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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 22:12

La gauche, majoritaire en Mayenne, pour la 1ère fois

 

Jean-Yves Delort, ancien rédacteur en chef du Courrier de la Mayenne - hebdomadaire d’informations qui couvre les arrondissements de Laval et de Mayenne - reste, en tant que citoyen, un observateur attentif des élections en Mayenne. Les lecteurs de ce blog ont eu connaissance de ses analyses des listes en présence lors des élections régionales du 14 mars (1er tour) - voir Régionales en Mayenne : les listes 2010 comparées à 2004 (JY Delort), 12 mars 2010 - et des résultats du 1er tour - voir Régionales 1er tour en Mayenne : la gauche est majoritaire (JY Delort), 16 mars 2010.

Voici son analyse des résultats du second tour en Mayenne, en 9 points (pour les résultats, voir Régionales 2010 : le peuple dit non à Sarkozy et fait gagner la gauche - 22 mars 2010).

-          Le second tour de l’élection régionale marque une date importante dans la vie politique mayennaise. Pour la première fois de son histoire, la gauche (liste Jean-Pierre Le Scornet) est majoritaire à un scrutin national en Mayenne. Avec 52% des voix, Jacques Auxiette l’emporte en Mayenne comme dans les quatre autres départements des Pays de la Loire. Il n’y a à ce niveau là aucune spécificité mayennaise mais on est loin des scores de la Loire-Atlantique. (61%) ou de la Sarthe.  Dans le passé, le rapport droite-gauche en Mayenne tournait souvent autour de 2/3-1/3 (deux tiers pour la droite, un tiers pour la gauche).

-          La victoire historique de la gauche en Mayenne se manifeste dans la majorité des villes importantes : Laval, Mayenne, Evron, St-Berthevin… A Laval, ville où la droite et la gauche font souvent jeu égal, la gauche a pris nettement l’avantage avec près de 60% des voix.

-          Les reports de voix d’un tour à l’autre se sont bien déroulés à gauche puisque la liste de Jean-Pierre Le Scornet gagne 20 points, ce qui correspond à un report des voix des trois autres listes (Lutte Ouvrière + Front de gauche + Ecologie = 18,55%) et à une partie de l’électorat du Modem. La logique est respectée.

-          La droite elle aussi a progressé alors qu’on disait qu’elle n’avait aucune réserve de voix après le premier tour. Elle gagne plus de 11%, ce qui correspond à la quasi totalité des voix des listes Modem et Front national du premier tour.

-          Cette victoire historique confirme la « surprise » de 2004 qui n’en était finalement pas vraiment une.  Il y a fort à parier qu’à l’avenir, de telles élections intermédiaires marqueront toujours une étape difficile pour le gouvernement en place dans la mesure où les élections législatives, calées avec les présidentielles ne permettent plus d’exprimer un vote d’opposition.

-          Quelle stratégie les partis politiques ont-ils intérêt à adopter pour ces élections régionales ? Manifestement c’est la gauche qui s’est montrée la plus habile : diversité au premier tour (PS, Ecologistes, Front de gauche), unité sans faille au second tour. En 2004, le centre et la droite s’étaient présentés séparément au premier tour mais c’est au second tour que l’alliance s’était mal faite entre les partisans de Jean Arthuis et ceux de François Fillon ; cette fois-ci, l’unité était totale dès le premier tour derrière Christophe Béchu : mais cette unité apparente n’a pas convenu aux électeurs qui au premier tour préfèrent la diversité ; dans la majorité, on n’a jamais réussi à se distinguer au premier tour sans s’affronter au second.

-          La Mayenne ne pèse pas bien lourd à Nantes. Une participation électorale en légère hausse (un électeur sur deux a voté), une conformité avec les résultats régionaux permettent au département de conserver son nombre d’élus. Loic Bedouet (PS) et Yannick Favennec qui auraient pu ne pas être élus continueront donc à siéger à Nantes. On avait beaucoup redouté avant le scrutin (et même dimanche soir) que la représentation de la Mayenne passe de 7 à 6 élus (sur 93). Il n’en est rien. Le département a compté autrefois 10 puis 9 élus à la Région.

- La désaffection civique qui a fortement marqué ces élections est peut-être un phénomène de fond. Les partis et les hommes politiques pourraient s’interroger. Comment expliquer cette si forte abstention alors que des budget très importants ont été consacrés par le Conseil régional à la promotion et à la communication : nouveau logo, espace régional à Laval ?

- Cette élection peut donner des espérances légitimes à la gauche mayennaise mais elle n’assurera aucun succès automatique pour les prochains scrutins : une élection à la proportionnelle telle que les régionales se joue sur des idées politiques ; une élection au scrutin majoritaire comme les législatives ou les présidentielles se joue surtout sur les programmes et sur les candidats.

 

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie Régionales 2010.

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