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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 23:09

Défis à relever : souveraineté, revenu, environnement

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TTerre-net Média organise un débat sur Internet le 10 avril (de 19h à 20h) avec François Hollande, candidat à l’élection présidentielle, et Germinal Peiro, secrétaire national PS chargé de l’agriculture et de la ruralité (voir Actualité agricole - Terre-net). Quel modèle agricole défend François Hollande ? Comment envisage-t-il de « redresser l’appareil productif » du secteur agricole ?

 

Auparavant, le 3 avril, était publiée l’Interview de François Hollande - Terre-net

 

Terre-net Média (TnM) : Quel serait votre diagnostic sur la situation de l’agriculture en France aujourd’hui ?

François Hollande : L’agriculture n’est pas un secteur comme les autres, et requiert de ce fait une attention toute particulière. L’agriculture produit nos aliments, façonne nos paysages et notre cadre de vie. A travers l’Histoire, l’agriculture et le monde rural ont toujours constitué un ancrage solide pour la France, une part essentielle de son identité et de son économie. Cette question intéresse donc non seulement les agriculteurs eux-mêmes, mais également l’ensemble des citoyens.
Ce secteur doit aujourd’hui relever un triple défi : un défi de souveraineté agricole et alimentaire, un défi économique et social pour garantir aux agriculteurs un juste revenu, et un défi environnemental pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, aux engrais et aux phytosanitaires.

Un changement pour redresser notre appareil productif, le valoriser et assurer sa pérennité

Avec 490.000 exploitations agricoles en métropole et 40.500 Outre Mer, occupant plus de la moitié du territoire national, et employant régulièrement 1 million de personnes, avec 10 000 entreprises agroalimentaires, à 90 % des Pme, fortes de 400.000 salariés, l’agriculture et l’agroalimentaire français possèdent de nombreux atouts pour relever ces défis.
La France est riche de ses terroirs, forte de la diversité de ses filières agricoles et alimentaires, comme du savoir-faire et de l’engagement de ses paysans. Mais notre position stratégique est affaiblie : la France est reléguée au 3ème rang d’exportateur européen, 10 % des agriculteurs ont dû recourir au Rsa en 2010, 47 exploitations disparaissent chaque jour depuis 10 ans.
Il existe de fortes différences de revenus entre les types de production. Par exemple, en 2011, le revenu moyen par actif était de 33.100 € pour les producteurs de grandes cultures contre 13.900 € pour les éleveurs de bovins viande, soit 2 fois et demi moins.
Il existe aussi certains écarts disproportionnés entre les prix à la production et les prix de vente par la grande distribution.
ll faut donc engager un changement pour redresser notre appareil productif, le valoriser et assurer sa pérennité.

TnM : Alors quel type d’agriculture faut-il selon vous privilégier pour assurer des revenus corrects pour les agriculteurs ?

François Hollande: Je crois qu’il n’y a pas un type d’agriculture à privilégier plus qu’un autre. Il ne faut pas opposer les pratiques ni les filières entre elles. Je veux au contraire proposer un projet d’avenir fondé sur la reconnaissance de la diversité de nos agricultures, qui toutes à leur manière, sont génératrices de valeur ajoutée et d’emplois pour nos territoires. C’est une vision qui s’inscrit au sein du pacte productif que je souhaite pour la France
Nos filières agroalimentaires doivent répondre à la fois aux marchés à l’export, en misant sur la qualité, la valeur ajoutée et la spécificité de nos produits, et aux marchés nationaux et régionaux, en réponse aux attentes de nos concitoyens qui sont de plus en plus demandeurs de produits locaux et de produits issus de l’agriculture biologique.
Les productions sous signe de qualité, comme les Aoc, les Igp et les Labels rouges, sont autant d’atouts à conforter dans la compétition mondiale.

Répartir de façon équitable la valeur ajoutée

Concernant la demande intérieure, je peux vous donner deux chiffres très parlants. Ils montrent que des marges de progression existent, que nous devons saisir. Un premier chiffre sur la restauration hors domicile : elle regroupe 20 % de la consommation de viande des Français, et même 30 % si l’on considère la seule viande de bœuf, mais une part importante de cette viande provient encore de l’étranger. Un deuxième chiffre sur l’agriculture biologique : plus du tiers des produits bio consommés en France sont importés depuis l'Union européenne ou les pays tiers.
Le projet que je veux proposer est donc fondé sur la production de valeur par des agricultures diversifiées, durables et performantes sur l’ensemble de nos territoires. Il doit permettre de la dégager des aléas des crises en l’ancrant de façon pérenne dans les territoires.
Afin que la valeur ajoutée générée par l’ensemble de la filière soit répartie de façon équitable entre producteurs, transformateurs et distributeurs, il faudra aussi modifier les rapports de négociation et améliorer les outils de contractualisation. Sur ce point, il est intéressant de noter que l’industrie absorbe 70 % de la production agricole (lait, viande, céréales) : ce doit être une cible importante de nos actions pour permettre de mieux rémunérer la production agricole. Il s’agit de renforcer le lien entre l’industrie agroalimentaire et les agriculteurs, en favorisant l’organisation collective des producteurs.

TnM : Quelles seraient vos propositions concernant la Pac ?

François Hollande: Réussir notre pacte productif, relever les défis environnementaux ne pourra se faire sans la politique agricole commune. La Pac est un levier incontournable. Alors bien sûr, je défendrai un budget européen ambitieux. Mais le budget n’est pas tout. La Pac offre un éventail d’outils que je veux mobiliser de façon cohérente pour assurer la mise en oeuvre du projet d’avenir que je propose pour nos filières agroalimentaires.
En premier lieu, elle doit être un moyen d’assurer la régulation des marchés, qui devra être renforcée. Le mouvement qui se profile en Europe en faveur de la réhabilitation des quotas laitiers et de la défense des droits de plantation pour la vigne est intéressant : il témoigne une prise de conscience quant à la nécessité d’accroître les régulations, plutôt que de les supprimer. Je me battrai au niveau européen pour que les instruments de régulation du marché, comme les droits de plantation viticoles, soient préservés.

Une mise en oeuvre pragmatique du verdissement

Je pense aussi que les mesures de la Pac permettant un soutien direct au revenu des producteurs doivent être pérennisées. Mais les aides doivent être réparties de façon plus équitable entre les types de production, notamment entre éleveurs et céréaliers. Pour cela, la convergence des aides doit être engagée. C’est un sujet dont je mesure la difficulté. Pour le résoudre, j’ouvrirai au niveau national une discussion franche, que je souhaite constructive, avec l’ensemble des partenaires.
La Pac doit également être un moyen pour encourager les productions génératrices d’emploi et l’installation de nouveaux agriculteurs. Je ferai en sorte que l'attribution des aides tienne aussi compte du facteur emploi.
S’agissant des critères de « verdissement », dont le principe est bon, je veillerai à ce qu’ils permettent une mise en œuvre pragmatique et efficace, adaptée notamment à l’élevage.
Je veillerai aussi à ce que les possibilités offerte par la Pac, notamment via son second pilier, pour aider les investissements ou les pratiques en faveur de l’environnement soient mobilisées de façon ambitieuse en France.
Enfin, pour assurer la mise en oeuvre de la Pac, je souhaite confier aux Régions la gestion des aides du 2ème pilier de la Pac, car tout ne peut pas être décidé depuis Paris si on veut tenir compte de la diversité de nos agricultures. Il sera par ailleurs indispensable de les associer au pilotage des orientations du 1er pilier, afin de garantir la cohérence et l’efficacité de la Pac dans notre pays.

Source : Terre-net Média

Auteur : Propos recueillis par Frédéric Hénin

 

Cet article est le 302ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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