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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 23:53

Le beau texte de Fadwa Barghouti pour « le Palestinien »

 

Voici un texte*, poignant, écrit par l’avocate Fadwa Barghouti**, le 20 mai 2010, à l’occasion de son passage à Paris au cimetière "Père Lachaise", en mémoire de Mahmoud Hamshari**, qui était, en 1972, le correspondant à Paris de l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP). Il avait été assassiné à son domicile. Voir Wikipédia Mahmoud Hamchari et Vidéo Ina - Attentat représentant OLP à Paris.

 

C’est une terre sans peuple… C’est ce qu’ils ont dit pour en justifier la confiscation.

C’est la terre du lait et du miel… C’est ce qu’ils ont dit pour justifier leur soif de conquête.

Or, la Palestine… est un rêve permanent, de Mahmoud Hamshari à la fin des temps.

 

Nous sommes réunis pour refaire le rêve palestinien en couleurs, en images et en senteurs, nous sommes réunis pour chanter l’hymne de la vie face à la mort, l’hymne de la liberté face à l’occupation, l’hymne de l’amour face à la haine et au ressentiment. Nous sommes réunis pour évoquer le souvenir de notre martyr, Mahmoud Hamshari.

 

Mahmoud Hamshari était venu à Paris pour présenter la Palestine au monde. Il a bâti de vastes relations avec les partis politiques français, il y a représenté l’Organisation de libération de la Palestine, il a œuvré pour que cette représentation soit officielle, il a mis en place les actions de solidarité avec le peuple palestinien, il a parlé aux intellectuels et aux hommes politiques de Paris, mais il ignorait qu’il se tenait, comme tout Palestinien, au bord du gouffre de la mort.

 

Les lâches l’ont tué avec un explosif placé dans son domicile, sans égard pour l’innocence des enfants ni pour les sentiments de l’épouse, ils ne connaissent de l’humain que le crime. Il y a de cela 37 ans.

Et nous voici aujourd’hui réunis pour évoquer son souvenir, lui qui a passé sa courte vie à danser sur le bord du gouffre de la mort et que sa mort a propulsé au sommet de la vie. C’est lui qui resplendit de vie et nous qui sommes des ombres.

 

Mahmoud Hamshari n’a pas négligé la dimension politique dans un monde militarisé, il n’a pas négligé l’amour au milieu de la bataille. Le ressentiment, la privation, la condition de réfugié, l’exil, n’ont pas vaincu Mahmoud Hamshari. L’assassin ne l’a pas vaincu, c’est lui qui est tombé devant l’horreur du crime, le tueur était extravagant face à la nature de la mort naturelle, le criminel n’était qu’un pantin dans le carnaval de la splendide éternité que vit Mahmoud Hamshari.

 

Mahmoud et la Palestine, c’est l’histoire de la vie, lorsqu’elle transcende le sang, le récit de la souffrance lorsqu’elle devient seconde nature, l’histoire de la création lorsque l’homme devient souffrance.

C’est un chant que nous chanterons ensemble, indéfiniment, sans jamais nous lasser… le chant de ceux qui sont en quête d’une patrie… d’une identité… d’un passeport.

 

C’est notre chère Palestine, devenue depuis longtemps une patrie, qui vit en nous, l’histoire d’un bel amour entre le Palestinien et son sang, entre le premier olivier et l’âme de la terre absolue.

La haine que sème l’occupant peut-elle tracer une histoire ? Le fusil peut-il engendrer une rose ? Le moment n’est-il pas venu pour que le Palestinien recouvre sa liberté ? N’est-il pas grand temps que le Palestinien trouve le chemin de l’olivier planté pour lui par ses ancêtres ? Le Palestinien doit-il encore chaque jour célébrer ses morts et répandre son sang et ses larmes pour réaffirmer son existence ?

 

L’occupant, sorti du cours du temps, a essayé de couper le cordon ombilical qui relie le Palestinien à sa terre, mais celui-ci demeure lié par le jasmin de la maison, le citronnier de la plantation et l’olivier de la lointaine patrie. Cela fait plus de 60 ans d’exil, d’occupation, d’oppression, de sang et de larmes versés. Il est temps que la promesse devienne réalité, que l’idée devienne Etat.

 

Comme c’est beau d’être aujourd’hui réunis face à l’éternité, car à travers le corps et la tombe du martyr Hamshari, Paris rencontre la Palestine à jamais. Comme c’est beau de toujours nous souvenir de nos martyrs.

A lui l’éternité et la permanence. A nous désormais la fidélité et l’action pour faire que le rêve devienne réalité.

 

* Merci à Marie-Claude, qui m'a permis d'être destinataire de ce texte.

 

** Voir Entretien avec Fadwa Barghouti. Propos recueillis par Chris den Hond et Mireille Court, le 15 mars 2005. Entretien paru sur le site AFPS (Association France Palestine Solidarité), le 11 avril 2005.           

 

Depuis 2010, il y a eu une avancée vers un Etat palestinien. Voir La Palestine est un Etat à l’ONU en attendant de l’être dans les faits (Rue89, Pierre Haski, 30 novembre 2012)

La Palestine est donc un Etat. Ainsi en a décidé l’écrasante majorité des Etats-membres des Nations unies, par 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions, dans un vote historique qui a fait, jeudi soir, de la Palestine-en-devenir un Etat non membre de l’ONU, un statut similaire à celui du Vatican. Ce vote, survenu le même jour que celui qui avait permis la naissance d’Israël en 1947, était attendu, étant donné qu’il n’y a pas de droit de véto dans les votes de l’Assemblée générale, et qu’une majorité de pays reconnaissait déjà à la Palestine ce statut.

Même s’il ne change rien à court terme à la réalité du terrain, surtout avec l’opposition farouche d’Israël et de son gouvernement, ce vote est l’aboutissement symbolique de décennies de lutte des Palestiniens pour leur reconnaissance étatique(…).

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Proche Moyen Orient.

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Published by Michel SORIN - dans Proche Moyen Orient
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