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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 22:46

Un homme libre, fier de son métier et entreprenant

 

Paul de Montvalon est un paysan qui sait ce qu’il veut et parle clair, sans agressivité, avec le sens des responsabilités. J’ai pu le constater en différentes occasions, lors de réunions de producteurs de lait dans l’ouest de la France, depuis qu’il participe aux efforts de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) pour obtenir une reconnaissance du travail des éleveurs face aux industriels laitiers :

Paul de Montvalon, président de l'Office du lait : ses voeux pour 2012

Débat FMB-Office du lait à Mayenne le 5 décembre : un vent nouveau

Le contrat laitier France MilkBoard pour une nouvelle dynamique de filière

Office du lait et France MilkBoard à Mayenne : 150 producteurs attentifs

Première Assemblée générale de l'Office du lait à Avranches (Manche)

Paul de Montvalon a présenté l'office du lait aux producteurs à Ernée

 

On connaissait le parcours de Pascal Massol, fondateur et premier président de l’Apli. Mais pas celui de Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard. La revue spécialisée « L’éleveur laitier » et le journaliste Gwénaël Demont ont eu la bonne idée de l’entretien qui est publié dans le n° 198, en janvier 2012 (p82) sous le titre « Plus loin avec… Paul de Montvalon, président de l’Office du lait ».

 

AG-Office-du-lait-Avranches-221111-029-T.jpgPARCOURS

1963 : naissance à Aix-en-Provence

1983 : fin d’études (BTAO et certificat de spécialisation à Rambouillet) puis salarié d’exploitations

1987-1991 : 1ère installation, en moutons, dans l’Indre

1989 : mariage avec Nathalie

1995 : 2ème installation, en Loire-Atlantique

1997 : 3ème installation, en Maine-et-Loire

2009 : il rejoint l’Apli puis milite pour la grève du lait et la création de Milk Boards en Europe

2010 : président de l’Office du lait

 

« Quand le paysan n’est plus maître de ses décisions, il perd sa fierté »

Indigné mais agissant ! Trois fois installé, Paul reste assoiffé d'indépendance. Cette persévérance est son arme pour atteindre le but : que les éleveurs pèsent plus face aux acheteurs de lait.

 

Ce qui me fait courir ? Je refuse que quelqu'un décide à ma place ! Je tiens cela de mon père...» Ce dernier, ancien militaire, s'était installé sur 25 ha dans le Lot, avec des moutons. Là, ont grandi Paul de Montvalon et ses six frères et sœurs.

Après ses études, le jeune homme, curieux, « tourne » comme salarié d'exploitation dans plusieurs régions. Quand, enfin, il s'installe dans l'Indre, avec 80 ha et 500 brebis, il doit arrêter quatre ans après. « De la crise ovine, j'ai tiré une leçon : le lait finira de même si nous ne bougeons pas ! »

 

TROP DÉPENDANT

Il revient au salariat, puis s'associe sur une ferme laitière en Loire-Atlantique. « J'ai arrêté après deux ans. Pas pour des raisons économiques, mais parce que je trouvais que nous dépendions trop de la coopérative. » Paul y a renforcé sa conviction : « Quand le paysan n'est plus maître de ses décisions, il perd confiance en lui ; il y laisse aussi sa fierté du métier. » Là où des dirigeants de coopératives poussent à investir dans la transformation, lui rétorque : « Au contraire, il faut casser ce modèle, séparer la production et l’industrie, sinon l'éleveur n'a plus son pourvoir de pression ! » Deux visions inconciliables ...

 

IMMÉDIAT

II n'est pourtant pas ennemi du collectif : « La Cuma, c'est merveilleux ... le retour est immédiat », déclare-t-il.

A nouveau installé dans le Maine-et-Loire avec son épouse, Paul se passionne pour les concours : « J'ai noué de solides amitiés. » Inséminant lui-même ses vaches, il renforce son indépendance : « Je ne suis plus accro à la productivité. Je suis passé de 11000 à 8500 l/vache»

Puis arrive 2009, le lait à 203 € : « J'ai tout de suite su que bloquer les camions ne servirait à rien, que le syndicalisme céderait. Jeter le lait était la seule voie. » Paul vivra la grève du lait depuis l'Allemagne, qu'il parcourt alors : « J'ai compris que les éleveurs allemands sont comme nous, avec le même intérêt, celui de faire front commun face aux laiteries. » Un constat qui justifie l'idée d'organisations horizontales, telle France Milk Board, et dans le prolongement, l'Office du lait.

 

PUGNACITÉ

« J'admire sa pugnacité, remarque Guy Laluc, éditeur de la lettre Argos, qu'il y ait 5 ou 500 personnes dans une salle, il s'investit tout autant. II a évolué aussi : toujours direct mais moins cassant. » Secrétaire na­tional de la Confédération paysanne, Gérard Durand souligne : « Il a compris très vite et su faire comprendre que face aux enjeux, il fallait dépasser les clivages syndicaux et rester ouvert, même aux JA et FNSEA de bonne volonté ... ». Depuis deux ans, il bat la campagne. Ses amis s'inquiètent parfois : « Je lui ai connu le visage plus rond. » Pas de quoi l'arrêter. « C'est difficile, mais il faut vraiment créer ce rapport de force. » Ce n'est pas demain que cet amateur de tennis de table reprendra sa raquette ... ou ses BD favorites.  

 

Cet article est le 276ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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