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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 20:22

Fin de campagne de Sarkozy, triste et désespérée

 

Le président sortant ne sera probablement pas réélu, selon les indications des sondages, et il ne fait rien pour redorer son blason avant de finir son mandat.

Le 1er mai est la fête des travailleurs. Nicolas Sarkozy en a contesté, à tort, le sens historique (voir Wikipédia Fête du Travail), ce qui a conduit le journal l’Humanité, dans son édition du 25 avril 2012, à répliquer sèchement en comparant le sarkozysme au pétainisme (voir 1er Mai : le sarkozysme, un néopétainisme ?).

Le chef de l’Etat tente une OPA sur la fête des travailleurs pour draguer les voix du Front national. Un discours aux relents pétainistes, dénoncé par la gauche et les syndicats

Ce 28 avril dans le même journal qu’avait fondé Jean Jaurès, les propos de Jean-Luc Mélenchon ce matin étaient repris :

Jean-Luc Mélenchon a estimé ce vendredi matin sur France Inter que Nicolas Sarkozy était "un train d'extrême-droitiser la droite" et dénoncé un président candidat qui utilise des mots "directement tirés de la collaboration". Il a également apporté son soutien à l'Humanité, expliquant que la comparaison avec Pétain dans le cas précis du 1er mai était "parfaitement justifiée".

Voir Mélenchon: "Sarkozy reprend mot pour mot Pierre Laval, le collabo"

Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT, résistant, déporté, a écrit ce texte (l’Humanité, 25 avril) :

Nicolas Sarkozy devrait approfondir ses connaissances sur l’histoire du 1er Mai. En France, cette journée de lutte existe depuis qu’on a inauguré la tour Eiffel. Depuis que les ouvriers ont décidé de manifester chaque année à cette date, en dépit des interdictions et de la répression, le 1er Mai à l’échelle internationale est un symbole de l’unité de tous les travailleurs du monde pour le progrès social et la liberté.

Vouloir faire une cérémonie spéciale sur « le vrai travail », c’est une ignorance totale de l’histoire du 1er Mai. Les propos tenus par Henri Guaino sur France Inter, évoquant à propos du défilé populaire « un 1er Mai des permanents syndicaux », sont particulièrement choquants et n’ont rien à voir avec la réalité. Les permanents syndicaux sont évidemment dans les manifestations du 1er Mai, mais leur caractéristique, c’est la participation la plus massive possible des salariés et de leurs familles sur la base de la solidarité et de leurs revendications sociales. Henri Guaino, comme Nicolas Sarkozy, a tout à apprendre de l’histoire du mouvement ouvrier.

La prétention d’organiser un autre rassemblement, d’une autre nature, sur le thème du « vrai travail » me rappelle les périodes durant lesquelles les dictatures fascistes ont interdit les manifestations du 1er Mai correspondant à son histoire pour en faire des manifestations de collaboration de classes niant la défense des revendications et la solidarité.

Nous sommes dans une situation qui rappelle de tristes souvenirs. Sous l’occupation nazie, nous n’avions pas le droit de manifester et pourtant nous l’avons pris. Nous nous sommes heurtés à la répression de l’État français sous la direction de Pétain et de Laval. Jamais les travailleurs ne se sont résignés à accepter que l’on change la nature de classe du 1er Mai. Il y a dans cette décision de Nicolas Sarkozy quelque chose qui va dans le sens de ce qui a toujours été condamné par le monde du travail et par tous les démocrates. Je rappelle qu’à l’origine le 1er Mai a été organisé pour obtenir la journée de huit heures de travail. S’attaquer aux « corps intermédiaires », donc aux syndicats, qu’on oppose aux « vrais travailleurs » rappelle l’époque pétainiste, où l’on vantait le corporatisme et la collaboration de classe. Cela nous rattache aux vieilles traditions de l’extrême droite. Pour m’opposer à ces conceptions réactionnaires en France et dans d’autres pays d’Europe, j’ai écrit un livre sur le centenaire du 1er Mai qui explique la signification de cette journée, qui demeure un moment important de la solidarité internationale des travailleurs et de leur volonté de progrès sociaux.

 Voir Georges Séguy : "Une situation qui rappelle de tristes souvenirs"

 

 

Cet article est le 46ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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Published by SORIN Michel - dans Présidentielle 2012
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