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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 20:51

La transition énergétique ne se fera pas sans le nucléaire

 

Plusieurs collectivités territoriales ont pris position sur la sortie du nucléaire, à l’initiative des écologistes, qui s’appuient sur l’émotion créée par les Accidents nucléaires de Fukushima.

 

MRC-national-005-T.jpgAinsi, la Région du Nord-Pas-de-Calais, le 14 avril. Claude Nicolet, Conseiller régional, a expliqué pourquoi les élus MRC votaient contre. Extrait :

(…) A ce titre nous réclamons la création d’un grand service public de l’énergie, car le danger se situe dans la marche forcée vers toujours plus de privatisation et de concurrence.

- Pour le nucléaire, en ce qui nous concerne, nous pensons que la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques sur le très long terme. La question des déchets nucléaire qui inquiète très justement les Français, doit également être prise très au sérieux. La 4ème génération de réacteur nucléaire encore plus sûr, qui produira environ 10 fois moins de déchets et brûlera une grande partie de ceux produits par la génération précédente, sera une importante source d’énergie en même temps qu’un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets. Vous comprenez donc que nous ne nous inscrivons pas dans « la sortie du nucléaire » (…).

Cette question de la sécurité doit par ailleurs être totalement articulée à la question démocratique et à l’indispensable transparence dans le domaine de l’information. L’analyse des faiblesses des centrales y compris de leur emplacement sur des zones sismiques doit être faite pour que des améliorations dans le domaine de la sécurité soient proposées afin de les rendre plus fiables, en particulier dans le cas de catastrophes naturelles (…). Lire la suite sur le site de Claude Nicolet.

 

A noter la réponse qualifiée d’humoristique » par son auteur, Jean-Pierre Chevènement, à un étudiant qui semblait favorable à la décroissance, le 11 avril (voir JP Chevènement à Nantes a débattu avec des étudiants sur l'industrie - 13 avril 2011).

(…) En matière énergétique, les risques de l’énergie nucléaire sont mis en avant à partir de l’accident du Japon, mais on ne dit pas que la sécurité n’a pas été assurée puisque le mur protégeant la centrale n’avait pas la hauteur correspondant au risque de tsunami (7m, alors que la vague aurait fait 23m de haut).

Les autres sources d’énergie ont aussi des inconvénients. L’énergie solaire n’est pas, actuellement, rentable mais elle a de l’avenir. L’hydrogène, avec des voitures électriques, est prometteur pour les transports.

Votre mode de pensée a une origine très ancienne…Dans les livres bibliques, Eve a été chassée du paradis terrestre parce qu’elle a croqué la pomme qui était sur l’arbre de la connaissance. Et, dans la mythologie grecque, Prométhée a dérobé le feu de Dieu, à l’insu de Zeus, pour le donner aux hommes.

Pessimisme ou optimisme de la raison humaine. Le débat sur la science est très ancien. Mais une forme de pessimisme, voire de technophobie, relève de l’obscurantisme.

La Chine était très en avance au niveau scientifique jusqu’au début du 19ème siècle. Elle revient en pointe maintenant avec les pays émergents qui, tous, ont confiance en eux.

A votre question, j’ai fait une réponse quelque peu humoristique … En fait, ma réflexion est équilibrée sur cette question de l’écologie, de la biodiversité, de la protection des animaux et des hommes. Seulement, je ne voudrais pas que soit jeté le bébé avec l’eau du bain (…).

 

Au Mouvement républicain et citoyen (MRC), c’est Gérard Pierre, professeur émérite de l’université de Bourgogne, qui est responsable de l’énergie et de l’environnement. Il est intervenu récemment en Charente-Maritime, à la demande de Serge Maupouet, secrétaire MRC 17. Voir MRC 17 : la transition énergétique, débat avec Gérard Pierre à Saintes - 17 octobre 2010.         

 

Il a proposé, lors du Conseil national MRC, le 3 avril, un projet d’orientation sur l’écologie et le développement humain : Ecologie et développement humain : la réponse républicaine

En voici un extrait (la 4ème et dernière partie, qui concerne l’énergie nucléaire).


Avec 9 milliards d’habitants prévus vers 2050, la diminution des ressources énergétiques fossiles, le réchauffement climatique et la raréfaction annoncée de matériaux indispensables aux technologies modernes, le questionnement sur la biodiversité, les questions écologiques sont au cœur des politiques publiques actuelles.

L’humanité va devoir faire face au changement climatique : en limiter l’impact humain nécessite un plan d'action développé sans démagogie et sans catastrophisme. Il faut développer des systèmes de productions d’énergies décarbonées et cela sans exclusive, en prenant toutefois en compte les facteurs économiques. La France devrait développer un pôle énergétique public, ou au moins très majoritairement contrôlé par le public.

Le 21ème siècle verra la raréfaction des ressources gazières et pétrolières. Il faut anticiper la pénurie à venir, développer les économies d’énergie et les énergies alternatives aux énergies fossiles. Il faut donc réorienter la consommation énergétique vers l’électricité en particulier quand elle est, comme en France, produite à 90 % sans gaz à effet de serre. L’isolation et le chauffage des habitations par pompe à chaleur, la voiture électrique doivent être développés.

Pour le nucléaire, la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques pour plusieurs milliers d’années. La question des déchets nucléaire qui inquiète très justement les Français, doit également être prise être au sérieux. La 4ème génération de réacteur nucléaire encore plus sûr, qui produira environ 10 fois moins de déchets et brulera une grande partie de ceux produits par la génération précédente, sera une importante source d’énergie en même temps qu’un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets.

En 1974, lorsque la France a lancé son programme nucléaire, trois types de réacteurs ont été envisagés :
- le graphite-gaz (filière française des années 50 à 60)
- le BWR de General Electric (comme à FUKUSHIMA).
- le PWR de Westinghouse (comme à Three Mile Island).
La France a choisi le PWR, car le graphite gaz n'était pas bien adapté à une exploitation industrielle, et le BWR de General Electric (le même qu'à FUKUSHIMA) a été jugé insuffisant sur le plan de la sûreté en cas d'accident.

Il existe des recombineurs d'hydrogène sur tous les réacteurs français limitant les risques d’explosions qui se sont produit à FUKUSHIMA ; l’enceinte de confinement est plus petite pour les PWR et le bâtiment réacteur n’est pas sécurisé ; les piscines de stockage du combustible sont en hauteur dans le bâtiment réacteur ; enfin il n’y a pas de filtre en sable qui permettent de réduire considérablement les rejets radioactifs. Pour l'avenir il faudra traiter explicitement le risque de fusion de cœur, comme cela a été fait pour l'EPR.
Les constructeurs avaient sous estimé le risque tsunami. L’EPR, réacteur de type PWR, est un réacteur dont la sécurité a encore été renforcée par l’analyse des incidents déjà observés au niveau mondial.
Les centrales BWR d'Onagawa (100km de l'épicentre) ont parfaitement résisté au séisme, seule une ligne d'arbre Turbine-Alternateur a été endommagée par le tremblement de terre, tandis qu'à Tokyo (320km) les unités de stockage et de distillation pétrolières ont été détruites par le feu. Les réacteurs de la centrale de Fukushima ont également assez bien résisté au tremblement de terre, mais pas au tsunami qui a submergé la centrale et endommagé le système électrique des réacteurs.

L’origine des causes des 3 accidents nucléaires majeurs sont différentes : erreurs humaines et déficit démocratique à Tchernobyl, défaillances techniques et erreurs humaines à Three Mile Island, catastrophe naturelle et déficit de la sécurité vis à vis des risques naturels à Fukushima. L’ensemble de ces éléments est à prendre en compte pour l’avenir : prendre en compte l’ensemble des risques, former les personnels et informer les populations concernées.
L’énergie nucléaire étant extrêmement concentrée, les problèmes de sécurité sont à prendre au sérieux. Ceux qui ont proposé de développer à la place de l’EPR un réacteur « low cost » permettant de remporter plus facilement les marchés internationaux ont commis une erreur monumentale : la sécurité doit être le maitre mot de cette filière.

Comme pour Tchernobyl, il faut tirer toutes les leçons de cet accident dont la cause première est une catastrophe naturelle d’une ampleur considérable faisant plusieurs dizaines de milliers morts et disparus. L’analyse des faiblesses de ces centrales y compris de leur emplacement sur des zones sismiques doit être faites pour que des améliorations dans le domaine de la sécurité soient proposées afin de les rendre plus fiable, en particulier dans le cas de catastrophes naturelles : Tsunamis, tempêtes, ...

La diminution de la biodiversité présente de grands risques pour l’humanité, car la grande majorité des molécules contenues dans nos médicaments sont obtenus par synthèse de molécules d’origine biologique. Elles représentent un stock d’une importance primordiale pour l’Homme. Nous devons tout faire pour maintenir ce stock (…).

La méthode, utilisée sous l’impulsion du député Christian Bataille, peut être considérée comme exemplaire et devrait servir de modèle. En décembre 1991, les députés ont voté une loi sur les déchets nucléaires. Différentes solutions sont envisagées : le stockage en surface, qui consiste à attendre après avoir correctement conditionné les déchets, l’enfouissement profond, à condition que le confinement des déchets soit assuré, ou la transmutation des déchets par réaction nucléaire. Les députés ont voté une loi qui exige des organismes publics (CEA, CNRS, ANDRA) de travailler sur ces trois axes de recherche, et rendez-vous leur est donné 15 années plus tard. Voici l’exemple qu’il faut suivre du bon rapport entre élus et scientifiques. Les élus qui doivent prendre des décisions difficiles interrogent alors les scientifiques, leur demandent de travailler sur des domaines qui paraissent encore trop mal connus. Cet exemple d’interaction entre le monde scientifique et le monde politique aurait pu être suivi dans de nombreux cas.

La question de l’énergie sera le grand débat du 21ème siècle. L’énergie consommée dans le monde est actuellement pour 80% d’origine fossile carbonée : gaz, pétrole et charbon. Les réserves de pétrole d’abord et de gaz ensuite s’épuisent faisant exploser le prix de ces combustibles. Certains proposent de sortir du nucléaire, ils proposent même un grand débat ouvert aux seuls antinucléaires. Dans ces conditions le débat est inutile et les conclusions sont connues d’avance.

Nous sommes favorables à un débat sur l’énergie : toutes les formes d’énergie, économies d’énergie incluses, sans exclure personne. Il faut comprendre le mixte énergétique dont l’humanité pourra disposer et donner à espérer aux jeunes et aux générations à venir.

 

Cet article est le 60ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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