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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 22:52

 

Demain, premier acte de la mobilisation des citoyens

 

Ce 6 septembre, à Laval, avait lieu la réunion-débat organisée par les partis de gauche à la veille de la mobilisation intersyndicale nationale sur les retraites (voir Retraites : les partis de gauche 53 ensemble à Laval le 6 septembre - 30 août 2010).

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) était représenté par Michel Sorin, au côté de Guillaume Garot, député-maire PS de Laval, Michel Neveu (Parti radical de gauche), Françoise Marchand (Europe Ecologie), Hervé Eon (Parti de Gauche), Aurélien Guillot (Parti communiste) et Serge Faguet (Parti ouvrier indépendant).  

 

Voici le texte de l’intervention de Michel Sorin

 

Retraites-gauche53-60910-003-T.jpgLe grand problème politique de ce début du 21ème siècle est que la puissance publique - c’est-à-dire, essentiellement, les Etats - est moins forte que les marchés financiers.

C’est ce qui est à l’origine de la crise, une crise nationale dans le cadre d’un capitalisme financier mondialisé lui-même en crise :

- crise nationale : jamais dans l’histoire de notre nation, le chef de l’Etat, président de la République, n’a été à ce point complice du pouvoir financier.

- crise du capitalisme financier, liée à la libération totale des capitaux, ce qui est à l’origine de la crise financière. Le capitalisme n’est plus contrôlé par les Etats depuis que la finance a su convaincre les élites politiques de libéraliser, c’est-à-dire désarmer et affaiblir la puissance publique.

 

Dans ce contexte, le rôle de l’opposition est de mettre en échec les initiatives rétrogrades du chef de l’Etat, ce qui est le cas du projet de loi de contre-réforme des retraites, qui va être débattu au Parlement, à partir de demain.

 

Pourquoi le président Sarkozy tient-il tant à imposer ce texte contre l’avis de la majorité des Français (7 français sur 10 soutiennent les manifestations demain, selon un sondage publié hier par Ouest-France) ? C’est pour satisfaire la commande des marchés financiers. Le pouvoir politique cède aux pressions de la finance, d’autant plus docilement qu’il représente les mêmes intérêts.

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen se bat contre ce projet de loi, profondément injuste et inadapté.

Ce qui est en jeu, c’est notre modèle social et le pacte républicain qui s’y rattache. La logique de ce texte est de poursuivre, en l’accentuant, la baisse des pensions. Ce qui est le plus inacceptable est la remise en cause du droit à la retraite à 60 ans et de la pension à taux plein à 65 ans.

 

Il faut refuser ce projet

- car il creuse les inégalités entre les retraités, faisant travailler davantage les plus défavorisés tout en leur réduisant les pensions, en laissant les plus riches à l’écart des efforts significatifs,

- car il fait supporter l’effort principal de financement des retraites aux travailleurs qui subissent le chômage, la précarité, la modération salariale (ce sont surtout des travailleuses),

- car il fait la part belle aux agents du capitalisme financier (assurances privées, notamment), au lieu de jouer son rôle de régulation en faveur de l’intérêt général,

- car il accentue les risques d’éclatement de la société et de dérive vers des comportements violents et incontrôlables.

 

Il faut préparer une autre politique, portée par un sursaut populaire

Il existe d’autres sources de financement des retraites, que le gouvernement rejette car elles impliquent un changement de politique.

Plutôt que laisser détruire à petits feux les avancées sociales conquises par le Conseil national de la Résistance, il est préférable de dire non à ce qui est une contre-réforme, afin d’ouvrir la voie à une vraie réforme, nécessaire, dans le cadre d’une autre politique, portée par un sursaut populaire, qui fera baisser le chômage et mettra à contribution de nouveaux financements dans le but de rééquilibrer capital et travail.                                                                                                                      

Dire non, c’est préparer un autre chemin pour les retraites, en maintenant le système par répartition, sans exclure des aménagements à l’âge légal de départ, tenant compte de la tendance forte à la diversité et à la complexité du travail et du salariat.

La priorité absolue doit être accordée aux salariés confrontés à des travaux difficiles, notamment dans l’industrie et le bâtiment (les ouvriers ont, en moyenne, une espérance de vie inférieure de sept ans à celle des cadres). Priorité aussi aux personnes, souvent des femmes, qui travaillent à temps partiel et ont des accidents de parcours dans leur carrière professionnelle.

 

La retraite n’est pas un privilège. Elle doit être financée par une autre politique, une politique de salut public, car les défis sont gigantesques. Voici les trois orientations majeures de cette nouvelle politique, préconisée par le MRC :

 

Redresser l’économie est le principal moyen de la justice sociale. Financer les retraites de demain est donc inséparable de la reconquête d’une croissance solide, qui crée des emplois, donc des cotisations : cela commande une réindustrialisation du pays. Il faut réarmer l’Etat en matière économique et faire reculer les politiques libérales d’austérité, en s’opposant autant que nécessaire aux mesures « libé­rales » de l’Union européenne.

 

Relever le niveau des salaires des actifs, c’est relever d’autant le niveau des sommes disponibles pour les retraités, pour un même taux et une même durée de cotisation : il faut dissuader les actionnaires de continuer à faire leurs bénéfices sur la compression des salaires et limiter les versements exonérés.

 

Augmenter fortement la contribution des personnes tirant des revenus de placements financiers, qu’ils doivent largement au travail des actifs, y compris ceux qui sont aujourd’hui retraités, ou qu’ils ne doivent qu’à la spéculation, constitue une piste d’une légitimité évidente.

 

La mobilisation intersyndicale, demain, qui s’annonce à un niveau exceptionnel, aura des répercussions sur la capacité de la majorité politique en place à écouter le mécontentement populaire. Mais les salariés et les citoyens devront s’engager davantage dans l’opposition au projet de loi pour faire reculer le pouvoir élyséen. C’est le début de la grande confrontation qui aura son dénouement à l’élection présidentielle en 2012.

 

La vie ne vaut que si elle s’inscrit dans une perspective de progrès humain. Or, ce n’est plus le cas puisque toutes les « réformes » en cours n’ont pour objet que de faire supporter par les milieux sociaux les moins favorisés les conséquences d’une « rigueur » comptable qui ne s’applique pas aux bénéficiaires du système.

 

Demain 7 septembre, se jouera le premier acte de la mise en mouvement des citoyens pour se libérer de l’emprise d’un système qui les enferme dans la soumission.  

 

Retraites-gauche53-60910-006-T.jpg

 

 

 

Gérard Beillard à la table du MRC 53

 

 

 

 

 

Cet article est le 30ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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