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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 21:03

 

Tenir compte des erreurs passées pour gagner en 2012

 

La gauche doit gagner les élections nationales en 2012 et réussir ce qu’elle n’avait pu faire en 1981, donner une base sociale à sa politique après 2012 afin de convaincre les électeurs qu’elle est la meilleure pour défendre les intérêts du peuple français.

Dans les deux ans qui viennent, la tache historique de la gauche en France est celle-ci : proposer une stratégie gagnante pour gagner les élections et gouverner dans l’intérêt du peuple.  

La question préalable est la suivante : la gauche est-elle consciente de ses faiblesses et est-elle disposée à y remédier ?  

 

Gaël Brustier, qui était en 2004 un jeune secrétaire national MRC, et a publié en 2009 (Bourin Editeur) avec Jean-Philippe Huelin un livre au titre évocateur - voir Recherche peuple désespérément (Marianne2, 13 octobre 2009) et Recherche (le) peuple désespérément (ReSPUBLICA, entretien avec Bernard Teper, 31 octobre 2009) - rappelle qu’aux élections régionales, la gauche n’a pas reconquis les classes populaires (l’Humanité, 19 mars, extrait) :

Après ces élections régionales, le grand impensé de la gauche française demeure la nouvelle géographie sociale du pays. Les chiffres parlent et les faits sont têtus. La gauche n’a pas reconquis les classes populaires. 53,65 % des Français se sont détournés des urnes dimanche dernier. 20,2 millions de Français seulement se sont donc déplacés et, parmi eux, 750000 ont voté blanc ou nul. Seulement 44,63 % des Français ont donc émis un choix positif pour un parti ou un autre. Rappelons seulement qu’il y avait 36,7 millions d’électeurs au premier tour de la présidentielle de 2007… Pour la République, la volatilisation de 16,5 millions d’électeurs est un fait grave. Pour la gauche, la situation est extrêmement préoccupante. De victoires en trompe-l’œil en myopie historique, c’est la capacité des forces de gauche à peser durablement qui est posée. Au-delà des légitimes stratégies adoptées par chacune des familles de la gauche française, au-delà de la non moins légitime satisfaction du bon résultat relatif des uns et des autres, il importe de poser quelques questions fondamentales.

La gauche n’a donc pas reconquis les classes populaires. Si l’on tient compte de l’abstention, les forces de gauche ne progressent nullement, en particulier dans la France périphérique et majoritaire. La droite, en revanche, payant les conséquences d’une campagne confinant à l’incompréhensible, a été délaissée par ces mêmes classes populaires qui s’étaient tournées vers Nicolas Sarkozy en 2007. Les marges de l’aire urbaine parisienne sont ainsi marquées par un net reflux de la participation civique, bien supérieur au recul enregistré dans les villes centres. Une fois de plus, la France périphérique, majoritaire, celle des classes populaires, des ouvriers et des employés, s’est massivement détournée du vote (…).

Le quotidien Les Echos (7 avril) semble effrayé par le volontarisme industriel du PS. Mais les divergences internes sont immenses, notamment sur la remise en cause du libre-échange.

 

Le Parti socialiste a mis en ligne hier 13 contributions devant servir de « matrice » à son projet pour la prochaine présidentielle. Ses dirigeants devaient en débattre lors d'un bureau national dans la soirée. Les socialistes défendent une politique industrielle très volontariste.

(…) Les socialistes préconisent de «  replacer l'industrie au coeur des préoccupations de la puissance publique  ». Pour ce faire, la France doit se doter d'un «  pôle public d'investissement industriel  » (coordonnant l'ensemble des structures financières publiques), mettre les PME-PMI au centre de la politique industrielle, «  réorienter le financement privé et l'épargne vers le long terme » (grâce à la création d'un « livret d'épargne industrie » qui fusionnerait le livret de développement durable et le livret d'épargne populaire), et encourager l'innovation et la recherche (notamment en recentrant le crédit impôt recherche sur les PME).

(...) Le rapport s'achève par la suggestion d'instaurer des «  écluses sociales et environnementales pour rétablir les conditions d'un juste échange  » entre l'Europe, le seul continent «  libre-échangiste  » et les autres blocs, selon eux, tous protectionnistes. Sur ce point, le texte se garde bien de trancher : en effet, les options sont radicalement différentes entre les différents courants du PS.

Calendrier PS

20 avril : remise du texte de synthèse des travaux des 13 groupes de travail.
29 mai : convention nationale sur « le nouveau modèle de développement » et vote des militants.
3 juillet : convention nationale sur « la rénovation du parti ».
9 octobre : convention nationale sur la politique internationale.
11 décembre : convention nationale sur « l
'égalité réelle ».
Eté 2011 : primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidentielle.

 

Le quotidien Le Monde (9 avril) constate que Jean-Luc Mélenchon bouscule ses alliés du Front de gauche et pousse ses pions pour 2012

Pour lui, le Front de gauche doit franchir une deuxième étape. "On a fait nos preuves comme cartel d'organisations mais cela ne peut plus durer comme ça", explique le député européen. Il veut discuter d'un projet et d'un commandement commun pour la présidentielle, dit-il. Et tout ça dans un "paquet" qu'il propose à ses amis communistes, afin de présenter ensemble des candidats aux cantonales, aux législatives et un seul à la présidentielle. "Je ne veux plus un truc de petits pas", prévient-il (…).  

 

Dans le journal en ligne ReSPUBLICA (Bernard Teper, 8 avril), on lit le point de vue suivant (extrait) :

(…) Côté PCF, la crise n’en finit plus et entre dans une nouvelle phase :

- le PCF n’a réussi à conserver par la stratégie du Front de gauche qu’un gros tiers des élus des dernières élections régionales. La trentaine d’élus supplémentaires ont été dès le premier tour sur la liste du PS et est tiraillée entre le fait de rester au PCF ou de rejoindre d’une façon ou d’une autre la stratégie de Robert Hue (ancien secrétaire général du PCF) et de son MUP visant à rejoindre le PRG et le MRC, comme soutien dès le premier tour à la direction du PS.

- ses deux présidences départementales (03,94) sont en difficulté pour 2011.

- le courant rénovateur communautariste, antilaïque et antirépublicain (Braouzec, Martelli, Zarka, etc.) qui s’était organisé avec la stratégie du « un pied dedans, un pied dehors » du PCF vient définitivement de quitter le parti avec des grands élus maires et députés pour rejoindre la Fédération pour une alternative, sociale et écologique (FASE) dans laquelle ils étaient déjà présents.

- les communistes orthodoxes qui se renforcent, eu égard au départ des précédents, emmenés par le député André Gérin pilonnent semaine après semaine la stratégie du Front de gauche en imputant à la direction actuelle du PCF et à son instigatrice Marie-George Buffet de vouloir « vendre la maison » à Jean-Luc Mélenchon et au Parti de gauche.

Le PG estime que le Front de gauche est enfin bien installé et que la possibilité que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui soit le candidat de toute « l’Autre gauche » suffit pour nourrir un espoir pour la colonne vertébrale de l’organisation (…).

Jean-Luc Mélenchon a marqué deux points importants :

- lorsqu’il a décidé d’aller soutenir au deuxième tour la liste de l’Autre gauche dans le Limousin, vu que la liste PS-EE a été sanctionnée de ne pas avoir voulu l’union

- lorsqu’il impose la non-participation aux exécutifs régionaux qui s’apprêtent à refaire la même politique qu’hier défavorable aux couches populaires (ouvriers, employés).

Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon continue à vouloir renforcer son organisation en incorporant de nouveaux groupes de gauche et d’extrême gauche au sein du PG par une sorte de « dictature de la tactique » sans se poser la question « des déficits politico-stratégiques de la gauche du non ». On a vu par exemple, le changement symbolique du logo du PG réalisé pour incorporer le petit groupe Billard : incorporation du vert, instauration d’un triptyque posant l’écologie avant la république. Cette « tactique » ne lui a pas permis, par exemple, de récupérer électoralement les couches populaires perdues par le NPA qui se sont tournées vers l’abstention (…).

A noter que Bernard Teper, dans ce texte, classe le MRC, avec le PRG et le MUP de Robert Hue, parmi les soutiens inconditionnels du PS au premier tour de l’élection présidentielle. La décision du Conseil national MRC du 28 mars ne va pas en ce sens puisque, dans l’état actuel des positions du PS, le principe d’un candidat MRC au premier tour de l’élection présidentielle a été retenu (voir Chevènement (MRC), mécontent, écrit à Aubry (PS) : priorité au projet - 30 mars 2010).

Concernant l’évolution de Jean-Luc Mélenchon, j’ai rédigé un point de vue Chevènement et Mélenchon : les chemins différents de deux républicains (Riposte Laïque, 15 mars) qui a été également publié sur le site de L’esprit républicain (voir Chevènement et Mélenchon).

 

En fait, rien n’est joué pour la gauche en 2012. Le PS en est au stade des contributions sur la route qui mène au projet. Cette fois-ci, il ne peut plus biaiser, il lui faut décider, quitte à se diviser entre libéraux et républicains. C’est alors que le programme de salut public du MRC sera utile (voir Chevènement propose au MRC une stratégie présidentielle pour 2012 - 27 mars 2010).

 

 Cet article est le 119ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation  

 

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