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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 23:04

Comprendre les raisons de la montée du Front national

 

Après le premier tour, le 16 juin 2013, de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, et l’élimination de la gauche, voici une étude approfondie, réalisée par Joël Gombin, doctorant en science politique à l’université de Picardie (voir Joël Gombin pour en savoir plus sur son parcours), qui mérite être connue du plus grand nombre. Extrait.

La démission de Jérôme Cahuzac du ministère du budget lui a permis, conformément à la Constitution, de redevenir automatiquement député de la 3e circonscription du Lot-et-Garonne. Ayant décidé de démissionner de son poste à la suite de l'aveu concernant les faits de fraude fiscale dont Mediapart l'avait accusé, et pour lequel une procédure judiciaire avait été ouverte, Jérôme Cahuzac a ouvert la voie à une élection législative partielle.
Le premier tour de cette élection législative partielle s'est tenu dimanche dernier. Comme on sait, le candidat socialiste, Bernard Barral, ne s'est pas qualifié pour le second tour (faute d'arriver dans les deux premiers ou d'obtenir plus de 12,5 % des inscrits), laissant s'opposer au second tour le candidat de l'UMP, Jean-Louis Costes, maire et conseiller général de Fumel, et celui du Front national, Étienne Bousquet-Cassagne, qui ne possède guère d'autre quartier de noblesse que son âge (23 ans). On a beaucoup dit que son père est un notable local (président de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne), ce qui est exact, mais on a moins souligné qu'il soutient Jean-Louis Costes...
Les commentateurs ont immédiatement souligné la ressemblance du scénario de Villeneuve-sur-Lot avec celui de la deuxième circonscription de l'Oise il y a quelques mois. Soit en bref : élimination du candidat PS au premier tour, dans un contexte de forte abstention, puis très forte progression du candidat FN, le menant près de la victoire. Cela est-il crédible ? L'examen détaillé de la situation et des résultats appelle un certain nombre de
commentaires (…).

Lire la suite : Quelques notes sur la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot

 

Dans un communiqué, Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), a fait savoir ses réactions. Voir La monnaie unique met en danger la gauche et l'amitié franco-allemande - 16 juin 2013.

 

Conseil national MRC 240313 015 TPour sa part, Bastien Faudot, secrétaire national MRC, chargé des élections, a développé les arguments du président du MRC - et plaidé pour que le PS s’ouvre aux autres partenaires de gauche - dans un article paru sur son blog le 18 juin 2013 :

 

Villeneuve-sur-Lot : l'avertissement

 

Face à une difficulté, il y a toujours deux manières de procéder : ou bien on essaie d’analyser la situation et de comprendre les causes agissantes ou bien on cherche à désigner des coupables pour s'exonérer de toute responsabilité.

Au lendemain de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, le parti socialiste semble avoir préféré la deuxième option. Deux coupables ont en effet d’ores et déjà été recensés : le beau temps qui a tenu les électeurs à bonne distance des urnes (sic,) et les autres partenaires de gauche qui ont empêché le candidat socialiste de faire le plein des voix au premier tour. Harlem Désir répète ce refrain depuis l’annonce des résultats.

Il semble qu’il ait échappé au premier secrétaire du parti socialiste que son candidat avait divisé par deux le score de Jérôme Cahuzac en un an : de 46 à 23% et qu’il serait probablement exagéré d’attribuer une telle chute à la météo ou au candidat EELV Lionel Feuillas qui réalise peu ou proue le même score qu’il y a un an. De même pour le candidat du Front de gauche qui réalise à peine plus de 5% quand il faisait 4,5% en 2012.

Le total des voix de gauche ne représente qu’à peine 32% des suffrages en 2013 quand Cahuzac faisait 61,5% en 2012. Il faut être singulièrement aveugle pour imaginer autre chose qu’une défaite pour la gauche dans de telles conditions.

La petite musique jouée aujourd’hui par Solférino rappelle de tristes souvenirs : on accuse EELV de ce dont on accusait Chevènement en 2002. Les données sont identiques (élimination du candidat socialiste au 1er tour au profit du FN) et le piètre score du candidat socialiste n’apparaît pour son parti que comme un dégât collatéral dû à la météo ou à la division. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et l’accusation grossière portée contre EELV consiste à détourner l’attention des vraies raisons d’une telle débandade. Comme à la fin d’une fable de La Fontaine, la morale de l’histoire n’est pas des plus agréables : en démocratie les partenaires du PS ont le droit de se porter candidats si, et seulement si, cette candidature n’empêche pas l’élection du candidat socialiste à la fin. Fermez le ban.

Ce système est, à l’évidence, à bout de souffle. Lorsqu’on préfère les explications superficielles (le soleil et la division) à l’analyse des causes profondes (le symbole de Cahuzac qui incarne certaines déviances dans les relations de la politique et de l’argent, la crise de l’euro, la politique d’austérité), c’est par réflexe de survie. Le PS veut continuer d’exercer une hégémonie mais n’a pas à lui seul le soutien populaire pour le faire.

Car il faut être conséquent : on ne peut pas vouloir imposer une domination sur la représentation politique au plan local comme au plan national par l’usage du rapport de force, et se plaindre, une fois les élections passées, des résultats du rapport de force.

Les municipales seront l’occasion de vérifier si des leçons ont été retenues de l’épisode désastreux de Villeneuve-sur-Lot. Si le PS veut monopoliser l’ensemble des responsabilités locales, il construira les conditions d’un échec majuscule. S’il consent à construire un partenariat équilibré sur la base du partage des responsabilités avec les autres formations de gauche, il se donnera toutes les chances de mobiliser ceux qui ne souhaitent pas le retour des conservateurs et des libéraux.

 

Cet article est le 142ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

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Published by Michel SORIN - dans Gauche France
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