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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 22:51

 

Une démarche économique citoyenne et responsable

 

Lors d’un voyage d’études au Canada (Ontario et Québec), du 20 au 27 juin 2000, avec un groupe d’adhérents de la Coopérative des Agriculteurs de la Mayenne, nous avions recueilli des informations sur le système agricole canadien. Le 26 juin, pendant trois heures, Jacques Parent avait présenté l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec, son histoire depuis sa création en 1972 (auparavant, depuis 1924, c’était l’Union catholique des cultivateurs).

 

Suite à l’article Pour le droit à l'alimentation (ONU) et le pouvoir de se nourrir (Québec) - 27 avril 2010 - j’ai consulté mes documents concernant ce voyage, qui était guidé par Jeannette Larocque. Le dépliant de l’UPA est fort intéressant. Mais, par l'Internet, nous pouvons voir Christian Lacasse, président de l'UPA, qui parle de la vision de l'UPA.

 

Quelques pages d'histoire de l'Union des producteurs agricoles (UPA)  

 

Signe des temps, l'UCC perd son caractère confessionnel en 1972, au sortir de la Révolution tranquille. Mais il y a bien davantage que ce changement d'appellation. L'organisation connaît une mutation profonde de ses structures internes, mais surtout, gain historique et capital pour le syndicalisme agricole, elle acquiert enfin la représentativité exclusive dans la profession par une loi de reconnaissance syndicale : la Loi sur les producteurs agricoles, adoptée en 1972.

 

Avec l'avènement de cette loi, la définition de la profession et la représentativité de l'UPA à l'intérieur de celle-ci se trouvent désormais reconnues. La loi définit le statut de producteur, elle reconnaît une seule association accréditée pour représenter les producteurs agricoles du Québec et elle lui confère, suivant le respect de certaines exigences, le droit de percevoir des cotisations et des contributions obligatoires. Un droit que l'UPA obtient de ses membres au lendemain d'un référendum largement favorable.

 

L'année 1972 marque également le début de changements majeurs sur le plan de l'organisation interne. Le concept de syndicat local est repensé pour faire place à celui du syndicat de base, plus étendu, qui regroupe trois à six syndicats locaux ou paroissiaux d'origine; le nombre total d'unités passe progressivement de 828 à 178 en 1975. Ces regroupements vont de pair avec un dynamisme renouvelé de l'organisation, qui va se révéler essentiel dans le contexte fébrile de l’époque.

L'UPA des années 70 et 80 sera de tous les combats : zonage agricole et système de taxation, développement régional, consolidation des plans conjoints, rémunération en fonction des coûts réels de production, assurance-stabilisation des revenus, reconnaissance du rôle de la femme en agriculture, négociation de la zone de libre-échange canado-américaine, etc.

 

Le congrès de l’UPA de 1979 est l’occasion de réaffirmer avec force la conviction des producteurs dans la formule des plans conjoints. On souligne l’importance de contrôler intégralement la mise en marché des produits, de la ferme à l’usine. Le rôle complémentaire des coopératives est également rappelé. L’UPA stimule et soutient la mise en place d’outils collectifs. Douze nouveaux plans conjoints provinciaux voient le jour entre 1978 et 1991.

 

Dans les années 80, l’organisation de la mise en marché par les syndicats agricoles prend d’autres formes et connaît de nombreux succès. Des systèmes de contingentement réglementent trois productions, soit le lait, la volaille et les œufs. Plusieurs groupes concluent des conventions avec les acheteurs dans le cadre de leurs plans conjoints. La Fédération des producteurs de porcs met en place l’encan électronique pour la vente des porcs à l’engrais. Les cinq catégories de producteurs de bovins se donnent des outils répondant à leurs besoins spécifiques. On met en place des agences de vente, une enchère électronique. On organise les encans spécialisés et on négocie des garanties de paiement.

 

Au cours de la décennie 90, les fédérations et syndicats spécialisés augmentent considérablement leurs investissements dans les domaines de la recherche et de la promotion. Ils actionnent ainsi un levier important puisque à ces sommes s’ajoutent les contributions de nombreux partenaires. Parallèlement à cela, de nouveaux secteurs de production s’organisent sur une base collective et rejoignent les rangs de l’UPA (lapins, chèvres, bisons, aquaculteurs, agriculture biologique).

 

Au début des années 2000, au-delà de 85 % des produits agricoles québécois sont mis en marché collectivement par les groupes spécialisés.

Les années 90 voient naître à sa pleine mesure la mondialisation de l'économie : l'après-GATT, la nouvelle Union européenne, la ZLEA, etc. L'agriculture québécoise n'a plus de frontières : elle doit se mettre au diapason du commerce international et battre au rythme de la planète.

 

Les années 1990 et 2000 sont également celles de l'environnement. Les agriculteurs et les agricultrices se prononcent en faveur d'une agriculture durable, capable de concilier la rentabilité à court terme, le maintien de la productivité à long terme, les exigences des consommateurs et de la société en général ainsi que la protection de l'environnement. En 1994, l'UPA se donne une véritable stratégie agroenvironnementale qui consiste non seulement à protéger les ressources, mais aussi à assurer le développement durable des activités agricoles.

 

À l’aube du 21e siècle, de nouveaux enjeux se dessinent pour le secteur agricole. Qu’on pense à l’ouverture des marchés, à la concentration dans le secteur de la transformation et de la distribution ainsi qu'aux nouvelles attentes des consommateurs, autant d’enjeux qui commandent des façons de faire novatrices et qui puiseront leur force dans ces quelque 100 ans d’action collective.

 

L'UPA est plus que jamais devenue un rouage fondamental dans l’organisation, non seulement de la profession, mais de tout un secteur de l'économie. Elle fait désormais figure de leader du monde agroalimentaire au Québec. Le défi qui s'offre à elle n'est pas tant de s'adapter aux conditions sans cesse changeantes, véritable tour de force en soi, mais de continuer à ressembler à ceux et à celles qu'elle représente.

 

La gestion de l’offre, un modèle équitable pour tous - UPA, sur Facebook

 

La gestion de l’offre est un mécanisme par lequel les producteurs de lait, de volailles et d’œufs du Québec et du Canada ajustent leur production pour répondre aux besoins réels des gens d’ici. Cette formule comporte des avantages importants pour tous les maillons de la chaîne :

·                                 pour les consommateurs, qui ont accès à des produits d’ici, de qualité et à prix abordables;

·                                 pour les gouvernements, qui ne versent pas de subventions pour soutenir le revenu des producteurs;

·                                 pour l’industrie agroalimentaire, qui est assurée d’approvisionnements stables et prévisibles;

·                                 pour les producteurs, qui obtiennent une meilleure part du prix payé par les consommateurs;

·                                 pour l’ensemble de la société, qui profite des milliers d’emplois créés chez nous par une agriculture familiale, locale et respectueuse de l’environnement.

 

Plusieurs pays en voie de développement s’inspirent de ce modèle agricole car il permet une protection contre le dumping de surplus et favorise le développement d’une agriculture durable et dynamique. C’est en ce sens que des associations agricoles et des organisations de la société civile du Canada, de l’Inde, du Brésil et de nombreux pays d’Afrique ont déclaré, à Ottawa le 16 mai 2005, qu’ils voulaient «préserver et promouvoir les mécanismes d’organisation de l’offre gérés par les producteurs tels que la gestion de l’offre, la commercialisation collective, les coopératives agricoles et les guichets uniques de ventes qui sont actuellement menacés par les négociations de l’OMC».

 

L’establishment économique dénonce fréquemment ce modèle commercial, faisant valoir que les consommateurs québécois et canadiens paient trop chers ces produits si on les compare, par exemple, aux consommateurs américains. Or, rien n’est plus faux. Selon une enquête des Producteurs laitiers du Canada effectuée à 19 reprises entre mai 1997 et mai 2006 à Longueuil, au Québec, et à Burlington, dans le Vermont, le panier de produits laitiers est de 14,4 % moins cher au Québec qu’aux États-Unis.

 

Cet article est le 181ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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