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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:38

Réhabiliter l’œuvre de toute la vie de Robert Tatin

 

J’avais relevé l’amertume de Lise Tatin, rapportée par l’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne (voir Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013). Elle n’est pas satisfaite de ses relations avec les gestionnaires du musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (Mayenne) et de la façon dont ils conçoivent l’évolution du musée, sans concertation avec elle*.

 

Ayant reçu la visite de Jean-François Vallée, membre de la rédaction départementale du quotidien Ouest-France,  Lise Tatin a évoqué son projet de réaliser une exposition, à l’occasion du 30ème anniversaire - en décembre 2013 - de la mort de son mari, afin de mieux faire connaître l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, notamment celle qui a précédé son arrivée à la Frénouse, en 1962. Voici l’article paru dans l’édition Mayenne du 10 mars 2013 de Dimanche Ouest-France.

 

Lise veut réveiller la mémoire de Robert Tatin

 

En décembre prochain, on fêtera les 30 ans de la disparition de Robert Tatin. Sa femme se bat pour réhabiliter l’œuvre de son mari avec lequel elle a travaillé. Portrait

 

« Je suis entrée en Mayenne un jour où l’herbe était verte et les pommiers en fleurs », se souvient-elle. Depuis, Lise Tatin n’a plus quitté le pays de son illustre de mari (1). C’était en 1962. Cinquante années plus tard, c’est une petite dame volubile et alerte qui nous accueille dans sa maison de Ruillé-le-Gravelais. « Robert Tatin est en devenir. Je veux réhabiliter l’œuvre de toute une vie » ».

Robert Tatin est mort depuis 30 ans. Depuis, aucune rétrospective n’est venue nous éclairer sur la force et la richesse de son œuvre. On vient du monde entier visiter le musée de Cossé-le-Vivien. Mais hors les murs de la Frénouse, Robert Tatin semble glisser vers l’oubli. Et sa peinture n’est pas cotée. « Cela ne préjuge en rien de la qualité d’un artiste », modère Bruno Godivier, le directeur du site.

« Quand je l’ai connu, Robert pouvait exposer partout », rappelle Lise Tatin. C’est cet artiste-là qu’elle veut réhabiliter. Après guerre, Robert Tatin fréquente André Breton, Jean Dubuffet et Giacometti. L’ancien artisan est devenu artiste. Il travaille beaucoup, la sculpture, la peinture, la céramique. Et plusieurs voyages en Amérique du Sud installent sa réputation.

 

« Un artiste tourné vers le vivant »

 

Quand il revient à Laval en 1962, où il a commencé sa carrière comme peintre décorateur en 1930,  c’est un peu le retour du fils prodigue. « Robert Tatin a proposé au maire de l’époque, Francis Le Basser, le don de 400 œuvres, raconte Lise. En échange, la Ville s’engageait à soutenir un jeune artiste de milieu modeste ». L’élu refuse. L’espace dédié à la culture auquel Robert Tatin rêvait ne se fera pas à Laval.

Ce sera la chance de Cossé-le-Vivien. Le musée de la Frénouse est l’un des lieux les plus visités de la Mayenne (plus de 20 000 visiteurs par an). Un espace étonnant, passionnant, riche de références culturelles et spirituelles, sans doute le chef-d’œuvre de celui qui l’a pensé.

« Oui, mais c’est un mausolée, regrette Lise, Tatin voulait un village d’artistes, pas ce que le musée est devenu ».

Lise Tatin se vit en gardienne d’un temple dont elle n’a plus les clés. D’où le conflit qu’elle entretient avec la commune de Cossé-le-Vivien. Bruno Godivier, le directeur du musée, dit s’en attrister. Et défend ses choix. « Robert Tatin est un artiste tourné vers le vivant. Et le musée rend hommage à cela ».

Sans doute, mais son œuvre aurait besoin d’être revisitée dans son ensemble. Surtout celle d’avant la Frénouse. C’est pourquoi Lise Tatin aimerait qu’une exposition soit réalisée à l’occasion des 30 ans de la mort de son mari en décembre prochain. En attendant, elle essaie de réécrire la biographie de Robert Tatin afin de dire « qui il était » et comment son œuvre s’est construite.

Et peut-être de réhabiliter sa propre vie à elle, Lise Tatin. Car elle n’était pas seulement la muse de l’artiste. Ceux qui l’ont vu pousser la brouette sans relâche à la Frénouse peuvent en témoigner.

Il est temps de partir. Allons faire la photo de la dame devant la haute statue d’un couple enlacé qui est plantée dans le jardin. « Ah, vous avez une œuvre de Tatin, interroge-t-on, Oui, nous répond la dame dans un sourire. Une statue de Lise Tatin.

 

(1) Robert Tatin est né dans le quartier de l’Epine à Laval en 1902.

 

* L’association CiViQ soutient Lise Tatin dans ses démarches pour que soit connue - dans sa globalité sur l’ensemble de sa vie - l’œuvre de Robert Tatin et pour que soit reconnue la contribution de Lise à la réalisation du musée de la Frénouse à Cossé-le-Vivien.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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