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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 23:20

Du pari perdu de Mitterrand au destin commun avec l’Allemagne

 

La diffusion du livre de Jean-Pierre Chevènement « La France est-elle finie ? » (Voir Chevènement veut inventer la gauche républicaine qui aime la France - 20 décembre 2010) est prévue demain.

 

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Marie-Françoise Bechtel, entre François Hollande et Jean-Pierre Chevènement, animant leur débat lors de l'université d'été du MRC à Valence, le 5 septembre 2010

 

Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente du MRC – elle était au côté de Chevènement quand il était ministre, avant d’être nommée par lui à la direction de l’Ecole Nationale d’Administration – qui a lu le livre avant nous, en fait une présentation dans le bulletin Citoyens Militants de janvier (voir Téléchargez et distribuez le numéro de Citoyens Militants de janvier 2011 consacré à la sortie de "La France est-elle finie?").

 

« La France est-elle finie ? » Le passé, l’avenir et nous

 

Titre provocateur que celui de cet ouvrage, où Jean-Pierre Chevènement prend date avec l’avenir sans donner quitus au passé. Mais susciter le réveil des consciences est dans le droit fil de la tâche historique qu’il a choisi d’assumer depuis une quarantaine d’années. Dans la continuité de cette mission, il pose aujourd’hui, sans complaisance et sans délectation morose, la question de notre avenir. 

 

LE PARI DU PASSÉ  

Et tout d’abord est la question : que nous est-il arrivé, à nous progressistes et républicains depuis trente ans ? Et qu’est-il arrivé à la France qui, « il y a un demi-siècle, nourrissait encore des rêves de grandeur avec le général De Gaulle, ou même il y a trois décennies l’ambition de « changer la vie » avec François Mitterrand, (et qui) apparaît aujourd’hui comme un pays sans avenir, désespérant pour sa jeunesse. » ?

La première partie de l’ouvrage cherche d’abord à restituer sa pleine dimension à la question. La posture critique est celle d’une interrogation raisonnée. Ce n’est pas l’indignation pamphlétaire, c’est d’abord la volonté de comprendre : d’Epinay aux années 2000 avec pour temps fort le tournant européen de la France. Défrichement, mise en perspective magistrale, parfois réévaluation lorsque c’est nécessaire1.

Le résultat est un tableau saisissant qui restitue une logique en lieu et place de la succession des événements, éclairant le rôle des hommes sans négliger les facteurs qui font des pouvoirs et des idéologies plus ou moins latentes la clé de l’histoire telle qu’elle se fait.

Mais l’ouvrage ne s’en tient pas à l’analyse, si brillante soit-elle du « que nous est-il arrivé » ? Il faut aller au coeur de ce qui l’a permis, « l’énigme » de notre histoire : « Pour avoir vécu celle-ci au premier rang depuis quarante ans, je sais qu’il ne sera pas possible de réinventer l’avenir de notre peuple sans l’avoir éclaircie. »

D’où deux hypothèses centrales qui sont au cœur des premiers chapitres de l’ouvrage.

La première : ce qui nous est arrivé dans les années quatre vingt à quatre vingt dix trouve sa source voire sa continuité dans les années trente à quarante qui ont vu la France cesser de croire en elle, les élites trahir le peuple et l’esprit de défaite s’insinuer dans la conscience collective au-delà du sursaut de la 5° République. C’est une hypothèse rarement soutenue. Accablante, peut-être ; lucide certainement, cette évaluation de notre potentiel négatif creuse profond dans le terreau qui a alimenté notre renoncement.

La seconde hypothèse est celle du « pari pascalien » de François Mitterrand, qui parcourt largement cette première partie. Dans une investigation caractérisée par la hauteur de vues, sans réclamations mesquines ou appels au « bilan », Jean-Pierre Chevènement expose les divergences, évalue les contradictions et en vient finalement à conclure que le pari de l’ancien chef de l’Etat, largement tributaire de son histoire personnelle, aura été une fuite en avant : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir ». On ne saurait être dupe de la portée réelle de cette formule qui veut dire au fond pour son auteur que « la France est finie »

 

LES PROLÉGOMÈNES DE L’AVENIR

En contrepoint du « pari pascalien » la deuxième partie de l’ouvrage déploie et ordonne les défis du futur. Moins encore peut-on ici résumer une pensée qui avance en se construisant elle-même, non plus par hypothèses raisonnées mais par la synthèse d’une expérience nourrie à l’épreuve du feu et toujours alimentée par une réflexion personnelle fondée sur des références historiques philosophiques, littéraires même.

Comme François Mitterrand dans la première partie, l’Allemagne est le profil clé de cette deuxième partie. Mais c’est l’avenir de la France qui en est le pari.

D’abord l’Allemagne dont on doit reconnaître qu’elle domine aujourd’hui l’Europe, comme « nation redevenue normale ». Jean-Pierre Chevènement, en dialogue avec plusieurs penseurs, notamment Peter Sloterdijk, ne se dit d’ailleurs pas totalement convaincu par la thèse de la normalité retrouvée.

L’Allemagne aujourd’hui joue mondial et non européen mais les atouts « incontestables » qu’elle déploie mettent en péril une vision raisonnable de l’avenir de l’euro et par là de l’Europe elle-même. Sans prise de conscience de cette impasse historique, notre avenir commun qui est pour nous Français la seule issue, ne pourra se jouer. Si l’ouvrage décline les risques économiques, financiers et monétaires avec une grande précision, l’idée qui le sous-tend est que la question historique de l’Allemagne dépasse l’économie et même la politique. C’est le modèle culturel allemand qui est aujourd’hui en jeu.  

Pour Jean-Pierre Chevènement, l’Allemagne doit redécouvrir l’idée de « mesure ». Ensuite, l’enjeu du futur, celui de l’après crise. Il est de savoir comment, pour nos deux nations au destin lié, la question de l’universel se posera au 21° siècle. L’avenir de la France est à ce prix. Ce qui n’empêche pas l’auteur, au contraire, d’établir une « feuille de route républicaine ».

Elle intègre l’Europe dont il faut organiser la « résilience » et même l’« intérêt général européen ». La France, « exécutrice testamentaire des idées de la Révolution » doit retrouver un pouvoir de proposition. Alliée à une Allemagne qui aurait découvert le chemin de la « mesure », que ne pourrait-elle faire : « Quel prodigieux destin pourrait alors s’ouvrir aux deux peuples issus du partage de l’Empire de Charlemagne en 843, s’ils parvenaient à s’entendre sur quelques défis communs :

• un modèle social préservé ;

• une défense autonome ; une alliance sans subordination avec les Etats-Unis;

• une main tendue à la Russie pour construire une grande Europe des peuples;

• un co-développement organisé avec la Méditerranée et l’Afrique ;

• une régulation économique mondiale tendant à instaurer une concurrence équitable entre les grands pays émergents, dont le développement, davantage orienté par leurs besoins, est naturel, et les vieux pays industrialisés, soucieux à juste titre de préserver leur modèle social. »

 

On n’a pu ici donner qu’un trop bref aperçu de la richesse et la nouveauté de cette approche. L’ouvrage approfondit et met en perspective les constantes de la pensée chevènementienne : la question de la formation de la nation française, la participation des élites aux combats de la République, puis leur trahison, le caractère incontournable de la question allemande, mais aussi la volonté persévérante d’analyser pour comprendre, en faisant surgir le politique en lieu et place du politicien, le désir de construire l’avenir à partir des questions pertinentes, le sentiment de la hauteur à laquelle se situent les enjeux.  

Certains appellent certes à « dépasser l’horizon des marchés » et « la dictature de l’instant ». Mais qui d’autre le fait en ayant en vue une haute ambition pour le pays, fondée sur une pensée du monde ? C’est que l’intelligence alliée au caractère reste une singularité. Nous le savons bien, nous qui suivons Jean-Pierre  Chevènement pour ces mêmes raisons. 

 

Jean-Pierre Chevènement dans les média et sur la toile  

Dès le début janvier, Jean-Pierre Chevènement sera présent dans de nombreux media Télévision, radio, magazines et journaux

Après l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, le samedi 8 janvier sur France 2, Jean-Pierre Chevènement est l’invité de France Inter, France 2, France Culture, RMC...

Sa présence dans la presse écrite commencera avec l’hebdomadaire Marianne le 6 janvier.

Cet article est le 112ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT
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