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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 15:50

Remettre en place partout des politiques agricoles

 

Le 22 juin, Marcel Mazoyer était invité par l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAITS INDEPENDANTS (Apli) des Pays de la Loire pour une intervention à Andard (Maine-et-Loire).

Marcel Mazoyer est économiste et agronome, professeur émérite (77 ans) à l’Institut national agronomique Paris-Grignon. 

Anniversaire-Maria-90-ans-1-08-10-114.jpgAlors que les prix des produits agricoles varient de plus en plus sous l’effet des marchés tout puissants, l’article qu’a publié L'AVENIR AGRICOLE le 25 juin 2010 a le mérite de remettre les idées en place. Antoine Humeau a résumé les propos de Marcel Mazoyer*, sous le titre :

 

« On ne peut réussir une politique de plein emploi sans prix agricoles élevés »

 

Les prix des matières agricoles baissent de façon continue pendant vingt-cinq ans, et tous les vingt-cinq ans, ils explosent. Depuis 1975 et jusqu’à 2005-2006, ils avaient été divisés par six. La tonne de céréales était tombée à 100 euros au début des années 2000. La raison de l’explosion des prix, c’est la diminution des stocks internationaux. Une mauvaise récolte d’un pays exportateur suffit à faire exploser les prix. A la fin des années 1960, brusquement, les stocks de céréales tombent à moins de 16% de la production et de la consommation mondiale. Que font les six ou sept multinationales du grain ? Elles font des achats spéculatifs. Aussitôt, tout le monde embraye et la hausse des prix s’amplifie.

 

La raison de l’explosion des prix, c’est la baisse des stocks et la raison de la baisse des stocks, c’est la baisse des prix des 25 années qui précèdent.

 

Ce qui fait le prix mondial, ce sont les 10 à 20% des agriculteurs qui produisent le moins cher du monde. Le prix international, c’est donc le coût de revient des entreprises d’agrobusiness, qui sont capables de produire des céréales entre 50 et 100 euros la tonne alors que les paysans d’Afrique produisent à 400 ou 600 euros la tonne tout en ne gagnant que quelques dollars par jour.

 

Il faut revenir à des politiques de protection de toutes les agricultures et ne pas laisser l’agrobusiness écrabouiller les paysans du sud. Si on continue dans la même politique de libre-échange, passée cette vague d’investissements massifs par les capitaux financiers internationaux et par l’agrobusiness, les stocks vont se reconstituer très vite. On va repartir alors dans une longue période de baisse des prix qui va encore ruiner les paysans aux quatre coins du monde et qui va encore fabriquer plus de chômeurs à l’échelle planétaire.

 

Si on veut que le système global soit gérable dans les 25 prochaines années, il faut remettre en place partout des politiques agricoles qui garantissent à tous les paysans la possibilité de rester paysan, de vivre et manger à leur faim et même de gagner un peu d’argent pour investir et accroître leur production. Car il ne faut pas oublier qu’il faudra nourrir neuf à dix milliards de personnes dans cinquante ans. Ce n’est pas l’agrobusiness qui va nourrir les pauvres ; les seuls qui peuvent nourrir les pauvres, ce sont les pauvres eux-mêmes, c’est-à-dire les paysans. Pour cela, il faut établir partout des protections tarifaires, pour que les paysans soient payés à un prix de production. L’aide alimentaire ne peut régler le problème de pauvreté et de la faim.

 

Ce qui détermine le seuil minimal viable, c’est le prix auquel on paie les paysans. Les revenus agricoles doivent être équivalents aux revenus urbains, pour éviter l’exode vers les bidonvilles. On ne peut pas réussir une politique de plein emploi si l’on n’a pas des prix agricoles qui permettent aux agriculteurs de vivre correctement.

 

* Voir son intervention à l’invitation de la Fondation Gabriel Péri le 7 novembre 2006 : .La situation agricole et alimentaire mondiale et ses conséquences pour l’Afrique

 

Voir aussi Marcel Mazoyer : la hausse des prix alimentaires profite à la finance - 18 juin 2008 ; Marcel Mazoyer et Laurence Roudart : La fracture agricole et alimentaire mondiale - 12 novembre 2006 ; Laurence Roudart fait l'historique des négociations internationales concernant l'agriculture - 13 novembre 2006.

 

Cet article est le 192ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

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