Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:40

Remettre l’humain au cœur du système économique

 

Avant d’ouvrir une nouvelle année, revenons à l’essentiel : la place des hommes et des femmes dans la vie économique. François-Régis Lenoir - agriculteur dans les Ardennes mais aussi psychologue, enseignant à l’université de Reims - s’est intéressé à la souffrance au travail agricole, notamment dans le domaine de l’élevage. « Parler n’a jamais été aussi indispensable ».

 

Les publications récentes concernant les suicides des agriculteurs montrent une évolution inquiétante. Ils sont trois fois plus nombreux que la moyenne de l’ensemble de la population active. Selon le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, « le suicide en agriculture ne doit pas être un sujet tabou : c’est un problème de société qui nous touche tous » (déclaration 31 mars 2011 à Rennes. Voir Bruno Le Maire annonce un plan de prévention du suicide dans le monde agricole).

 

Voici deux articles (Ouest-France et Terre-net) rapportant les observations de François-Régis Lenoir.

 

François-Régis Lenoir est à la fois psy et paysan (Ouest-France, Patrice Moyon, 9 juillet 2011)

Agriculteur dans les Ardennes, il anime des groupes de parole. Et brise le silence sur la souffrance au travail des agriculteurs.

 

Sur la table de la cuisine de ses parents, il y a du café. Accueil chaleureux, soleil printanier. Dans la grange voisine, les moutons piaffent de retrouver leurs herbages. Ce matin-là, François-Régis Lenoir est de retour à Remaucourt, un petit village des Ardennes à 240 mètres d'altitude.

« Je sais bien que ça peut paraître étrange mais quand je reviens ici en juillet pour la moisson, ce sont un peu bizarrement des vacances », glisse-t-il avec un sourire. Cheveux bouclés, lunettes fines, il endosse selon les jours la cote du paysan ou le costume de l'universitaire. Enseignant à l'université de Reims, psychologue, paysan. Et toujours cette volonté de prendre le pouls de ceux qui, longtemps sont restés dans l'ombre. Incapables de mettre des mots sur leur souffrance au travail.

« On ne prend plus le temps », observe-t-il avec regret. Or parler n'a jamais été aussi indispensable. Les derniers chiffres publiés sur le suicide des agriculteurs sont un signal inquiétant. « Selon l'Institut national de veille sanitaire, on est passé de 230 suicides en 2005 à 389 en 2009-2010. C'est trois fois plus que la moyenne de la population active. »

Il existe bien un mal-être agricole confirme François-Régis Lenoir, et notamment dans les filières d'élevage. « Pour les éleveurs laitiers, nous avons observé des niveaux de tension comme nous n'en avions jamais vu jusqu'à présent dans d'autres professions. Il faut remettre l'homme au centre. C'est l'humain qui crée de la valeur ajoutée. Retrouver le sens de l'équipe. Ceux qui vivent mieux ont réussi à partager certaines charges avec leurs voisins. Les coopératives, même si elles ne sont pas les seules, ont un rôle à jouer. Les agriculteurs doivent réapprendre à travailler ensemble. » Et pas seulement pour faire baisser leurs charges.

« Une étude menée en 2006-2007 a comparé une cinquantaine d'agriculteurs ayant des mandats sociaux avec ceux n'en ayant pas. On a observé une plus grande capacité à faire face au stress et une meilleure santé chez les agriculteurs ayant une vie sociale. » Une invitation à s'engager.

Longtemps tabou, les questions de la solitude et du suicide en agriculture font désormais l'objet de débat au sein même de la profession. Lors d'un colloque en mars à Rennes, Bruno Le Maire a annoncé un plan de lutte contre le suicide en agriculture. Mis en oeuvre par la Mutualité sociale agricole (MSA), ce plan de lutte en trois volets établira d'abord des « données fiables sur le suicide des agriculteurs, en croisant les données des certificats de décès avec les données administratives de la MSA ». Le deuxième volet intégrera des « dispositifs d'écoute pour les agriculteurs en détresse ». Enfin, des cellules de prévention seront créées dans chaque caisse de la MSA « pour repérer les agriculteurs en difficulté ».

François Régis Lenoir, agriculteur et psychologue (Terre-net, TNC, 27 décembre 2011). Etre indépendant n’empêche pas de créer du lien social.

 

Cet article est le 274ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article

Repost 0
Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article

commentaires

travailendanger229 25/02/2017 15:53

Nombre d'agriculteurs (y compris des éleveurs)ont des revenus TRES faibles (de l'ordre de 300 euros/mois).Vivre de son travail devient dès lors quasiment impossible.L'Europe verte (la PAC)a longtemps été un cadre favorisant les activités agricoles et notamment les agriculteurs français.Ce n'est plus le cas.Il faut donc repenser l'organisation des activités agricoles en France et en Europe.Or,les "responsables" publics se précipitent au Salon de l'Agriculture pour se montrer,pour faire leur sketch sans même faire référence à ce scandale des agriculteurs qui se donnent la mort.C’est indécent.D'autres professions (hôpital,enseignement,police…notamment)sont durement touchées,frappées par la souffrance,l'absence de reconnaissance,la (très) mauvaise organisation du travail,l’absence de concertation,le déni des problèmes organisé au plus haut niveau de l'Etat (et de l'Europe)et avalisé par des syndicats dont l'utilité est problématique.En effet,lorsque la question de la SURVIE est posée on ne peut plus se contenter de vagues promesses électorales ou d'un simple "ça va aller" à la fois cruel et totalement irresponsable.Des questions de cet ordre,aussi graves,aussi importantes pour notre avenir (se nourrir,vivre dans un espace vivable,entretenir les territoires & les paysages en dehors des métropoles systématiquement privilégiées,préserver les ressources naturelles…etc)ne peuvent être résolues que par la politique,les Etats,les responsables publics.Or,à l’évidence ces derniers ne parviennent plus à penser l’essentiel et l’intérêt général quand ils ne préconisent pas purement et simplement la destruction du pacte social.Il faut relayer de toute l’urgence l’appel au secours des agriculteurs de France,après le suicide ( !) de cette productrice de lait des Côtes d’Armor.C’est notre intérêt que de le comprendre :faire de la merd. ne peut en aucun cas constituer notre avenir commun.Des hommes et des femmes aiment le travail bien fait et en meurent dans un silence de plomb.