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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 19:00

Comme au niveau national, l’échec du centre en Mayenne

 

Après avoir décrit à l’avance le résultat du 1er tour de l’élection présidentielle en Mayenne (voir Présidentielle 2012 en Mayenne : Jean-Yves Delort annonce la couleur - 15 avril 2012), Jean-Yves Delort, journaliste, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Le Courrier de la Mayenne », analyse les résultats et se montre satisfait de s’être peu trompé dans ses prévisions.

 

Le regard de Jean-Yves Delort sur le premier tour en Mayenne

 

Une fois encore, la Mayenne se singularise dans son vote par rapport au vote des Français. Ce n’est pas François Hollande qu’elle a placé en première position dimanche dernier mais Nicolas Sarkozy*. En revanche, Marine le Pen arrive bien à la troisième place et devance le candidat du centre François Bayrou. C’est là la grande nouveauté de ce scrutin mayennais marqué par une forte participation (84,4%).

 

Ces trois données fondamentales (Sarkozy en tête devant Hollande, Le Pen en troisième position et Bayrou en quatrième), nous les avions pressenties dès la semaine précédente en pronostiquant «la spécificité centriste mayennaise battue en brèche ?» Non seulement François Bayrou perd la seconde place qu’il occupait il y a cinq ans mais il passe à la quatrième, devancé par François Hollande et Marine le Pen.

 

Finalement le moins surprenant, c’est l’arrivée de Nicolas Sarkozy devant François Hollande. Le président sortant (30,6%) est en tête mais sans brio. Il l’emporte à Château-Gontier et dans 219 communes. Il fait moins bien qu’il y a cinq ans (32,1%) mais mieux que Jacques Chirac il y a dix ans (25%) ; la légitimité de la fonction présidentielle, ses venues dans le département à deux reprises, sa gestion de la crise ont peu joué en sa faveur. On n’a pas senti une très forte mobilisation du côté des militants UMP mayennais ; à l’inverse, le désir de changement a été le plus fort.

 

François Hollande (25,7%) réalise un bon résultat en Mayenne : le quart des suffrages. C’est exactement le résultat de François Mitterrand en 1981. C’est un peu mieux que Ségolène Royal en 2007 (22%), dont Guillaume Garot avait été un ardent supporter. Le candidat socialiste est en tête à Laval et Mayenne, les deux villes gérées par des majorités socialistes et dans 35 communes. Il est important de constater que la différence entre les deux qualifiés pour le second tour diminue : il y avait 10% de différence il y a cinq ans en faveur de Nicolas Sarkozy, il n’y en a plus que 5% aujourd’hui. C’est là que se situent les principales raisons d’espérer pour la gauche en Mayenne. La gauche avoisine les 40 % des suffrages. Elle était à 32% il y a cinq ans. La Mayenne connaît donc une poussée à gauche qui, si elle se confirme dans deux semaines, pourrait contribuer à l’élection de François Hollande.

 

La principale victime de ce scrutin, c’est le centrisme. François Bayrou passe de 23,59 % à 13,78 % des voix (de 44 476 à 25.117 suffrages) et régresse de la deuxième à la quatrième place. Certes cela reste meilleur que le résultat national (8,8%) mais la Mayenne ne constitue plus une forteresse centriste. Pourtant la mobilisation des deux sénateurs, Jean Arthuis et François Zocchetto, était forte. Le candidat était venu en Mayenne, et à plusieurs reprises dans les métropoles voisines, cela n’a pas suffi. Les thèmes de campagne du centrisme (l’Europe, le refus du bipartisme) ont été absents de la campagne électorale. On peut se demander si cet échec du centrisme ne risque pas d’amoindrir les ambitions des candidats centristes pour tenter de conquérir le siège de député du Sud Mayenne en juin. Si les deux candidatures centristes annoncées se maintiennent (Elisabeth Doineau et Philippe Henry), le siège de Marc Bernier sera bien difficile à obtenir dans la foulée de la présidentielle.

 

A l’inverse, le Front national réalise une forte percée puisque Marine le Pen obtient près de 15% des suffrages (environ 27 000 voix). Elle est en tête dans quatre communes et en seconde position dans 77. Etonnant pour un mouvement qui a bien eu du mal à récolter le parrainage d’une seule voix de maire et qui n’a qu’une poignée de militants dans le département. C’est la seconde fois que le Front national occupe la troisième place sur l’échiquier politique mayennais ; sa progression en pourcentage est forte. Jean-Marie Le Pen n’avait obtenu que 7% des suffrages en 2007 et 11% en 2002.

 

Comment expliquer ce vote le Pen qui n’a jamais été aussi haut en Mayenne ? Ce n’est sûrement pas le thème de l’immigration qui a mobilisé les électeurs. Faut-il y voir un ras le bol du monde rural comme en 2002 ? Sans doute ; le  vote de Marine le Pen est plus important en campagne (cantons de Sainte Suzanne, Couptrain…) qu’en ville. Ses scores sont moindres à Laval, Mayenne et Château-Gontier. Mais il y a sans doute plus ; on assiste à une “banalisation“ du vote le Pen ; des électeurs qui étaient freinés par les positions trop abruptes et les excès verbaux de Jean-Marie Le Pen admettent désormais de voter pour sa fille qui paraît plus “conviviale“. Peut être aussi un certain nombre d’électeurs du centre sont-ils venus grossir les rangs de Marine le Pen. Les valeurs familiales (défense de la vie, soutien aux familles, liberté de l’école) que soutenait autrefois la Démocratie chrétienne ont été reprises par la candidate du Front national. Le Front national est peut-être en train de remplacer le centrisme dans le refus des deux grands partis… Comme la gauche longtemps honnie des Mayennais (on a connu bien des deuxièmes tours sans candidat de gauche) avait acquis une reconnaissance dans les années 1980, la droite populaire est peut être à son tour en train d’acquérir une reconnaissance officielle.

 

Il faudrait comparer ce premier tour non pas avec 2007 mais avec 2002. Le “quartet“ de tête dans l’ordre est identique : Sarkozy – Hollande - Le Pen - Bayrou cette fois-ci (Chirac – Jospin - Le Pen - Bayrou il y a dix ans).

 

Avec 8% des suffrages, Jean-Luc Mélenchon obtient moins que le score national (11,7%)  en dépit d’une réelle mobilisation de l’extrême gauche. Mais Marie-George Buffet n’avait obtenu que 1% des voix il y a cinq ans. La candidature écologiste reste très marginale (2%). Les électeurs de gauche, comme nous l’avions prévu, ont voté “utile“. Quant aux autres “petits“ candidats, leur score est aussi faible.

 

La campagne électorale ne fait que commencer… La droite a toujours devancé la gauche au second tour en Mayenne, même en 1988 lors de la réélection de François Mitterrand. On peut penser que le résultat du second tour dans le département ne devrait pas être très éloigné de celui de 2007 : 55% pour la droite, 45% pour la gauche. 

 

Rappel (résultats nationaux du 1er tour) :

Présidentielle 2012 : le 1er tour a rendu son verdict, favorable à Hollande - 22 avril 2012 

Présidentielle 2012 : l'électorat Le Pen très convoité en vue du 2ème tour - 23 avril 2012   

* Lors de ce 1er tour, la Mayenne ne se distingue pas de la majorité régionale- voir l'article de la revue Acteurs publics n° 466 Spécial présidentielles (23 avril 2012) Carte électorale : les 4 enseignements du premier tour 

 (…) Nicolas Sarkozy remporte d’une courte tête les Pays de la Loire, région pourtant dirigée par la gauche depuis 2004 (28,64 % contre 28,40 % pour François Hollande), se classant premier dans 3 des 5 départements, la Sarthe lui ayant préféré, contrairement à 2007, le champion du PS.

 

Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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Published by SORIN Michel - dans Présidentielle 2012
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