Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 22:50

Un droit « autonomie » dans la branche maladie de la sécu

 

Reunion-CGT53-dependance-220611-004-T.jpgL’Union départementale CGT a organisé, le 22 juin, une réunion-débat à Laval, animée par Denis Orrière (CGT 53, délégué syndical d’une grande entreprise lavalloise). Après l’intervention d’Isabelle Vitry-Brochard, secrétaire de l’UD53, deux personnes qualifiées ont fait part de leurs connaissances sur la question de la perte d’autonomie :

- Richard Rouger (CGT 85), membre du Conseil économique, social et environnemental régional),

- Marie-Paule Poussier (CGT 53), qui a eu des responsabilités au Centre Hospitalier de Laval, auprès des personnes âgées notamment.

 

La perte d’autonomie s’intègre parfaitement dans les fondements de la Sécurité sociale, qui est de faire face aux aléas de la vie, de la naissance à la mort. C’est pourquoi il faut ouvrir un nouveau droit dans le cadre de la branche maladie, le droit « autonomie ». Telle est la position de la CGT, qui a été très bien exposée par Marie-Paule Poussier, représentante du syndicat au CODERPA, le comité départemental des retraités et personnes âgées en Mayenne.

 

Propositions présentées par Marie-Paule Poussier - son exposé s’inspire du document « Perte d'autonomie : comprendre les enjeux pour agir ». Voir le diaporama de l’union confédérale des retraités CGT : Perte d'autonomie : organisation et financement

 

Reunion-CGT53-dependance-220611-002-T.jpgMême si la perte d’autonomie présente une spécificité (lien entre soins médicaux et besoins relevant de la perte d’autonomie), elle relève de la sécurité sociale, branche maladie, y compris son financement, en lien direct avec la question des salaires et de l’emploi : droit universel de la compensation de la perte d’autonomie ; pour tous les âges ; aide personnalisée ; évaluation indépendante, pluridisciplinaire et commune à tous les intervenants ; réponse de proximité dans un cadre national. A noter, l’importance de la prévention pendant toute la vie, qu’il faut intégrer dans la politique nationale de santé. L’éducation de la population engage la médecine scolaire et la médecine du travail.

Concernant l’aide à domicile, il faut un grand service public répondant aux besoins des personnes aidées, avec du personnel formé, qualifié, correctement rémunéré.

Concernant les établissements médicalisés, le financement des infrastructures devrait relever des pouvoirs publics, comme l’hôpital, l’école et les installations sportives, sur la base de critères définissant ce qui relève du public et du privé. Une fraction de l’impôt sur succession (réintroduit) pourrait y être consacré.

La formation des personnels (à domicile ou en établissement) doit relever de la formation initiale et  continue, être spécialisée dans l’approche des personnes âgées et intégrer la réflexion sur de nouveaux métiers.

Dans les structures hospitalières, les personnels, soignants et non soignants, doivent recevoir une formation en gériatrie et il faut maintenir les structures de soins de longue durée, dans le cadre de la maladie.

Une réflexion est à mener, peut-être à partir des maisons du handicap, sur la mise en place de maisons de coordination des acteurs sociaux, médicaux et médico-sociaux, aux niveaux national et local.

La création d’un 5ème droit - « autonomie » - s’ajoute, dans la branche maladie, aux quatre autres droits (maladie, maternité, invalidité, décès). Ce 5ème droit prendrait en charge l’ensemble des aides matérielles et humaines (compensation du handicap), quel que soit l’âge de la personne aidée. Les soins médicaux continueraient de relever du risque maladie.

Des dispositifs particuliers seront nécessaires, comme la CMU, pour les retraités actuels et du baby boom, pour les titulaires d’un RMI ou d’un RSA, pour les personnes en situation de précarité.

La CGT confédérale est engagée dans le débat initié par la ministre Bachelot (voir DÉPENDANCE : LES GROUPES DE TRAVAIL ONT RENDU LEUR RAPPORT). Elle participe aux groupes de travail gouvernementaux (Marie-Paule Poussier est dans un groupe). Une formation de masse a été engagée, un peu comme pour les retraites, avec présence dans les débats interdépartementaux et régionaux. Un argumentaire (4 pages) est diffusé.

Le constat est que le gouvernement n’atteint pas ses objectifs. Les débats dans les CESER, HCAAM, CODERPA, sont bien fades (on s’ennuie). L’offensive concernant l’assurance obligatoire après 50 ans est un échec. Le gouvernement a reculé. Il faut rester vigilants sur le champ de la protection sociale.

Lors des débats, de nombreuses organisations se retrouvent sur des positions proches des nôtres. Par exemple, l’association des directeurs d’établissement ou celle des résidents (Marc Reybaud). On est d’accord pour diminuer le RAC (reste à charge pour les résidents). Il faut informer pour l’action ensemble. Associer la population et les salariés est déterminant pour faire évoluer le dossier. Le thème de la pénibilité du travail est important.

 

Richard Rouger précise que les syndicats, au niveau européen, sont unis pour demander que l’aide à l’autonomie relève de la solidarité. Une proposition de loi est en préparation. Elle devra être signée par un million de personnes dans l’Union européenne, pour qu’elle soit débattue au Parlement européen. Au premier trimestre 2012, ce sera la période de signatures.

 

Au cours du débat, nous avons noté les interventions suivantes :

 

Jean-Pierre Veugeois (CGT) : il faut englober autonomie et handicap et relativiser les besoins de financement (entre 3 et 5 milliards, ce qui est peu par rapport aux niches fiscales). Actuellement, les établissements sur fonds privés sont en forte croissance (51% de l’hébergement des maisons de retraite, contre 49% sur fonds publics, selon Denis Orrière). Ils poussent à l’augmentation des tarifs des prix de journée.

 

Bernard Bonnejean (retraité de l’enseignement privé) : les assurances écartent les personnes ayant des antécédents en matière de santé ; elles sont disqualifiées pour intervenir en cas de perte d’autonomie.

 

Jacques Poirier(au nom des Etats généraux du service public) : le thème de la perte d’autonomie a été retenu en Mayenne pour une réflexion sur l’évolution de la place du secteur public. Le CEAS avait travaillé sur cette question en 2007.  

 

Michel Sorin (MRC 53, Civiq) : le gouvernement ne cesse de pousser la privatisation de la protection sociale. Il faut le mettre en échec sur cette question de la dépendance. Un collectif d’organisations a publié un manifeste et une pétition a été proposée afin de mettre en garde les pouvoirs publics concernant les modalités de la prise en charge publique de la dépendance. Voir * Accompagner la dépendance : pétition pour un vrai cinquième risque - 20 avril 2011. Lecture est faite du point 3 « Droit universel à l’aide à l’autonomie » (Ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas).

La question de la perte d’autonomie avait été traitée lors d’une réunion organisée par les retraités de la Confédération paysanne à Laval le 22 novembre 2010 (voir Marc Reybaud (FNAPAEF) : à Laval, exposé sur la dépendance (2ème p) - 24 novembre 2010  et Marc Reybaud (FNAPAEF) : à Laval, intervention sur la dépendance - 23 novembre 2010. 

 Les associations CIVIQ et Résistance sociale invitent à un débat le 27 septembre 2011 à 20h30 au Centre de Rencontres de St-Berthevin (voir  Financement de la dépendance : débat le 27 septembre à St-Berthevin - 21 mai 2011).

 

Gérard Beillard (Résistance sociale) apporte un double témoignage personnel : d’abord ce qu’il a vécu pendant six ans en tant qu’agent d’assurance privée complémentaire, ensuite, plus récemment, les questions posées par l’assurance concernant les antécédents maladie, qui entraînent le rejet du dossier en raison d’un handicap.

 

Francine Desnos (secrétaire du comité régional CGT) : lors du débat avec la ministre Bachelot à Nantes, celle-ci a écarté la question du financement. Ce qui ressort des préconisations des rapporteurs des groupes de travail, c’est notamment une 2ème journée de solidarité, ce qui est une façon de s’attaquer aux congés payés.

 

Aurélien Guillot (secrétaire PCF 53) : son parti refuse l’assurance privée et propose un pôle public autonomie par département.

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires