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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 23:35

Vers la pénurie mondiale de lait, faute de producteurs

 

Les décisions prises par l’Union européenne visant à supprimer toutes formes de régulation des prix payés aux producteurs de lait ont des conséquences fâcheuses, comme c’était prévisible*. Il y a ceux qui arrêtent le lait et se tournent vers les céréales, qui ont le vent en poupe sur les marchés mondiaux. Et il y a ceux qui, découragés, arrêtent l’agriculture. Triste bilan d’une politique européenne, qui fut pourtant cautionnée par la France ces dernières années.

 

Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur du quotidien l’Humanité, ne cesse d’alerter sur les dangers de cette politique. Voir Alerte lait, dans l’édito qu’il a écrit pour le journal agricole La Terre (14 mai 2013, Wikipédia) :

 

J’ai, ici même, il y a quelques semaines, alerté sur la distorsion existante entre le risque de pénurie mondiale de lait et la pression à la baisse sur les  prix à la production. Au terme d’une discussion entre organisations de producteurs, industriels et distributeurs, il a été accordé péniblement 2 centimes de plus par litre de lait à la production.

Renseignement pris, les producteurs de lait n’en ont toujours pas vu la couleur. Même avec cette augmentation, les prix à la production seraient encore très en deça de 300 euros la tonne. C’est le prix payé, il y a plusieurs années, alors que la spéculation fait monter les prix des produits céréaliers. On estime ainsi que les revenus issus du lait sont au mieux en stagnation depuis 2010, alors que les coûts des aliments ont augmenté de près de 40%.

 

Ainsi, il est clair que la dérégulation impulsée par la Commission de Bruxelles, avec la fin des prix minimum et la prévision de la suppression des quotas de production, détruit à petit feu la production laitière à base familiale. La loi du précédent gouvernement dite de « modernisation de l’économie » continue à faire sa mauvaise œuvre en permettant aux quelques groupes de la grande distribution d’imposer leurs prix. On peut même dire que ces groupes dominants se comportent comme un cartel qui impose les prix d’achat à l’industrie laitière, sous l’égide de M. Leclerc qui se vante d’aider le pouvoir d’achat des consommateurs, alors qu’il ne fait que remplir ses caisses de profits. Et que dire du chantage à la sortie de certains produits  laitiers, de certaines marques des rayons de supermarché.

 

L’autre phénomène très inquiétant pour la production laitière comme pour l’élevage en général, est la tendance de plus en plus d’agriculteurs de retourner leurs prairies pour semer des céréales dont les cours sont très élevés depuis quelques années. Cette tendance à la « végétalisation » de nos campagnes est mortelle pour la valorisation de nos territoires en provoquant une « décapitalisation » importante des fermes. L’ensemble de ces phénomènes provoquera sans tarder des pénuries de viande et de lait, tout en favorisant de nouvelles concentrations agricoles, à rebours de la valorisation des territoires, de l’emploi et de la souveraineté alimentaire.

 

25 000 exploitations laitières ont été supprimées ces trois dernières années. C’est l’équivalent de dix plans sociaux de PSA. Dans l’industrie laitière, sept usines ont été fermées l’an passé, supprimant 1000 emplois. Toutes les informations montrent un certain épuisement des producteurs, découragés, non reconnus, alors qu’ils sont un maillon essentiel de l’économie nationale, produisant une matière essentielle à la vie et à la santé. Il en est de même des petites et moyennes fromageries dont une cinquantaine risque de fermer cette année, entraînant dans leur chute, la disparition de 10 000 emplois.

Il ne s’agit pas ici du grand mot de « redressement productif ». Il s’agit de maintenir une activité en faisant rémunérer correctement le travail agricole et en redistribuant la valeur issue du lait et des produits laitiers, accaparée par la grande distribution. Il y a urgence !

 

* Voir Lait et filières agricoles d'élevage : tous les indicateurs sont au rouge - 21 avril 2013 et Les éleveurs sont à bout (revenus trop bas), les céréaliers sont à l'aise - 23 février 2013. 

 

Cet article est le 389ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
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commentaires

clovis simard 29/07/2013 17:13


LES VICTIMES DU NÉOLIBÉRALISME.

Patrick25 16/05/2013 03:25


Idem en plus constructif de notre avenir à tous : 


 


http://www.thebookedition.com/tetes-a-flaques-thiellee-patrick-p-96895.html