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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 23:52

Le rassemblement de la gauche n’est pas impossible

 

Certains militants, républicains de gauche, ne comprennent pas ce qui sépare Jean-Pierre Chevènement de Jean-Luc Mélenchon. Ils souhaiteraient les voir s’associer dans la perspective de refonder la gauche.

Cette phrase, extraite de mon article daté du 22 avril 2010, ne concerne pas tous les soutiens du Front de Gauche, certains préférant la division, mais elle m’est revenue à l’esprit en lisant ce titre du Journal du Dimanche daté du 7 novembre "Chevènement et Mélenchon ont le même électorat potentiel".

 

Mélenchon et Chevènement sont deux fortes personnalités politiques de gauche. Ils sont actuellement tous les deux candidats à l’élection présidentielle 2012 et pourraient faire partie de la nouvelle majorité de la gauche dans six mois, si celle-ci l’emportait le 6 mai prochain.

 

A la demande de Christine Tasin, pour Riposte Laïque, j’avais essayé de montrer, avec ma subjectivité, mais le plus honnêtement possible, ce qu’ont été les parcours des deux anciens ministres. Voici ce texte, daté du 12 mars 2010.

 

Chevènement et Mélenchon : deux républicains, vus par Michel Sorin - 22 avril 2010 

 

L’évolution de Jean-Luc Mélenchon ne me surprend pas. Il ne faut, ni la diaboliser, ni l’occulter. Je le connais depuis les années 1980, au PS. C’était un brillant orateur et un bon organisateur de courant interne. Il venait du syndicalisme étudiant et du trotskisme lambertiste (Organisation communiste internationaliste) et se tenait au sein du mitterrandisme, mais en périphérie de celui-ci. Il est resté proche de Jospin et de Fabius.

 

Pour ma part, j’étais engagé depuis 1973 avec Chevènement au CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste), qui s’est transformé en « Socialisme et République » au moment où Mélenchon et Dray ont créé le courant « La Gauche socialiste ».

Il n’y avait pas d’atomes crochus entre les deux courants de gauche du PS, tous les deux opposés à la « 2ème gauche rocardienne », réticente vis-à-vis de l’Etat (tendance libérale).

 

La « Gauche socialiste » de Mélenchon était un courant de gauche classique, poussant les feux sur le plan social, sur le mode contestataire, dans un parti de type social-démocrate.

Autour de Chevènement, la préoccupation était plus liée au pouvoir d’Etat et à la transformation de la société par la loi et la gestion publique. Chevènement est un homme d’Etat recherchant l’efficacité et la cohérence dans l’exercice des responsabilités publiques (maire, parlementaire, ministre).

Mélenchon est d’abord un tribun cherchant à mobiliser les masses pour faire progresser la gauche. C’est pourquoi il est si proche de Chavez, président du Venezuela, et si éloigné des références gaulliennes, mendésistes et républicaines de Chevènement.

 

C’est sur l’Europe que les positions divergent le plus.

Le NON de Mélenchon, le 29 mai 2005, à la ratification du Traité constitutionnel européen, était d’abord antilibéral et en faveur d’un processus constituant européen, faisant de l’Union européenne une entité politique se substituant aux nations.

Le NON de Chevènement était d’abord républicain, se référant à la souveraineté populaire, avec en point de mire la réorientation de la construction européenne, fondée sur la coopération entre les nations.

 

A partir du référendum européen, leurs stratégies divergent nettement.

- Mélenchon veut rassembler la gauche de la gauche, afin de créer un rapport de forces électoral vis-à-vis du PS se traduisant, dès que possible, par une prise de contrôle (stratégie de Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD).

- Chevènement veut amener le PS à une refondation de l’ensemble de la gauche de gouvernement sur des bases républicaines, en influant sur le projet politique à présenter en 2012 (stratégie de type congrès d’Epinay du PS en 1971).                                                    1/2

 

La stratégie de rassemblement de la gauche de la gauche correspond bien à la personnalité et aux objectifs, notamment européens, de Mélenchon. Cela le conduit à s’éloigner de la République et à se rapprocher de l’écologie, afin de convaincre les militants du NPA et des Verts de s’entendre pour devenir plus forts ensemble que le PS. Les dérapages sur la question de l’islamisme et de la laïcité s’expliquent par la nécessité de coller à l’électorat d’extrême gauche, plutôt communautariste.

 

La stratégie de refondation républicaine de la gauche conduit Chevènement à se rapprocher du PS pour amener sa direction sur les orientations européennes du MRC (remise en cause des institutions de Bruxelles et de la politique de concurrence, gouvernement économique de la zone euro, Europe à géométrie variable pour des politiques de coopération renforcée, politique commerciale protégeant notre modèle social).

 

Si je dois résumer ce qui peut expliquer l’incapacité de ces deux hommes à s’accorder (on a pu le constater en 2009 lors de la recherche d’un accord entre le Front de gauche et le MRC pour les élections européennes – le président du Parti de Gauche n’acceptait que le SMS comme moyen de liaison avec le président du MRC), c’est la conception du rôle de la Nation républicaine, clé de voûte de la démocratie aux yeux de Chevènement, y compris dans la politique européenne, pour laquelle des compromis d’organisation sont possibles, à condition de respecter la volonté des peuples (le Parlement européen ne peut jouer qu’un rôle mineur et il est largement sous l’influence des forces libérales).

 

Pour Mélenchon, le prolétariat ne peut se libérer au niveau national. Sa vue des rapports sociaux est mondialiste, les nations européennes ayant des Etats qui favorisent les tendances politiques conservatrices, de son point de vue. L’Europe est considérée comme le bon niveau pour renverser le rapport des forces en faveur du travail, par la conquête de la majorité du Parlement européen.

 

Les deux cherchent à promouvoir une République laïque et sociale mais, derrière les mots, il y a deux personnalités politiques que tout sépare.

 

Témoignage.

- J’ai le souvenir, après l’élection présidentielle de 2002, sur les ondes de France Inter, de déclarations fort maladroites de Mélenchon, appelant au dépassement de la conception républicaine de Chevènement, et ne craignant pas d’affirmer que celui-ci avait fait son temps.

- Quand je l’ai rencontré, il y a deux ans à Laval, où il était venu soutenir le porteur de la pancarte « casse-toi, pôvre con », poursuivi en justice pour offense au chef de l’Etat, ses premiers mots étaient pour souligner son désaccord avec Chevènement.

 

Il ne peut donc y avoir le moindre espoir de voir ces deux personnalités consentir à rapprocher leur point de vue. Du moins, en temps de paix…

 Cet article est le 130ème paru sur ce blog dans la catégorie  Gauche France  

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Published by SORIN Michel - dans Gauche France
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commentaires

Fabrice 18/11/2011 13:22


Vous le répondez pas. Lâche.

Fabrice 11/11/2011 14:20



L'unanimité, c'est quoi ? Le PG est pour la sortie du nucléaire. Gauche unitaire aussi. La FASE aussi. Convergences et alternative aussi. Seuls les cocos s'y opposent.


Je ne connais pas la position de "République et Socialisme", par contre. Je vais aller voir.


En tout cas le mot unanimité me fait rigoler. Vous êtes un comique.



Fabrice 11/11/2011 14:17



Mon commentaire ne porte pas (ou marginalement) sur l'article que j'ai publié ? Parce que ce n'est pas une question cruciale, le nucléaire ? Il n'est pas question du destin de l'humanité ? De
l'être même de l'homme ?


Le ralliement de Mélenchon aux thèses anti-nucléaires est très tactique ?


Mais pas du tout. Il a expliqué avoir changé d'avis quand il était ministre et il a compris les dangers et l'inhumanité d'une telle technique. Certains changent, vous non, vous êtes bloqués dans
le "pas-d'alternative". Vous n'écoutez aucun argument. Vous avez un rapport au nucléaire et à la technique en général, qui est religieux. Vous fermez les yeux sur l'horreur, mais quand
ça pètera près de chez vous vous viendrez pleurer. Par contre les Japonais on s'en fout ils sont loin...


Sinon, en effet, comme vous le dites, l'avis de Mélenchon ne fait pas l'unanimité au Front de gauche : seuls les communistes restent dans ce rapport anti-républicain et religieux du nucléaire.
Peu leur importe les dégâts causés au Niger pour extraire l'uranium. Peu leur importe Tchernobyl et Fukushima. L'intérêt général, ils s'en foutent. Et ils se disent "communistes".


Vous êtes pour, Monsieur ?


Vous ne voulez pas d'un débat suivi d'un référendum ? Très bien, à la prochaine catastrophe, vous vous inscrivez pour aller nettoyer.


Et si vous rechignez je vais vous y envoyer à coups de pied au cul.



Michel Sorin 11/11/2011 12:09



Ce qui est déplacé, c'est votre commentaire, qui ne porte pas (ou marginalement) sur l'article que j'ai publié. Le ralliement de Mélenchon aux thèses anti-nucléaires est très tactique. Je ne suis
pas sûr qu'il soit partagé par le Front de gauche dans son ensemble. C'est une position qu'il est plus facile de prendre dans l'opposition que dans un gouvernement.



Fabrice 11/11/2011 11:46



Alors ? Qu'est-ce qui est déplacé ?