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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 17:46

Une analyse acerbe de la politique de l’emploi sous Sarkozy

 

Le rapport de la Cour des comptes sur le marché du travail, publié le 22 janvier 2013, a été commenté, principalement sur la question de l’indemnisation du chômage. Exemple : L’Express L’Expansion, le 22 janvier (Emilie Lévêque) : La France est-elle trop généreuse avec ses chômeurs?

Dans un rapport sur les politiques de l'emploi publié ce mardi, la Cour des comptes s'inquiète de l'avenir de l'assurance chômage qui cumule un déficit de 18 milliards d'euros. Elle met en cause des règles d'indemnisation particulièrement généreuses. Explications.

 

Mais les autres points du rapport ont été passés sous silence. Pourquoi ? Sans doute parce qu’ils mettent durement en cause la politique de la majorité précédente en matière d’emploi.

Voir Marché du travail : face à un chômage élevé, mieux cibler les politiques.

Un dualisme du marché du travail aggravé par la crise
Un financement de l’indemnisation du chômage difficilement soutenable
Des dispositifs peu efficaces face à la hausse du chômage
Des politiques pas assez ciblées sur les publics en difficulté
Une gouvernance publique et paritaire complexe et insuffisamment coordonnée
Conclusion
Les recommandations de la Cour

 

Michel Abhervé, qui est professeur associé à l'université de Paris Est à Marne-la-Vallée, a écrit, le 22 janvier, un bon article à ce sujet sur son blog « Alternatives économiques ».

 

Rapport de la Cour des Comptes : une analyse acerbe du quinquennat précédent

 

Si les médias ont retenu du rapportMarché du travail : face à un chômage élevé, mieux cibler les politiques” que vient de publier la Cour des comptes la mise en cause du système d’indemnisation, il est de nombreux autres points de ce rapport qui méritent attention.

 

Son calendrier de parution en fait, de fait, un document synthétique sur la façon dont dans le précédent quinquennat la politique de l’emploi a été conduite durant la crise. Nous avons la faiblesse de le trouver, avec une démarche tout autre, complémentaire de l’analyse que nous avons publiée en avril 2012 (voir Bilan du quinquennat en matière d’emploi : dernière parution autorisée avant le premier tour et Tentative de bilan de l’action Xavier Bertrand, Ministre du Travail et de l’Emploi : un coupable défaut de diagnostic)

 

Il est en particulier mis en évidence l’accroissement de la division du salariat en deux mondes de plus en plus éloignés dans un “dualisme particulièrement fort : à côté de l’emploi stable en contrats à durée indéterminé, en particulier dans les grandes entreprises, s’est développé un emploi plus ou moins précaire prenant des formes intermittentes et saisonnières.

 

Ce dualisme est associé à la qualification, les emplois précaires étant moins qualifiés, et au cycle de la vie active, l’entrée dans celle-ci étant souvent amorcée dans la précarité. Or, en France, les jeunes et les titulaires de contrats courts ont été particulièrement touchés par les effets de la crise.” ce qui “les personnes les plus fragiles sur le marché du travail (titulaires de contrat à durée déterminée, intérimaires et jeunes) ont également été les premières victimes de la dégradation du contexte économique.”

 

De même ce rapport met en évidence l’usage réduit et peu efficient du recours au chômage partiel, dont l’usage dans de nombreux pays, en particulier l’Allemagne, a joué un rôle déterminant au plus fort de la crise pour réduire le nombre de ruptures de contrats de travail, ce qui est résumé ainsi “Quatre années après l’éclatement de la crise, le dispositif français de chômage partiel n’a pas trouvé son équilibre, les freins à son utilisation subsistent. La lenteur dans l’adaptation du dispositif met en évidence l’inertie d’une réglementation dont la complexité fait pourtant l’objet d’un diagnostic partagé par l’ensemble des acteurs. Cette faible réactivité est d’autant plus dommageable quand elle entrave l’efficacité d’un dispositif qui a pourtant fait ses preuves à l’étranger et dont l’essentiel des effets est concentré sur l’industrie.”

 

Puis ce rapport effectue un nouveau diagnostic du système de formation professionnelle, parfaitement en phase avec les très nombreux diagnostics précédents, ce que résume cette phrase “la formation professionnelle continue bénéficie plus aux salariés les mieux formés, alors même que les moins qualifiés font face au risque de chômage le plus élevé

 

Il met même en évidence que la pratique de ces dix dernières années a accentuée cette tendance au détriment des demandeurs d’emploialors que la formation des demandeurs d’emploi est affichée de longue date comme une priorité par l’ensemble des acteurs intéressés, on ne peut que souligner que sa part dans les dépenses totales de formation professionnelle a reculé depuis le début des années 2000, les sommes correspondantes étant restées quasiment stables en valeur absolue entre 2001 et 2009“aboutissant à ce constat désespérant “ le taux d’accès des chômeurs (au sens du bureau international du travail) à la formation serait inférieur d’environ un tiers à celui des actifs occupés“. Nous avons pourtant eu les oreilles rebattues, en particulier par Laurent Wauquiez, par la réforme de la formation professionnelle !

 

Ce rapport met aussi en évidence la dérive des contrats aidés, en particulier des contrats aidés du secteur non marchand qui n’ont pas, contrairement à l’objectif qui les légitime, été centrés sur les publics les plus éloignés de l’emploi “à partir de 2008, l’objectif quantitatif a pris le pas sur l’objectif qualitatif dans la régulation des admissions en contrats aidés …les contrats ont relativement moins bénéficié aux demandeurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail en période de dégradation de la conjoncture“

 

Enfin le rapport met une nouvelle fois en évidence la complexité des institutions, l’absence de rationalisation d’un dispositif qui s’est complexifié tout au long du quinquennat, comme en témoigne par exemple la création des superfétatoires Comité National de l’Emploi et Comités Régionaux de l’Emploi

 

Un certain nombre de recommandations formulées par la Cour des comptes sont d’ores et déjà concrétisées ou en cours de concrétisation. Nous citerons en particulier les choix du gouvernement de centrer les emplois d’avenir sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi, et non sur ceux qui pourraient avoir accès à d’autres dispositifs, et la décision des partenaires sociaux d’augmenter la contribution des employeurs à l’assurance chômage pour les CDD les plus courts (même si on peut regretter que contrairement à ce que suggère la Cour, l’intérim ne soit pas concerné)

 

Un rapport qui mérite une lecture attentive, au delà de ce que les médias annoncent.

 

Cet article est le 113ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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Published by Michel SORIN - dans Travail Economie
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