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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 22:56

L’abstention, expression d’un malaise populaire

 

Dimanche, on s’attend à ce que la tendance du premier tour soit confirmée dans les urnes. Le taux d’abstention dépassera les 50%, jusqu’à s’approcher des 55%. Et les listes labellisées du parti du président de la République et du Premier ministre seront soumises à rude épreuve, si l’on en croit les enquêtes d’opinion effectuées cette semaine.

Voir ces articles parus sur le site des quotidiens Le Monde ce 19 mars (Quelles chances reste-t-il à l'UMP pour le deuxième tour ?) et Ouest-France (Régionales : les enjeux du second tour).

 

La gauche va triompher. En 2004 aussi elle triomphait… mais elle se déchirait l’année suivante sur la question européenne, puis perdait l’élection présidentielle en 2007. Cette fois-ci, pourtant, il y a des indices d’un changement (voir cet article du Monde le 17 mars Régionales : la gauche installe une nouvelle alliance).


Mais il ne faut pas s’y tromper :
le peuple n’est pas au rendez-vous de ces élections régionales. Il est, en grande partie, absent, observant l’échec du parti au pouvoir, mais sans croire à la capacité des partis d’opposition de faire mieux s’ils étaient à sa place. D’ici 2012, ce scepticisme peut évoluer et … se transformer en adhésion, à certaines conditions.

 

Cette question est traitée dans les articles publiés sur Marianne2 (17, 18 et 19 mars). Voici le second (18 mars), dans lequel Régis Soubrouillard interroge Gaël Brustier* sur l’état de la gauche.

 

Brustier (2): Europe écologie ne veut pas désespérer Montorgueil

 

* Docteur en sciences politiques, Gaël Brustier est l'auteur avec Jean-Philippe Huelin du livre Recherche le peuple désespérément chez Bourin éditeur. Il analyse les ruptures apparues entre les élites et le peuple depuis une trentaine d'années. Il relativise le succès de la gauche et l'installation d'Europe écologie comme troisième force politique du pays, interroge l'état de la gauche de gauche. Prudent sur la fin du mirage sarkozyste, il envisage tout de même la possibilité d'une alternance de gauche à Sarkozy, sans véritable alternative politique...

- Dans le détail, dans quel état est la gauche ?


Gaël Brustier : Le PS n
'a pas gagné cette élection. Il ne parvient pas à reconquérir l'électorat populaire. Quand on regarde les taux de participation aux marges de Paris, c'est très faible. Ségolène Royal y est un peu parvenue dans sa région. C'est pourtant cette catégorie de population qui fera la décision en 2012.
Le NPA a chuté sur l’histoire du voile. Il y a eu une démobilisation massive. Le Front de gauche fait un bon score nationalement, mais les espaces périurbains n’adhèrent pas à ce discours de la gauche de gauche. Ils font 6,4% dans le 3è arrondissement et 5,7% dans le Val d’Oise…
On parle beaucoup du score d’Europe écologie, intronisé troisième force politique du pays. Il ne représente que 6% des électeurs. C’est un électorat très friable et très « ville-centre ».
Il y a toute une France que les intellectuels de système ne veulent pas voir. La gauche ne parvient pas à leur parler. Du côté du PS, Ségolène Royal y est un peu parvenu.

- Vous soulignez la déconnexion de la gauche et du peuple. Y-a-t-il une prise de conscience à gauche de cette déconnexion ?

Il y a un début de prise conscience transversale. Chez les proches de Royal et d’Aubry, au PC, même chez Europe Ecologie avec quelqu’un comme Stéphane Gatignon. Mais, ils n’ont pas réussi à faire faire à Duflot la campagne qu’elle aurait dû faire pour gagner. L’idée d’un tarif unique du pass Navigo était excellente. Mais très vite, ils retombent dans leurs travers bobos-urbains sur le thème : « il faut pas désespérer Montorgueuil ».
Pour revenir au PS, c’est un parti qui est encore beaucoup trop connecté à la sociologie de la nouvelle synthèse socialiste. Ceux qui résistent sont ceux qui « pensent savoir ». Par exemple Delanoë a une vraie difficulté à appréhender la France périphérique.
La seule question que doit se poser ce parti, c’est celle de l’égalité, c’est la seule thématique qui pourra rassembler à gauche 30 à 35% des inscrits. Tant que les partis de gouvernement s’appuieront sur des bases électorales de 10 à 15% des inscrits, ce pays sera ingouvernable.

La suite (3ème article, 19 mars) : Brustier (3) : en 2012, nous risquons une issue à la Prodi

Voir aussi l’intervention de l’auteur (Le peuple : mutations politiques, histoire électorale, représentations idéologiques) lors du séminaire du 30 novembre 2009 de la Fondation Res Publica, sur le thème Que sont devenues les couches populaires ?

 

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie Régionales 2010.

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commentaires

B

L'article démontre bien pourquoi il y a autant d'abstentions. Maintenant aux partis politiques et notamment le PS première force de gauche à s'interroger réellement sur la question.
Auront ils cette volonté idéologiquement de le faire ?


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