monde : Europe, Afrique du Nord, New-York. Son œuvre sera marquée par cette curiosité pour les autres cultures ainsi que pour ces métiers manuels, impliquant le sens de la géométrie.

 

Premier prix à São Paulo

 

C’est en 1945 qu’il décide de se consacrer entièrement à l’art. Il retourne s’installer à Paris, côtoie Prévert, Cocteau, Breton, Giacometti. En 1950, il part vivre au Brésil et travaille pour le directeur des Beaux-Arts de São Paulo (par ailleurs, riche industriel). En 1951, il expose à la première biennale d’art de São Paulo… et obtient le premier prix de sculpture. Il poursuit ses voyages. De retour en France en 1955, il travaille entre Vence, Paris et Laval. En 1961, à Paris, il reçoit le prix de la Critique. Puis il se pose définitivement en Mayenne en 1962 pour édifier son œuvre suprême.

 

Autour de sa chaumière minuscule, mais aménagée de mille détails inventifs et, évidemment, artistiques, il va bâtir « sa forteresse », gardée par un dragon à la gueule aussi effrayante qu’amusante, à l’image des dragons asiatiques. Clin d’œil aux géants de l’île de Pâques, l’allée des Géants conduit le visiteur au musée. Ces structures de ciment sur grillage, à la peinture effacée, figurent les idées et les personnes qui comptent pour Robert Tatin : les verbes Etre ou Avoir, ou Jeanne d’Arc, mais surtout beaucoup d’artistes, le Douanier Rousseau, Paul Gauguin, Jules Verne, etc.

 

A l’intérieur de l’enceinte, le Jardin des méditations : autour d’une pièce d’eau, se dressent ces monuments issus d’une Antiquité réinventée, ornés de sculptures autant inspirées de mausolées aztèques que des bas-reliefs truculents des temples hindous. Robert Tatin n’hésitait pas à traiter le sérieux de ses questionnements avec une dérision toute rabelaisienne. La connaissance n’empêche pas la bonne humeur.

 

Le musée reste également un lieu d’exposition des nombreuses toiles de l’artiste. On raconte que Robert Tatin a été impressionné par la comète de Halley en 1910. L’infiniment grand, comme l’infiniment petit, n’ont cessé de le fasciner. Toute son œuvre participe de sa quête pour « tenter de démêler l’univers ». Ces interrogations existentielles et propres à tous les hommes l’ont amené à cette posture universaliste. Il voit par exemple dans les spirales, « une langue commune à toutes les civilisations ». Cela se retrouve dans ses peintures comme dans tout ce musée, qui « est une table où tout le monde est invité, toutes sortes de couleurs et de philosophies », décrivait l’artiste.

 

D’Abou Simbel à Gaudi

 

Le musée Robert Tatin peut faire penser à un sanctuaire : l’artiste y repose depuis sa mort en 1983, entouré de ses statues, et de ce qu’on pourrait qualifier de temple, bien qu’il ne soit pas dédié à une religion. Non, ce n’est pas aussi grand qu’Abou Simbel – ce n’est l’œuvre que d’un seul homme – mais il pourrait s’inscrire dans cette filiation, de Stonehenge aux totems africains, en passant par la Sagrada Familia de Gaudi. Mais loin du secret du sacré, ce musée est ouvert au monde. C’est un lieu de respiration. On parle de l’inspiration de l’artiste, dit-il dans une interview, mais « inspirer, c’est aussi expirer, c’est respirer. C’est vivre ». Et quelle vie.

 

Vu dans La Mayenne, on en parle (La Lettre du Céas, décembre 2011)

 

La très belle revue Connaissance des arts, dans un hors-série consacré au « patrimoine en France » (septembre 2011), publie un article de quatre pages, avec photos en couleurs, sur « l’étrange palais de monsieur Tatin », à Cossé-le-Vivien.

L’auteure, Agnès Waendendries, présente la Frénouse comme « une œuvre hors norme, où architecture et sculpture se combinent en une vision fantastique du monde »… Bref, « un moment unique », au demeurant « objet de soins constants »…

 

Au-delà de la présentation des lieux, Agnès Waendendries laisse Bruno Godivier, directeur du musée, raconter le principe de construction… et s’inquiéter de la conservation des sculptures.  « La peinture reste le point faible du musée, précise l’auteure de l’article. Robert Tatin utilisait des peintures à l’eau qui lui permettaient de faire des superpositions et, éventuellement, de revenir sur certains partis pris, mais qui s’effacent avec le temps, nécessitant d’inlassables restaurations ».

Faute d’avoir trouvé une solution du côté de la peinture, pour le moment, « aucun autre choix possible que de prendre le pinceau ! Un travail de Titan », selon Connaissance des arts.

 

* Voir aussi Lise Tatin et, bien sûr, le site officiel du musée Robert Tatin.  

 

 

Cet article est le 6ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue histoire

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